De Milton-Parc à Rivière-des-Prairies: une nouvelle ressource en itinérance

Une nouvelle halte-chaleur située dans l’est de la ville offre une ressource additionnelle pour les Autochtones en situation d'itinérance qui fréquentent le quartier Milton-Parc.

M. Pelletier semble rire, seul, entouré de neige, devant la porte d'entrée de l'édifice.
Le maire de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles, Denis Pelletier, devant l'ancien couvent des Sœurs Récluses Missionnaires.
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Une halte-chaleur de 40 lits, destinée aux Autochtones en situation d'itinérance, a ouvert ses portes la semaine dernière à Rivière-des-Prairies. 

Pour faciliter le transport du centre-ville vers la nouvelle ressource, l'organisme Projets autochtones du Québec (PAQ) offre un service de navette qui s'arrête dans Milton-Parc, où se concentre une partie importante de cette population.

Un manque de ressources pour les personnes issues de communautés autochtones

Les personnes issues de communautés autochtones sont surreprésentées parmi la population itinérante de Montréal, souligne Désirée Duchesne, gestionnaire du développement philanthropique et des subventions gouvernementales de PAQ.

Alors que leur poids démographique est équivalent à 0,85% de la population totale de la Ville, cette proportion bondissait jusqu’à 13% dans le Dénombrement des personnes en situation d’itinérance de 2022

«On n'a pas les ressources qui sont adaptées nécessairement pour elles et eux, puis, en plus, on n'en a pas assez», ajoute Mme Duchesne. 

Le commissariat aux relations autochtones de la Ville de Montréal a donc approché PAQ pour gérer la nouvelle ressource. Cette dernière se trouve dans un ancien couvent des Sœurs Récluses Missionnaires, qui a été racheté par la municipalité.

«Je ne pense pas qu’on aurait pu faire ça sans l’aide de l’équipe des commissaires de la Ville de Montréal», souligne Désirée Duchesne.

Les opérations de la halte-chaleur de Rivière-des-Prairies sont soutenues par les centres intégrés universitaires de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal ainsi que de l'Est-de-l'Île-de-Montréal. Les frais liés au bâtiment, eux, sont couverts par la Ville de Montréal.

Quarante lits dans un grand espace

«C’est un beau projet qu’on a réussi à mettre en place assez rapidement», se réjouit Désirée Duchesne. «Ça a été planifié pendant le temps des Fêtes. On a vraiment tourné sur un coin rond.»

Cette nouvelle ressource temporaire vient donc atténuer la pression sur celles déjà en place, en permettant de répondre à la demande excédentaire. 

Quarante personnes à la fois pourront y trouver un lit, ce qui n’est pas le cas de plusieurs autres haltes-chaleur de la Ville. 

«Les gens ne seront pas coincés sur des petites chaises pendant l’hiver», illustre Mme Duchesne, notant l’espace «vraiment très grand» à la disposition des usagers.

Les personnes qui s’y rendent peuvent aussi profiter de la nourriture qui sera servie sur les lieux, des douches, de l’accès à internet, de jeux ainsi que des services des intervenants sur place.

«C’est sûr que, pour eux, ça veut dire des déplacements, reconnaît la gestionnaire de PAQ. On offre quand même le transport deux fois par jour, dans les deux directions.»

Chaque jour depuis l’ouverture du service, des navettes partent du refuge PAQ1, situé dans le Quartier chinois. 

Leur itinéraire les mène à faire des arrêts dans d’autres centres desservant des populations autochtones, dont La porte ouverte (Open Door), dans Milton-Parc, avant de se rendre jusqu’au 12 050, boulevard Gouin E.

Une vingtaine de personnes s’y était rendue lors de la première journée de service.

Une femme referme la porte glissière de la fourgonnette bleue sur lequel ont peut voir le logo de PAQ.
La navette de Projets autochtones du Québec fait un arrêt sur l'avenue du Parc, devant l'entrée de La porte ouverte Montréal. – photo: Devin Ashton-Beaucage

De nouvelles ressources pour répondre à la demande

«On a embauché une trentaine de personnes juste pour ouvrir cet hiver», indique Désirée Duchesne au sujet de la halte-chaleur.

Projets autochtones du Québec a également ajouté 22 autres lits à ses refuges, PAQ1 et PAQ2, récemment, avec l’aide du CIUSSS. Ses services en arrivaient au point de saturation, affirme Mme Duchesne.

«Il y a eu beaucoup de morts dans les dernières années au sein des populations autochtones dans la rue, durant l’hiver», souligne-t-elle. Elle note qu’il est encore tôt pour évaluer le succès de la nouvelle halte-chaleur du boulevard Gouin E.

PAQ souhaite demeurer au couvent

La présence de Projets autochtones du Québec à l’ancien couvent des Sœurs Récluses Missionnaires est liée à un bail de quatre mois. L’organisme désire toutefois conserver l’immeuble pour de futurs projets. 

Mme Duchesne évoque l’idée de logements transitoires, soit des unités résidentielles occupées à plus long terme qu’un refuge, mais qui sont censées mener à une situation d’habitation plus stable ailleurs. 

Des conversations ont été entamées avec la Ville pour le renouvellement du bail, indique-t-elle. 

«C'était vraiment des conversations de premier abord. On n'a pas la main mise sur le bâtiment en tant que tel. On ne l'a pas acheté. On est locataire pour une période déterminée.»

«Si on est capable de planifier ça en amont dans les prochaines années, avec des partenaires qui offrent un soutien financier, on ne va probablement pas dire non», renchérit-elle, parant d’une «expérience formatrice» pour l’équipe de son organisme, qui gère déjà deux autres refuges ainsi que quatre ressources pouvant loger plus de 50 personnes au total.

«Ça a été toute une aventure, ouvrir cette halte-chaleur-là», résume la gestionnaire du développement philanthropique et des subventions gouvernementales, saluant les efforts de lutte contre la crise de l’itinérance de la Ville. «On espère que ça va aller dans cette direction pour les prochaines étapes et qu'on puisse avoir du financement récurrent.»

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