Les Ateliers d’éducation populaire du Plateau: solidarité et implication citoyenne
L'organisme, qui souhaite «créer un effet de communauté», prévoit lancer plusieurs projets, dont des actions pour embellir Le Plateau et une bibliothèque d'outils.
L'organisme, qui souhaite «créer un effet de communauté», prévoit lancer plusieurs projets, dont des actions pour embellir Le Plateau et une bibliothèque d'outils.
Les Ateliers d’éducation populaire du Plateau (AEPP) souhaitent voir la population s’impliquer au niveau de la transition écologique dans leur quartier.
Une assemblée de leur Groupe de la transition – qui portait précédemment le nom de Réseau d’entraide – s’est tenue le 25 février dernier. Ledit groupe a pour objectif d’«agir face à la crise climatique» et de renforcer la résilience de la communauté.
«Avant, on mettait l’emphase sur les impacts des changements climatiques, mais on a voulu se donner plus de marge de manœuvre», a expliqué Dominique Allard, coresponsable de la mobilisation aux AEPP.
Les membres du groupe pourront donc aborder d’autres enjeux, comme les inégalités sociales, et s’impliquer dans la sphère politique, a-t-il donné en exemple.
Conscient du fait que les Ateliers d’éducation populaire sont relativement méconnus des résidents du Plateau, M. Allard espère pouvoir faire croître l’implication citoyenne dans les projets de l'organisme.
«On veut vraiment créer un effet de communauté. Ça va partir des gens qui habitent dans le quartier et qui sont proches de nous.»
Le co-responsable de la mobilisation mise notamment sur des efforts d’affichage et de distribution de prospectus, résumant l’offre de services des AEPP.
«On offre plein de choses pratiquement gratuites pour les membres», a-t-il rappelé. Le coût annuel d’adhésion est de 5$, donnant accès à une variété d’activités allant de la clinique d’impôt aux ateliers de cuisine, en passant par les arts et l’artisanat ainsi que les conférences et autres séances informatives aux sujets diversifiés.
«On essaie de trouver une façon pour qu’aux Ateliers, on puisse devenir une espèce de communauté où les gens savent qu’en venant ici, on peut faire des projets et on peut faire une différence», a poursuivi M. Allard.

La rencontre du 25 février avait été planifiée pour présenter des projets des AEPP à des personnes potentiellement intéressées à y prendre part, mais aussi pour que ces dernières en proposent d’autres.
À ce titre, un homme dans la salle a proposé une visite à un centre de tri. Une autre dame, notant la tristesse que lui fait ressentir l’actualité, a plutôt suggéré des projets d’art public et de discussions entourant les œuvres.
Évoquant son propre parcours de vie, elle a aussi souhaité voir des personnes en situation d’itinérance être incluses dans des projets artistiques.
«Ce sont souvent des gens qui ont perdu l’espoir, qui sont rendus très malheureux», a-t-elle soutenu, affirmant que d’être entouré d’autres personnes est le seul moyen de «rebondir»
«Ce ne sont pas les idées qui manquent, mais c’est plus les gens et la motivation», a lancé Dominique Allard à la vingtaine de personnes qui s’est présentée au repas-causerie.
La classique Corvée de nettoyage sera de retour ce printemps, mais avec un nouveau nom. Elle sera dorénavant identifiée comme étant l’Action de propreté.
«Corvée de nettoyage, ça fait lourd. On veut que ce soit le fun et festif!», a déclaré M. Allard, notant aussi un changement d’approche à l’événement.
«On aimerait que l'Action de propreté devienne vraiment un geste symbolique où est-ce qu'on démontre qu'on a un effet concret dans le quartier et qu'on peut sensibiliser les gens.»
Conscient de l’éphémérité de l’effort de nettoyage, il a dit souhaiter que l’événement serve également à pousser le voisinage à se soucier de la propreté du quartier et à l’informer au sujet du rôle des AEPP. Une distribution de prospectus est donc prévue dans ce contexte.
«Peut-être que ça va créer une prise de conscience.»
Un volet de plantation viendrait aussi s’ajouter aux objectifs de l’Action de propreté afin d’embellir les carrés d’arbre du quartier.

En 2022, la coopérative de solidarité La Remise intégrait le site de la Cité-des-Hospitalières pour y gérer une bibliothèque d’outils. Le projet avait toutefois été abandonné deux ans plus tard, faute de bénévoles et de visibilité.
Les Ateliers d’éducation populaire du Plateau aimeraient maintenant en faire apparaître une dans ses propres locaux de la rue Drolet.
«N’importe quoi qui peut servir au quotidien, on peut venir aux Ateliers, l’emprunter, le retourner, puis ça ne coûte rien», a illustré M. Allard pour expliquer le concept.
Un groupe de membres responsable de gérer le projet devra toutefois se former.

Les AEPP ont cependant déjà un autre groupe actif qui peut répondre au même genre de besoins que la bibliothèque d’outils. Il s’agit du groupe d’entraide du voisinage. Les objets prêtés à autrui sont toutefois des possessions personnelles de membres, et ceux-ci peuvent choisir de confier leurs biens ou non, selon leur niveau de confiance.
D’autre part, au-delà des objets, le groupe sert aussi à échanger des services et des informations.
L’idée est de renforcer la solidarité au sein de la communauté, «de consommer moins» en adhérant à des «valeurs de transition écologique», a expliqué Thomas Marin, membre du comité responsable du Groupe de la transition, prenant le relais de Dominique Allard.

Bien que les participations collectives aux séances du conseil d’arrondissement ne figurent plus sur la programmation des AEPP, M. Allard a souligné que des actions politiques pouvaient tout de même être organisées, qu’il s’agisse de participer à des manifestations, à des consultations publiques ou encore de rédiger des lettres ouvertes ou des manifestes.
L’été dernier, en collaboration avec d’autres organismes du Plateau-Mont-Royal, les AEPP avaient mis sur pied une assemblée citoyenne en amont des élections municipales, a rappelé M. Allard. Les préoccupations des participants avaient ensuite été synthétisées dans un compte-rendu, qui avait été remis aux candidats.
À lire également:

Les subventions couvrent un salaire. La publicité couvre nos frais techniques. Vos abonnements couvrent tout le reste: la recherche, l'équipement, la production d'infolettres et l'organisation d'événements locaux.
Plus de 150 voisins soutiennent Mon Plateau. Rejoignez-les!
Devenez membrePlus de 4500 voisin·es lisent nos infolettres gratuites chaque semaine.