Un pas de plus pour la création du Centre culturel afro-canadien dans Milton-Parc
Le Centre culturel afro-canadien de Montréal espère transformer l’ancienne École des beaux-arts de Montréal pour s’y installer dès l’année prochaine.
Le Centre culturel afro-canadien de Montréal espère transformer l’ancienne École des beaux-arts de Montréal pour s’y installer dès l’année prochaine.
Le Centre culturel afro-canadien de Montréal (CCAM) intégrera en 2027 un édifice patrimonial de Milton-Parc: l’ancienne École des beaux-arts de Montréal (1923 à 1954). Pour adapter le bâtiment au nouveau projet, une demande d’autorisation d’agrandissement a été soumise à l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal.
«On est en train de bâtir le premier et le plus grand centre d’art et de culture des communautés noires de l’histoire du Canada», affirme le directeur général et fondateur du CCAM, Allen Alexandre, qui dit s’être inspiré du Musée national d’histoire et de culture afro-américaine de la Smithsonian Institution, à Washington.
«On pense que c’est quelque chose qui va permettre d’attirer des gens dans le secteur, qui a été longuement abandonné, et participer à sa revitalisation.»
En plus des 1,5 million $ que le centre aura investis lui-même, le gouvernement fédéral a injecté près de 16 millions $ dans le projet qui permettra au CCAM d’occuper des locaux permanents. Sa programmation est diffusée dans une variété d’espaces culturels montréalais depuis sa fondation, en 2021.
Le CCAM propose d’ajouter de nouveaux éléments, conçus par les firmes d’architecture FABG et SOCA, qui se grefferont à l’édifice historique du 3450, rue Saint-Urbain, laissé vacant depuis que la Maison du Conseil des arts de Montréal a quitté les lieux en 2009.
M. Alexandre évoque une proposition «unique», qui mêlera différentes inspirations culturelles.
Un pavillon «signature» s’étirant vers la rue Sherbrooke est notamment prévu pour accueillir les personnes à mobilité réduite. La conception de ses façades vise à évoquer les effets de l’artisanat et de pratiques architecturales typiques de certaines régions d’Afrique et des Caraïbes.


À gauche: Rendu du projet proposé, vu du sud, avec le pavillon «signature» s'étirant vers la rue Sherbrooke. À droite : exemple du fini extérieur proposé pour la façade du pavillon.
Le directeur général note toutefois que sa conception sera également inspirée de l’architecture québécoise, notamment du travail d’Ernest Cormier, dont le studio portant son nom est le voisin immédiat de l’édifice qui sera transformé par le CCAM.
«C'est lui également qui a conçu la bâtisse au 3450 [, rue Saint-Urbain, avec Jean-Omer Marchand]. Donc, on voulait vraiment rendre hommage à son style.»

On vise aussi l’ajout d’une salle de spectacle à l'arrière du bâtiment, pouvant accueillir entre 200 et 220 personnes et être louée pour la tenue d’événements variés.
Le CCAM souhaite l’obtention d’une certification de Bâtiment à carbone zéro (BCZ). Pour ce faire, il compte recourir à des matériaux à faible empreinte écologique et gérer le chauffage et la climatisation de ses structures grâce à un système géothermique.
Près de 14 millions $ de la contribution fédérale proviennent d’ailleurs du Programme pour les Bâtiments communautaires verts et inclusifs. Les quelque 2 millions $ restants sont issus de l'initiative Appuyer les communautés noires du Canada.
De son côté, Le Plateau-Mont-Royal avait octroyé 400 000$ au CCAM afin de lui permettre de soumettre une offre d’achat pour le 3450, Saint-Urbain, en fonction des échéances.

En s’installant dans Milton-Parc, le Centre culturel afro-canadien de Montréal souhaite devenir un lieu de rassemblement et de diffusion, voué à la préservation et au rayonnement de la culture des communautés noires.
Son projet comprend notamment la location de locaux à des entreprises et organismes culturels afin de stimuler la création sous différentes formes. On y trouverait donc un studio de répétition, pouvant servir à des productions théâtrales ou de danse, à des chœurs, ou encore à des tournages, ainsi qu’un autre studio voué aux «ateliers créatifs». Ils comprendraient également des studios d’enregistrement et de postproduction audiovisuelle.
Le plan d’agrandissement inclut aussi des salles de cinéma, d’archivage et de consultation d’ouvrage en plus d’une librairie et d’un café-bistro. Une terrasse serait accessible pendant l’été.
Allen Alexandre soutient que le projet d’immobilisation permettra au CCAM de bonifier sa programmation, notamment en épargnant des coûts de location.
«C'est la mutualisation des espaces et des ressources, mais également rassembler tout le monde dans un hub culturel et créatif qui leur permet de cocréer», ajoute-t-il au sujet des avantages du centre, qui permettra «d’amplifier la capacité de diffusion».
«Le centre, c'est vraiment un lieu de rassemblement. C'est un foyer culturel de la communauté noire, qui a également été fait par la communauté noire, mais pour l'ensemble des Montréalais.»
Le projet déroge toutefois à certains éléments des règlements d’urbanisme et de lotissement, notamment à cause des dimensions inférieures aux normes des nouvelles sections proposées. Il devra donc obtenir l’approbation finale du conseil d’arrondissement en mars.
D’ici là, il sera l’objet d’une assemblée publique de consultation, le mardi 13 janvier, à la mairie du Plateau-Mont-Royal.
Les résidents de secteurs voisins pourront soumettre des demandes d’approbation référendaire pour certaines dérogations, dont celles liées aux dimensions des nouveaux pavillons et au changement de catégorie d’usage des lieux. L’approbation des élus permettra notamment d’accueillir des spectacles et des expositions où des boissons alcoolisées pourront être consommées.
Il est à noter que le CCAM avait déjà invité près de 900 ménages voisins à une rencontre en juillet. Les potentiels dérangements qui seraient causés par le projet avaient alors été discutés.

La Direction du développement du territoire et des études techniques du Plateau-Mont-Royal s’est montrée favorable aux demandes de dérogation du CCAM.
«Les usages projetés pour le Centre culturel afro-canadien de Montréal permettent d’intégrer une diversité de fonctions qui soutiennent la culture et la créativité de la communauté afrodescendante», a-t-elle souligné dans le document de présentation de l’assemblée publique de consultation.
Elle a également noté que le projet permettra «d’assurer la conservation et la mise en valeur d’un bâtiment patrimonial vacant depuis 2009», tout en maintenant une cohérence entre sa vocation d’origine et proposée par le CCAM.
D’autre part, les dimensions modestes des éléments d’agrandissement permettraient aussi de mettre en valeur l’édifice au 3450, Saint-Urbain, en le laissant prédominer.
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