Un projet de 133 logements coopératifs dans Le Plateau franchit une étape clé
Un projet de coop d’habitation pourrait recevoir 59 millions $ d’Ottawa afin de créer 133 logements hors marchés dans Le Plateau-Mont-Royal.
Un projet de coop d’habitation pourrait recevoir 59 millions $ d’Ottawa afin de créer 133 logements hors marchés dans Le Plateau-Mont-Royal.
Tout indique que le minigolf à l’intersection des avenues Laurier et Papineau cédera bientôt sa place à 57 unités résidentielles, alors que 76 autres unités s'élèveront au coin des rues Marie-Anne et Saint-Dominique.
Ces deux projets de la coopérative Cohabitat Plateau ont reçu une approbation conditionnelle pour un prêt de 59 millions de dollars de la Société canadienne d’hypothèques et de logement.
La construction de ces 133 logements hors marchés doit se faire sur des terrains acquis par Montréal dans le but de freiner la crise de l’habitation.
C’est le cas du site des Jardins du Petit-Laurier, acheté par la Ville en 2021, sur lequel se trouve le parcours de minigolf, des bacs de plantes et des tables de pique-nique.


Considéré dangereux, des clôtures se trouvaient déjà devant la façade du bâtiment de l'ancien garage du 11, Marie-Anne E., en janvier 2024. On le voit ici, à gauche, en octobre 2025, avant d'être démoli le mois suivant (à droite). – photos: Devin Ashton-Beaucage et Gaëlle Engelberts
L'acquisition par la Ville des terrains situés au coin des rues Marie-Anne et Saint-Dominique avait été annoncée en janvier 2024. La construction se fera sur les lieux où reposait notamment un garage délaissé, qui a été démoli en novembre.
«C'est une coop d'habitation qui a la particularité d'être un cohabitat, explique Rachel Chainey au sujet du projet. L'idée du cohabitat, c'est d'avoir des logements qui sont peut-être un peu plus petits, mais dans l’optique d'avoir des espaces communs qui sont intégrés à la vie des gens qui vont vivre là.»
Ces espaces collectifs peuvent donc comprendre des cuisines, des espaces dédiés au jardinage ou encore des ateliers, par exemple.

Mme Chainey, qui est secrétaire du conseil d’administration de Cohabitat Plateau, raconte que quatre des six membres fondateurs de la coopérative ont été locataires dans le même immeuble pendant plus de dix ans. Ils ont partagé une cour commune et se sont entraidés, notamment pour la garde des enfants.
Une vente de leur immeuble entraînant des craintes de rénovictions les a poussés à s’inspirer du projet de cohabitats du Village Urbain, à Lachine, et d’en concevoir leur propre version.
Leur projet de logements hors marchés ne ferait pas simplement augmenter le nombre de logements du parc locatif montréalais, selon Rachel Chainey, mais contribuerait à amoindrir les effets néfastes des inégalités sociales, des changements climatiques, du vieillissement de la population et de l’isolation sociale.
Cohabitat Plateau vise la construction de logements de dimensions variables, allant de studios à des 5 ½, attribués aux locataires en fonction de la taille de leur ménage.
Dans la plupart des cas, les loyers des logements seraient équivalents à 80% des prix médians du Plateau.
Mme Chainey indique qu’une proportion encore à déterminer des logements sera réservée aux locataires admissibles au Programme de supplément au loyer (PSL) de la Société d’habitation du Québec. Ceux-ci paieront un loyer équivalent à 25% de leurs revenus et le PSL épongera la différence.
La Ville de Montréal avait acquis le site de l’avenue Laurier, en 2021, et celui de la rue Marie-Anne, en 2024, en exerçant son droit de préemption. L’objectif était de les réserver afin que des organismes puissent y construire des logements sociaux ou communautaires.
Cohabitat Plateau a pu prendre la balle au bond grâce à 59 millions $ du Programme de développement de coopératives d’habitation de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), qui lui ont été accordés le 6 décembre dernier.
«Pour recevoir le financement, il faut avoir fait faire des analyses environnementales du sol», note toutefois Mme Chainey. La coopérative aura jusqu’au 6 mars pour obtempérer. Des travaux de décontamination pourraient ensuite être exigés.
Il est à noter que le site de l’avenue Laurier a déjà été décontaminé.
Pour ce qui est du transfert des terrains de la Ville au projet en cours, «on n'est pas sûr s'il va y avoir des ventes de terrain par la Ville ou si on passera plutôt par des baux emphytéotiques», note Mme Chainey. «La SCHL est ouverte aux deux.»
Autrement, Mme Chainey affirme que le projet jouit de l’appui favorable de représentants politiques locaux des trois paliers de gouvernement.

Le projet a été développé en collaboration avec ADHOC architectes et l’Atelier Habitation Montréal, qui a aidé à le gérer.
«C'est énormément d'informations, de gestion et de décision, mais on est là-dedans à plein régime», souligne Mme Chainey.
C’est l’entreprise Bonneville qui se chargera de la construction. Des modules préfabriqués seront assemblés pour créer les immeubles, ce qui devrait permettre une exécution rapide des travaux.
«Ils construisent en usine, ce qui fait qu’ils peuvent le faire douze mois par année. Puis, ils livrent le tout sur le site en une dizaine de jours», explique Mme Chainey. «La seule chose qui reste, c'est la maçonnerie et le paysagement.»
Vidéo promotionnelle de Bonneville démontrant l'assemblage d'un immeuble avec des modules préfabriqués.
«C’est remarquable, leur degré de motivation pour ce projet-là», se réjouit-elle.
Si tout entre dans l’ordre, le chantier pourrait être lancé aussi tôt que le mois d’août.
NDLR: Une version précédente de ce texte indiquait que quatre des membres fondateurs de la coopérative Cohabitat Plateau avaient été évincés de leurs logements. Or, il aurait plutôt fallu lire qu'ils ont été à risque de rénoviction.
Alors que l'une des locataires a choisi de quitter son logement, les trois autres résident toujours dans l'immeuble.
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