Justin Bouchard : un candidat qui veut mettre l’alimentation au cœur des débats
L’étudiant en gestion du tourisme et de l’hôtellerie, qui se présente avec le Parti culinaire, mise sur l'accessibilité à la nourriture.
L’étudiant en gestion du tourisme et de l’hôtellerie, qui se présente avec le Parti culinaire, mise sur l'accessibilité à la nourriture.
Justin Bouchard est le candidat pour le Parti culinaire du Québec dans la circonscription de Sainte-Marie–Saint-Jacques. L’étudiant de 22 ans y habite sur Le Plateau-Mont-Royal, plus précisément au coin de l’avenue des Pins et de la rue Saint-Denis.
Il termine sa troisième année au baccalauréat en gestion du tourisme et de l’hôtellerie à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) en partenariat avec l’Institut du tourisme et de l’hôtellerie du Québec (ITHQ).
Il se présente dans la circonscription par sentiment d’appartenance à sa communauté.
« Ça a toujours été une grande partie de moi de représenter mon quartier, que ce soit dans le sport, aux études, dans la vie en général. Je suis une personne qui arrive à s’approprier la place où j'habite ».
M. Bouchard déclare que son parti veut « que le Québec devienne la première Gastronocratie ».
« Une Gastronocratie, c'est une manière de gérer tout ce qui est politique avec l’idée d'amener l'accessibilité universelle à la nourriture. Quand une loi est appliquée, on calcule si le coût de la nourriture va augmenter. Si oui, c'est une mauvaise loi, sinon, c'est une bonne loi », résume-t-il.
Le candidat affirme que dans une telle structure, l’État serait responsable de gérer la production et la distribution de la nourriture.
« [Ça serait] un système de subventions, [notamment pour les fermes et le milieu agricole], qui permettrait à tout le monde d'avoir les opportunités nécessaires pour manger », poursuit-il.
« [En porte-à-porte dans Sainte-Marie–Saint-Jacques], il y a beaucoup de gens qui parlaient [d’] une lourdeur administrative pour faire des toits verts ou des jardins communautaires », soutient le candidat.
Son parti souhaite faciliter le processus administratif des citoyens et encourager l’autosuffisance alimentaire.
« Si j'ai mon toit vert chez nous, il y a certaines choses que je peux faire pousser. Tout le monde arriverait à baisser ses coûts d'épicerie parce que tu aurais eu l'aide nécessaire pour commencer à cultiver tes propres fruits, tes propres légumes. »
M. Bouchard indique que le chef du Parti culinaire du Québec, Jean-Louis Thémistocle, ouvre des écoles de cuisine «partout dans le monde» avec son organisme Cuisiniers sans frontières.
« [Il va] dans des milieux en moins bonnes conditions pour montrer aux gens comment cuisiner et élever leur propre nourriture. C'est [quelque chose dont] le Québec aurait besoin. Les cours de cuisine [existent déjà] au primaire dans les écoles privées, [mais il faudrait l’étendre au [public] », croit-il.
Le candidat explique que l’objectif de ces cours serait d’apprendre à «être créatif avec nos ressources».
« [C’est de se dire] : “Ok, je sais cuisiner, je sais ce que j'ai, je sais ce que j'ai dans mon potager, je sais ce que je peux manger”. C'est une question de permettre à tout le monde de s'éduquer sur la bonne alimentation », détaille-t-il.
« Notre chef a écrit un livre sur la nourriture avec les insectes. Je ne pense pas que tout le monde est prêt à manger des insectes, mais [c’est dans l’] optique de s'éduquer et de voir qu'est-ce qui est mangeable [et ce qui ne l’est pas] », estime M. Bouchard.
Il pense qu’il importe de commencer à « ouvrir les esprits » en matière d’alimentation, notamment en raison du changement climatique qui aura un impact sur ce que l’humanité pourra produire comme nourriture dans le futur.
« Comment pourrait-on se nourrir comme société ? Les ressources vont changer », affirme-t-il.
M. Bouchard estime que la qualité des aliments offerts dans les épiceries devrait être davantage contrôlée par l’État.
« Il y a des choses qu'on mange qui ont été prouvées être cancérigènes. [Il faut] une meilleure emprise sur [la nourriture offerte] à la communauté. Avoir plus de restrictions et éduquer les gens [à savoir] ce qu'ils mangent réellement », soutient-il.
Il appelle à retirer certains produits des épiceries plutôt que de simplement indiquer sur l’emballage qu’ils peuvent être néfastes pour la santé.
« On pourrait forcer les compagnies à baisser le taux de sucre, à changer leur recette, s'ils veulent vendre ici. Il y a des compagnies qui ne respectent pas les valeurs du Québec », croit-il.
Il propose de remplacer les symboles de valeur nutritionnelle noir et blanc de Santé Canada par l’échelle de couleurs du vert au rouge Nutri-Score adoptée en France.
« Je pense que ça saute vraiment plus aux yeux. S’il y a beaucoup de sucre, de sodium ou de gras. »
Les élections provinciales auront lieu le 5 octobre prochain. Il est possible de vérifier que son nom figure sur la liste électorale en visitant le site d’Élections Québec.
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