Laurel Thompson défend un programme fédéraliste de gauche
La candidate verte dans Mercier veut freiner le capitalisme, un système qu’elle juge destructeur.
La candidate verte dans Mercier veut freiner le capitalisme, un système qu’elle juge destructeur.
Ancienne enseignante au primaire âgée de 81 ans, Laurel Thompson se présente pour la première fois en politique pour le Parti vert du Québec (PVQ), dans Mercier.
Son implication avec le mouvement vert dépasse toutefois le cadre de cette campagne électorale et les frontières du Québec. Native de Windsor, en Ontario, Mme Thompson a milité au Canada ainsi qu’aux États-Unis, où elle a vécu pendant 30 ans.
Là-bas, constatant le peu de services en matière de transport en commun dans la ville de Denver, au Colorado, elle a formé un groupe citoyen qui a milité pour la mise en place de tramways.
«Nous avons eu du succès!», souligne-t-elle.
Arrivée au Québec en 2011, elle a rejoint le Lobby climatique des citoyens. «Nous avons lutté pour un prix sur le carbone et avons eu du succès avec [Justin] Trudeau», rapporte-t-elle, se désolant du même coup de la volte-face du premier ministre fédéral suivant, Mark Carney, à cet égard.
Mme Thompson habite l’est de la circonscription de Mercier depuis 2019.
Si elle propose sa candidature aujourd’hui avec le Parti vert du Québec, c’est tout d’abord parce qu’elle connaît le chef, Alex Tyrrell, dont elle apprécie les idées.
«Il faut faire quelque chose de plus que les actions que j’ai faites avec les manifestations», constate-t-elle également.
D’ailleurs, au-delà de l’environnement et du climat, Mme Thompson s’est aussi mobilisée «pour la Palestine» et souhaite que sa candidature aide à faire «bouger les politiciens» à ce sujet.
«Le Parti vert du Québec est très petit. Il n’a pas de chances», reconnaît-elle toutefois. Néanmoins, elle valorise le porte-à-porte et les discussions sur les enjeux qui lui tiennent à cœur, que la campagne électorale favorise.
Elle estime d’ailleurs que le programme du PVQ est «idéaliste» et correspond largement aux ambitions de Québec solidaire. «La seule différence est que nous sommes fédéralistes et ils sont séparatistes», précise-t-elle.
Soulignant la dette nette du Québec, évaluée à 250,3 milliards $ dans le budget provincial 2026-2027, et les quelque 14 milliards $ de péréquation qu’Ottawa lui a versés au cours de la dernière année, elle craint les impacts économiques d’une potentielle séparation du Québec.
Cela dit, même si Mme Thompson remet en doute le réalisme des propositions de sa propre formation, elle affirme que celles d’autres partis sont également idéalistes, mais avec des orientations qui vont «dans la mauvaise direction». Elle souhaite prôner des idées de gauche.
«Il faut que nous parlions du capitalisme. C’est un problème.»
«Nous sommes dans un système qui est horrible, qui nous détruit» en matière de logement, de l’environnement, du coût de la vie et de l’alimentation, soutient la candidate. «Les politiciens n’écoutent pas.»
«Nous avons trop de maisons et d’appartements qui sont privés», affirme Laurel Thompson. Elle considère que l’encadrement des loyers est insuffisant.
Un gouvernement vert imposerait donc une réduction des loyers de 5% par année, pour une durée de quatre ans. Les propriétaires seraient obligés d’entretenir les logements à leurs frais, sans quoi ils pourraient recevoir des «amendes salées», précise le programme du PVQ.
«Nous pensons que ça va libérer beaucoup d’espace pour les gens qui n’ont pas de logement», souligne Mme Thompson.
Elle précise que la mesure pourrait non seulement contribuer à lutter contre l’itinérance et permettre à de jeunes adultes de quitter leur nid familial.
Le PVQ promet aussi de construire 50 000 logements sociaux par année.
«Il faut utiliser tous les bâtiments [publics] que nous avons, qui ne servent pas maintenant, pour le logement», ajoute la candidate.
«Les gens vont utiliser des voitures parce qu’il n’y a pas assez de transport en commun», soutient Laurel Thompson, soucieuse des émissions de gaz à effet de serre (GES) et de l’air de Montréal, qu’elle dit particulièrement pollué. «C’est un grand problème.»
Le Parti vert du Québec souhaite notamment créer des réseaux de métro à Québec et Gatineau, ainsi qu’agrandir celui de Montréal. Il vise également la mise sur pied d’un réseau ferroviaire interurbain à grande vitesse, selon ce qui est indiqué dans son programme.
En plus de ces chantiers, il offrirait l’accès gratuit au transport en commun. Le financement proviendrait principalement d’une taxe sur l’achat d’essence.
Mme Thompson n’est pas tout à fait d’accord avec ce dernier engagement. «L’ARTM (Autorité régionale de transport métropolitain) n’a pas d’argent [...] Donc, dire qu’il faut avoir les transports en commun gratuits, c’est un grand saut.»
Elle souhaiterait plutôt que l’accent soit mis sur l’entretien des éléments existants et la diversification des moyens de déplacement à la disposition de la population.
La candidate verte dit aussi vouloir réduire le parc automobile du Québec. Son parti créerait une échelle de tarification d’immatriculation en fonction de différents critères, dont le poids et l’efficacité énergétique d’un véhicule. De plus, elle instaurerait des évaluations annuelles des véhicules afin de limiter les émissions de GES.
Le PVQ interdirait également les publicités de véhicules utilitaires sport (VUS), favoriserait l’autopartage et le covoiturage et imposerait l’aménagement de zones sans automobiles dans les 30 plus grandes villes du Québec.
Comme Québec solidaire, le Parti vert du Québec souhaite créer un nouveau réseau d’épiceries publiques. Alimentation Québec, une société d’État que ferait naître un gouvernement vert, serait responsable du réseau et aurait pour mission de faire réduire les prix de 25% à 30%.
«Il faut changer le système du capitalisme au socialisme», affirme Laurel Thompson.
«Ce qu’on peut instaurer en attendant, c’est la social-démocratie, mais ce ne sera pas adéquat à long terme.»
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