Linda Sullivan: une candidate qui veut donner le pouvoir au peuple

La militante demande une augmentation des investissements dans les services sociaux et une humanisation de notre environnement social et naturel.

La candidate se tient devant un local commercial avec une affiche "Quartier Général Marxiste-Léniniste"
Linda Sullivan est la candidate du Parti marxiste-léniniste du Québec (PMLQ) dans la circonscription de Sainte-Marie–Saint-Jacques. Photo: Odile Joron

Linda Sullivan est la candidate du Parti marxiste-léniniste du Québec (PMLQ) dans la circonscription de Sainte-Marie–Saint-Jacques.

L’adjointe de bureau de 43 ans y habite, dans Le Village. « Je suis là depuis 25 ans. J'ai fait un petit cinq ans dans le Plateau, mais je suis revenue au Village parce que la communauté ici, je l'ai adoptée et elle m'a adoptée », explique-t-elle.

Elle se présente comme candidate au PMLQ pour défendre « les droits des plus vulnérables ».

« Je fais partie du mouvement depuis ma jeunesse et de différents mouvements antiguerres pour les femmes, le logement. Pour l'éducation, en 2005 et 2012, j'ai fait partie des grèves d'étudiants. C'est quelque chose qui me tient à cœur », affirme-t-elle.

Donner le pouvoir aux travailleurs

Mme Sullivan explique qu’au cœur du mouvement du PMLQ se trouve la volonté de donner le pouvoir au peuple de se diriger lui-même et de repenser les institutions démocratiques.

« Le système électoral est désuet. Ça nous a été donné par le roi d’Angleterre il y a presque 200 ans. Le but était de maintenir le pouvoir dans les mains des riches, les hommes blancs avec la propriété. Et avec quelques modifications au fil des années, on se retrouve avec la même base », soutient-elle.

Pour cette raison, la candidate estime que le gouvernement qui se dit « représentatif » des citoyens sert plutôt « les intérêts des riches qui contrôlent de notre budget ».

« On participe aux élections pour rejoindre des travailleurs qui veulent renouveler ce système démocratique. [Ce sont eux] qui créent la richesse avec leurs mains. Ils
devraient avoir leur mot à dire sur comment c'est dirigé », déclare-t-elle.

Elle se présente dans Sainte-Marie–Saint-Jacques, car elle croit que Le Plateau-Mont-Royal, comme Le Village, ont des « enjeux similaires et différents, mais que la question d'avoir le pouvoir décisionnel entre nos mains s'applique peu importe [le quartier ou] la circonscription ».

Investir dans les programmes sociaux

La candidate pense que la priorité dans Sainte-Marie–Saint-Jacques est « d'investir dans les programmes sociaux ».

« C'est un quartier historiquement ouvrier et pauvre. Nous avons beaucoup de services sous-financés, qui sont en situation précaire parce que le gouvernement peut changer d'une année ou d’une élection à l'autre », déclare-t-elle.

Mme Sullivan dénonce que les organismes et groupes de défenses des droits, tels ceux pour les femmes, le logement et la sécurité alimentaire, proposent « année après année des solutions concrètes » au gouvernement, mais que ces dernières « se font ignorer ».

Elle affirme qu’en donnant le pouvoir à ces organismes et aux travailleurs, les conditions de vie dans la circonscription et dans le reste du Québec s’amélioreraient considérablement.

« Pourquoi ne pas élire un représentant du Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) comme ministre du Logement ? Ça serait réglé rapidement cette question de 50 000 logements dans cinq ans », estime-t-elle.

Améliorer les conditions de travail des enseignants

Mme Sullivan croit que la priorité en éducation est de « soutenir les enseignants et enseignantes, leurs droits et leurs conditions de travail ».

« Les conditions de travail des gens en éducation, ce sont les conditions de l'apprentissage de nos enfants. Les professeurs ne demandent pas une réduction du nombre d'élèves dans leur classe, ils demandent un revenu qui est adéquat pour leurs besoins et digne du travail qu'ils font », soutient-elle.

La candidate pense que les enseignants font plus qu’« éduquer nos enfants : ils les gardent en sécurité et en vie pendant la majorité de la journée ». 

« L'éducation devrait être traitée comme un droit, elle n'a pas un coût. On élève la prochaine génération de producteurs et productrices de la société, et il faut la traiter ainsi ».

Humaniser l'environnement social et naturel

« Les êtres humains ont besoin d'un environnement durable et une stabilité environnementale pour fleurir. Il y a une façon d'exploiter nos ressources naturelles et humaines qui respectent l'environnement en durabilité », estime Mme Sullivan.

La candidate croit qu’il est également essentiel d’« humaniser notre vie sociale », car les aspects environnemental et social « sont intimement liés ». 

« [Ça s’applique à] l'itinérance. Avoir des gens dans la rue, c'est complètement inacceptable quand il y a 25 000 logements libres en ce moment à Montréal. Ça crée une inhumanité envers les gens qui sont dans la rue, les gens qui cohabitent avec les gens qui sont dans la rue », affirme-t-elle.

« On ne peut pas ne pas respecter l'environnement parce que ça endommage les générations de futur. Puis, on ne peut pas traiter du monde comme jetable et respecter l'environnement en même temps non plus. Ça a des effets directs ».

Les élections provinciales auront lieu le 5 octobre prochain. Le vote par anticipation aura lieu les 27 et 28 septembre. Il est possible de vérifier que son nom figure sur la liste électorale en visitant le site d’Élections Québec.

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