Deux résidents du Plateau rejoignent le Conseil jeunesse de Montréal
Kenzo Bégin-Paul et Laurence Pépin siègent dorénavant au Conseil jeunesse de Montréal qui a pour mandat de porter les préoccupations des jeunes au conseil de la ville.
Le Plateau-Mont-Royal peut compter sur deux nouveaux membres pour représenter l’arrondissement au Conseil jeunesse de Montréal (CjM): Kenzo Bégin-Paul et Laurence Pépin.
Les deux représentants apporteront leurs perspectives et expériences liées aux populations autochtones et à l’insécurité alimentaire.
Ils siègeront parmi quinze membres âgés de 16 à 30 ans et issus de différents arrondissements.
Transmettre les perspectives autochtones
«J’ai toujours grandi avec l’envie de faire bouger les choses et de me faire entendre», explique Kenzo Bégin-Paul qui a été nommé au CjM en septembre dernier.
Il venait alors remplacer Franck-Armel Rwamo, de l’arrondissement Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, qui avait quitté en juin.
Hormis ses fonctions au CjM, il travaille en tant que chargé de projet au sein de Tshuapamitin, un organisme qui offre du soutien à la jeunesse autochtone, notamment à travers la culture.
«J’ai toujours aimé trouver des solutions», dit celui qui envisage une carrière de médecin légiste. «Mais je pense que je vais toujours rester dans le milieu communautaire. C’est vraiment un endroit qui me plaît.»
Le conseiller de 18 ans dit s’être joint au Conseil jeunesse de Montréal pour devenir «le messager» des populations autochtones qui habitent Montréal et cherchera à transmettre leurs différentes perspectives de manière «holistique».
«J'ai toujours vu, étant tout de même jeune, que les Autochtones n'étaient pas nécessairement assez consultés dans les décisions ou les avis. On n’utilisait pas souvent notre perspective, sachant qu'elle était importante aussi, étant donné qu'on est quand même les premiers peuples», souligne-t-il.
Pendant son mandat, il souhaite pouvoir se pencher sur les enjeux qui affectent la jeunesse autochtone montréalaise en particulier.
«En travaillant dans le communautaire, j’ai pu voir qu’il y avait beaucoup d’itinérance, malheureusement», note-t-il.
Il nomme également les gangs de rue qui ciblent cette population dans ses efforts de recrutement et certains agents de police qui peuvent mener la vie dure aux personnes racisées, dont celles issues de communautés autochtones.
«Une grosse ville comme ça, ça peut parfois être intimidant», souligne-t-il au sujet de jeunes Autochtones qui quittent une réserve pour s’installer à Montréal.
Laurence Pépin se lance avec «beaucoup d’espoir»
Le nom de Laurence Pépin, quant à lui, est apparu dans la liste des membres du Conseil jeunesse de Montréal en décembre.
«Je cherchais à augmenter mon implication à un moment où le temps me le permettait», résume celle qui a étudié en nutrition ainsi qu’en sciences de l’environnement au sujet de son envie de se joindre au CjM. «C’est pour moi l’occasion d’avoir une implication politique intéressante.»
En découvrant le Conseil jeunesse, elle dit avoir été interpellée par l'idée de se pencher sur des enjeux propres à la jeunesse.
«C’est aussi cool de pouvoir rencontrer des personnes d’autres arrondissements, de milieux divers et variés», souligne-t-elle.
Tout comme Kenzo Bégin-Paul, Mme Pépin œuvre dans le milieu communautaire. Elle s’attaque plus particulièrement à l’insécurité alimentaire au sein de Carrefour solidaire, où elle est coordonnatrice de la Carte proximité. Il s’agit d’un outil transactionnel sur lequel est déposé entre 50$ et 125$ chaque mois afin d’aider des ménages en difficulté à se procurer des denrées.
Une centaine de commerçants du Grand Montréal, dont plusieurs qui font affaire dans Le Plateau, acceptent cette méthode de paiement.
«Je m’intéresse aux systèmes alimentaires locaux durables», précise-t-elle.
Elle souhaite toutefois aborder d’autres sujets moins liés à son parcours professionnel au CjM, comme la mobilité durable, le féminisme et l’environnement.
«J’ai beaucoup d'idées, beaucoup d'espoir, mais je ne sais pas trop ce que ça va donner», laisse tomber candidement la nouvelle venue du Conseil jeunesse de Montréal.

Étudier des enjeux qui touchent la jeunesse montréalaise
Les quinze membres du Conseil jeunesse de Montréal ont différents intérêts, mais ils s’unissent pour réfléchir sur un sujet commun et tenter d’éliminer certains angles morts que peuvent avoir les élus municipaux.
«À chaque début d’année, les membres vont cibler un thème sur lequel ils veulent se pencher», explique la coordonnatrice du CjM, Geneviève Coulombe. Elle précise que ledit thème devra être lié aux champs de compétences de la Ville.
Les membres du CjM choisiront un sujet qui préoccupe particulièrement les jeunes, sans qu’il ne les affecte forcément exclusivement. «On a déjà parlé, par exemple, de la biodiversité ou du logement», note Mme Coulombe.
En 2025, alors qu’ils se penchaient sur le sentiment de sécurité dans l’espace public, les membres du conseil ont bénéficié de l’aide de Metalude, un organisme qui s’intéresse notamment à l’urbanisme et à l’enfance.
«On collabore toujours avec des chercheurs», souligne Geneviève Coulombe.
Chaque mois, le CjM se rencontre pour étudier et commenter une portion du travail de recherche qui leur aura été remise.
«Quand on arrive à la fin de l'étude, les membres vont rédiger des recommandations [...], qui vont être déposées au conseil municipal formellement. L'administration, ensuite, doit répondre à nos recommandations.»
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