Le 4’Sous en voie de permettre la consommation d’alcool en salle
Ce théâtre du Plateau veut offrir à son public plus de liberté quand vient le temps de consommer de l’alcool: celle de garder son verre avec soi pendant les représentations.
Ce théâtre du Plateau veut offrir à son public plus de liberté quand vient le temps de consommer de l’alcool: celle de garder son verre avec soi pendant les représentations.
Se conformant aux normes de l’époque et cherchant à avoir une formule plus adaptée à ses événements décontractés, le Théâtre de 4’Sous souhaite permettre la consommation d’alcool dans sa salle de spectacle.
«De plus en plus, les gens aiment bien ne pas avoir à courir pour finir leur verre pour entrer en salle», explique Xavier Inchauspé, codirecteur artistique et général du théâtre.
Pour ce faire, une demande a été déposée à l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal en 2025 et, si tout se déroule comme prévu, le changement devrait prendre effet lors de la saison 2026-2027.
L’élargissement de la vente d’alcool au théâtre reflète une tendance observable dans d’autres établissements, notamment ceux d’humour, explique M. Inchauspé.
«C’est aussi une ambiance qu’on essaie de créer. On a une volonté de rendre le théâtre plus accessible», ajoute le codirecteur.
Il rappelle les origines populaires de ce lieu fondé par Paul Buissonneau qui a fait rayonner les talents d’Yvon Deschamps et Michel Tremblay, et vu naître L’Osstidcho. Le Théâtre de 4’Sous a d’ailleurs fêté ses 70 ans en décembre dernier.
C’est donc «l’accueil» et «la chaleur» qui motivent l’élargissement de la consommation d’alcool et non des raisons économiques. «Le bar ne fait pas tant d’argent que ça», explique M. Inchauspé.
Au sujet des revenus, le codirecteur note d’ailleurs que son théâtre se porte bien et que le public continue de remplir sa salle de 170 places, contrairement à ce qui a pu être observé ailleurs depuis la pandémie de COVID-19.

Le 4’Sous avait déjà fait des demandes d’exemption afin de pouvoir permettre la consommation d’alcool ailleurs que l’aire de vente lors d’événements spécifiques.
«On a tout le temps deux, trois spectacles par année [...] qui mélangent les formes d’art et les disciplines, qui ont un côté plus événementiel», explique M. Inchauspé.
Il note que peu de dégâts ont été observés lors de ces événements qui ont eu droit à un relâchement réglementaire.
«L’année passée, on avait un spectacle – qu’on reprend l’année prochaine – qui s’appelle Je comprends. Respect. C’est un show vraiment festif avec un battle hip-hop dedans», offre-t-il en exemple.
L’œuvre qui intègre des confrontations improvisées, propres à la culture rap, se prêtait davantage à une consommation moins restrictive d'alcool, selon lui.
«Il y avait un côté festif presque bar-cabaret», illustre M. Inchauspé.

Ayant fait l’expérience de ces exemptions ponctuelles, le 4’Sous souhaite maintenant régulariser la consommation à l’extérieur de l’aire de vente.
«Tant qu'à demander des permis à chaque fois, et payer le 150$, on va faire la demande», indique Xavier Inchauspé.
Puisque la modification souhaitée déroge du Règlement d’urbanisme du Plateau-Mont-Royal, elle requiert l’approbation des élus. Selon le règlement actuel, l’espace de vente et de consommation d’alcool ne doit pas excéder 20% de la superficie du théâtre et doit se faire dans une pièce distincte de celle où est présenté un spectacle.
Cependant, l’arrondissement s’est montré favorable à une modification en offrant, en novembre 2025, de réduire le tarif associé à la demande. Le théâtre devra donc débourser 4453$ au lieu de 8905$ pour le dépôt de son projet particulier de construction, de modification ou d’occupation d’un immeuble (PPCMOI).
Le comité consultatif d’urbanisme du Plateau a également donné son appui au projet, en février, et le conseil d’arrondissement a voté en sa faveur pour une première fois, au début du mois de mars.
Les élus locaux devront répéter cet exercice à deux reprises, lors de prochaines séances de conseil d’arrondissement, avant que le projet ne soit approuvé.
Quant au voisinage du 4’Sous, il ne s’est pas montré préoccupé par la demande de dérogation.
Des invitations à une rencontre avaient été envoyées à 55 adresses près du théâtre, l’automne dernier. Aucun résident ne s’était présenté au rendez-vous.
«Ça ne change rien à la nature du lieu», assure Xavier Inchauspé. «On ne commencera pas à être un bar quand il n'y a pas de représentations.»
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