Bornes pour véhicules électriques: bris répétés et accès restreint

Le Plateau-Mont-Royal compte près de 80 points de recharge pour véhicules électriques, alors que la population totale de l’arrondissement dépasse les 100 000 habitants.

Deux véhicules électriques sont branchés à une borne sur le boulevard Saint-Laurent.
Un des points de recharge accessibles publiquement sur le boulevard Saint-Laurent, dans Le Plateau-Mont-Royal. – photo: Devin Ashton-Beaucage
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La proportion de véhicules électriques en circulation a quadruplé au Québec entre 2019 et 2023, selon les données de la Société de l’assurance automobile du Québec.

Est-ce que les bornes de recharge dans Le Plateau-Mont-Royal seront suffisantes pour répondre aux besoins énergétiques des voitures privées de ses résidents?

Bornes hors service

«Je pense que la Ville n'est pas prête à soutenir des véhicules électriques à 100%», répond Verônica Conceição.

«Il y a beaucoup de bornes qui ne marchent pas depuis longtemps», signale-t-elle au sujet des options de recharge publiques dans Le Plateau.

La résidente de Milton-Parc soutient que celles du réseau du Circuit électrique sur l’avenue Laval, près de la rue Roy Est, ont été hors service pendant deux mois, et que celles au coin du boulevard Saint-Laurent et de l’avenue du Mont-Royal auraient été inutilisables depuis janvier.

Du côté d’Hydro-Québec, qui chapeaute le Circuit électrique, on indique avoir eu connaissance en début mars du fait que ces dernières avaient «été fauchées». Le passage d’un technicien était prévu le 23 avril.

Pour ce qui est des bornes vis-à-vis du 3820, avenue Laval, la société d’État confirme qu’elles ont été réparées le 21 avril. Des câbles coupés avaient été signalés vers la fin mars.

Plus à l’est dans Le Plateau, une «perte de communication» avec les bornes faisant face au 4332, rue Messier a été rapportée en décembre. Deux séances d’entretien prévues en début d’année 2026 avaient été reportées avant que l’on ne s’attarde au cas, le 10 avril. Il manque toutefois une pièce nécessaire à la réparation complète.

Autrement, Mme Conceição affirme que les bornes fonctionnelles du secteur sont souvent utilisées. À certains endroits de la ville, les cônes orange associés aux travaux peuvent aussi en bloquer l’accès.

S’adapter aux besoins du Plateau

Le directeur adjoint de la section montréalaise de l’Association des véhicules électriques du Québec (AVÉQ), Jean Désy, indique n’avoir jamais reçu de plaintes liées à la disponibilité de bornes sur le territoire de l’arrondissement.  

Il affirme d’ailleurs que Montréal est championne en Amérique du Nord sur le plan de l’installation, bien qu’il reconnaisse que la demande est appelée à augmenter et qu’il estime que Le Plateau-Mont-Royal devrait s’équiper de bornes rapides.

Nombre de véhicules électriques légers
par borne de recharge publique, 2024

Sélection de pays et régions — plus le chiffre est élevé, moins il y a de bornes disponibles

VEL par borne de recharge publique
Australie 45, Mexique 40, États-Unis 32, Canada 28, Royaume-Uni 25, Union européenne 13, France 12, Monde 11, Chine 11, Corée 2.

Source : Agence internationale de l'énergie (AIE), CC BY 4.0 — VEL : véhicule électrique léger ; borne : point de recharge public (EVSE).

«Ce n’est pas tout le monde qui a une auto sur Le Plateau», nuance-t-il toutefois. «Il y a une mobilité qui est différente qu’à Pointe-aux-Trembles.»

Ajout de frais de parcomètre

En plus des bris et de la disponibilité restreinte, Verônica Conceição avise que l’accès aux places de stationnement associées aux bornes situées à l’intersection des rues Jeanne-Mance et Sherbrooke est tarifé pendant plusieurs heures de la journée.

On doit donc prévoir 4,25$ par heure en plus du taux horaire de 1,10$ des bornes.

Un poteau de parcomètre au sommet vert est installé devant une borne de recharge.
Les bornes sur la rue Jeanne-Mance, à la limite sud de l'arrondissement, sont rattachées à des espaces de stationnement tarifés. – photo: Devin Ashton-Beaucage

Mme Conceição souligne qu’elle paie déjà des frais de vignette pour se garer dans ce secteur où elle réside, puisqu’elle n’a pas accès à une place de stationnement privé. Il s’agit d’une dépense minimale de 256,39$ par an.

Également résident de Milton-Parc, Louis-Érik Rose, qui est propriétaire d’une camionnette électrique qu’il utilise pour son travail, se montre tout aussi choqué par les frais de parcomètre exigés sur la rue Jeanne-Mance.

Bien qu’il avait en tête l’impact environnemental lorsqu’il a choisi l’option électrique en 2023, c’était «surtout le côté économique» qui avait convaincu celui qui est entrepreneur général.

«Il n’y a presque plus d’avantages», déplore-t-il se montrant déçu des réactions aux signalements de défectuosité envoyés au 311 et à l’arrondissement.

«On sait que Projet Montréal n’est pas pour la voiture, qu’elle soit électrique ou thermique. Ce n’est pas important pour eux», laisse-t-il tomber au sujet du parti politique des élus municipaux du Plateau-Mont-Royal.

Souci d’équité et expansion du réseau de recharge

Du côté de l’arrondissement, on justifie les frais de parcomètre de la rue Jeanne-Mance en disant souhaiter éviter que les véhicules accaparent l’espace au-delà du temps utilisé pour la recharge, «particulièrement dans des secteurs très achalandés comme Milton-Parc».

«D’autre part, une question d’équité se pose lorsque ces places sont situées dans des zones où le stationnement est généralement tarifé», ajoute Geneviève Allard, chargée de communications au Plateau-Mont-Royal.

«Il est clair que la demande citoyenne pour les bornes de recharge est bien présente et en croissance. Cela dit, il convient de rappeler que la vision de l’arrondissement s’inscrit dans une perspective de réduction de la dépendance à l’auto solo», avise-t-elle en ce qui concerne les points de service sur le territoire du Plateau.

«Les décisions actuelles cherchent donc à trouver un équilibre entre cette orientation, les besoins des résident(e)s, et les impératifs liés à la transition énergétique.»

Le Plateau compte tout de même ajouter un total de six points de recharge à proximité des bornes déjà installées près des intersections entre les boulevards Saint-Laurent et Saint-Joseph, les rues Berri et Gilford ainsi que les rues Saint-Hubert et Rachel. Il en compte actuellement 76.

L’arrondissement prévoit ensuite l’ajout de trois bornes par année sur son territoire, jusqu’en 2030.

Une alternative milendoise

Dans le Mile End, faisant écho aux propos de Mme Allard, François Boutin-Dufresne, dit observer que les places associées aux bornes du réseau public servent parfois davantage de refuges pour les véhicules électriques, lors de périodes de stationnement restreint, que de points de recharge.

Notant la hausse en popularité des véhicules électriques, il a décidé d'apaiser la demande en matière de recharge en cofondant ShareCharge.

«L’idée, c’est que les gens qui ont une borne à la maison peuvent maintenant la partager avec leurs voisins. Ça va pallier le problème grandissant de disponibilité», explique-t-il, notant le coup de pouce que la montée récente du prix de l’essence risque de donner au phénomène.

Il s’agit donc d’une source potentielle de revenus additionnelle pour les propriétaires de bornes et d’options de recharge additionnelles pour les personnes qui possèdent des véhicules électriques.

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