Chinook Blais-Leduc veut élargir l’utilisation du chanvre
Renflouer les coffres de l'État « un rouleau à la fois »: ce candidat du Bloc Pot veut nationaliser le papier hygiénique et revoir l'encadrement du cannabis.
Renflouer les coffres de l'État « un rouleau à la fois »: ce candidat du Bloc Pot veut nationaliser le papier hygiénique et revoir l'encadrement du cannabis.
Chinook Blais-Leduc est le candidat du Bloc Pot dans la circonscription de Sainte-Marie–Saint-Jacques. L’homme de 37 ans est brigadier scolaire et habite la circonscription, sur Le Plateau-Mont-Royal.
« J'ai déménagé dans le quartier, mais avant j'étais à la frontière avec Hochelaga », précise-t-il.
Le candidat mène cet automne une double campagne avec le Parti Rhinocéros, dont il est le chef.
« Je suis sur un spécial deux pour un dans Sainte-Marie, puisqu'il va y avoir une élection partielle [dans Laurier–Sainte-Marie] pour remplacer Steven Guilbeault qui est parti avant la fin de son mandat », explique-t-il.
Bien que la consommation du cannabis soit légale au Canada depuis 2018, M. Blais-Leduc estime qu’il y a « beaucoup d'incongruités dans la politique provinciale », dont le fait que l’âge légal pour le consommer est 21 ans et non 18.
« On doit être cohérent et mettre ça à 18 ans, puisqu'on peut se marier à 18 ans, voter, acheter du tabac, devenir alcoolique, mais on ne peut pas acheter son cannabis », dénonce-t-il.
Il pense que si l’âge légal ne change pas, « [il faudrait mettre] la consommation d'alcool également à 21 ans ».
Dans la même logique, M. Blais-Leduc croit que l’État devrait autoriser la publicité accrocheuse pour le cannabis comme c’est le cas pour l’alcool.
« Il y a des publicités d'alcool partout, dans les arénas, les compétitions sportives. Il y a beaucoup de problèmes sociaux liés à l'alcool. Mais pour [les publicités de] cannabis, il faut que ça soit très gris, très [terne] », déplore-t-il.
Il dénonce également le fait que les vendeurs dans les succursales de la Société québécoise du cannabis (SQDC) « n'[aient] pas le droit de promouvoir [leur produit] ».
« [Le vendeur peut] juste répéter ce qui est déjà inscrit sur [l’emballage] », déclare-t-il.
« On peut acheter notre cannabis au Québec, mais c'est très compliqué de le consommer parce que techniquement, c'est interdit sur la voie publique », soutient M. Blais-Leduc.
Les municipalités peuvent toutefois l'autoriser dans leurs parcs et sont chargées d'appliquer une partie de la loi québécoise sur leur territoire. Selon le candidat cette situation peut mener à une application « aléatoire » de la loi.
« Ça ouvre la porte à certaines discriminations de la part des forces de l'ordre. Ils peuvent se servir de ça pour faire du profilage racial [même si] c'est légal de consommer. Dépendamment de si tu as l'air propre ou si tu as la mauvaise couleur », estime-t-il.
Pour cette raison, le candidat souhaite un meilleur encadrement de la consommation dans les lieux publics.
De plus, alors que la loi québécoise interdit actuellement de fumer du cannabis dans les bars et les restaurants, le Bloc Pot veut créer des « cannabistrots ».
Il s’agirait de lieux intérieurs gérés par le gouvernement où la consommation de cannabis serait permise.
« Ça peut mettre encore plus de revenus dans les coffres de l'État. On peut faire beaucoup d’argent en vendant des brioches et du café », soutient le candidat.
Selon lui, ces lieux de consommation serviraient également de lieux d’échange pour les citoyens.
« La consommation de cannabis, c'est une activité de groupe. C'est très social, normalement. Les gens se rassemblent pour fumer ensemble, parler », déclare-t-il.
Le candidat justifie la création des « cannabistrots » en les comparant aux bars qui servent de l’alcool.
« On permet des endroits légaux pour que les gens [prennent] leur consommation. C'est le même principe », résume-t-il.
M. Blais-Leduc croit que le chanvre, une variété de la plante utilisée pour produire le cannabis, est sous-utilisé.
« Avec cette plante magique-là, il y a un gros potentiel […] pour développer une expertise. Avec [le chanvre], on peut tout faire : des textiles, des plastiques, des gaz, des matériaux de construction, de la bouffe », détaille-t-il.
La première étape dans l'industrialisation du chanvre serait, selon lui, la nationalisation du papier de toilette pour en faire un produit « 100 % chanvré et québécois ».
« Ça, c’est mon projet personnel », dit-il avec enthousiasme.
À l’instar d’Hydro-Québec avec l’électricité, tous les Québécois achèteraient les mêmes rouleaux de papier de toilette au même prix.
Le candidat propose de transformer l’industrie des régions qui vivent de la coupe du bois pour créer des emplois dans des champs de chanvre gérés par l’État.
« Dans les régions qui vivent de la forêt, il y a de gros problèmes à cause des tarifs [américains]. Il y a des scieries qui sont en pause parce qu'ils ne peuvent plus vendre [de bois]. […] On pourrait offrir aux travailleurs de se tourner vers le chanvre », propose-t-il.
« On peut littéralement renflouer les coffres de l'État un rouleau à la fois », conclut-il.
Les élections provinciales auront lieu le 5 octobre prochain. Il est possible de vérifier que son nom figure sur la liste électorale en visitant le site d’Élections Québec.
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