Désinformation: la Maison d’Aurore vous invite à aiguiser votre esprit critique

Un atelier vous aidera à reconnaître la désinformation sous toutes ses formes: fausses nouvelles, conseils trompeurs ou contenu truqué généré par l’intelligence artificielle.

La porte d'entrée et le panneau de bienvenue de la Maison d'Aurore.
Fondée en 1976, la Maison d'Aurore a pour mission de briser l'isolement social et d'améliorer la qualité de vie des résidents du Plateau-Mont-Royal. Elle le fait notamment en organisant des activités de toutes sortes, dont des ateliers éducatifs. – photo: Devin Ashton-Beaucage
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La Maison d’Aurore, située dans l’est du Plateau, vous invite à apprendre à départager le vrai du faux dans le contexte d’un atelier sur la désinformation, le lundi 19 janvier.

«L'idée, c'est de présenter de l'information et de s'outiller pour être capable de naviguer en ligne de façon plus sécuritaire, mais en étant plus conscients et conscientes des pièges éventuels à éviter», résume Dominique Leclerc, responsable des communications et du volet d’action citoyenne de la Maison d’Aurore, évoquant l’image du «taekwondo cérébral». 

C’est la journaliste Gabrielle Anctil qui animera l’activité conçue par le Centre québécois d’éducation aux médias et à l’information (CQ·ÉMI). S’intéressant particulièrement aux nouvelles technologies dans le cadre de son travail, elle se dit préoccupée par les enjeux liés à la désinformation. 

«Mon métier, c'est de m'intéresser à la vérité autant que possible; à ce qui peut être vérifiable, confirmé, ce qui repose sur des faits», explique-t-elle. «Malheureusement, ça représente une infime minorité du type d'information qui est véhiculée sur les réseaux sociaux, sur Internet, ou du type d'information auquel les gens vont être confrontés.»

Lors des ateliers, elle prend donc soin d’expliquer la démarche journalistique, qui implique une vérification et analyse rigoureuse de l’information et qui valorise l’esprit critique, l’impartialité et l’équité. Elle incite les participants à s’en inspirer pour se questionner de manière similaire sur les informations qui leur sont transmises. 

«Ça peut aider à faire la distinction entre une vidéo de quelqu'un qui donne des informations sur la santé, mais qui, en fait, a des gugusses à nous vendre, et un article de journalisme scientifique», offre en exemple celle qui a signé plusieurs textes pour Québec Science.

Portrait de Gabrielle Anctil.
En tant que journaliste, Gabrielle Anctil s'intéresse particulièrement à l'urbanisme, l'environnement et les nouvelles technologies. – photo: Julie Artacho

Consciente de l’affaiblissement de la confiance de la population envers les médias d’information, Mme Anctil ajoute qu’il est d’autant plus important de rappeler la mission journalistique dans ce contexte, et de jeter un peu de lumière sur les méthodes de travail. 

Cela dit, elle souligne que les ateliers qu’elle anime ne sont pas uniquement bénéfiques pour les personnes qui y assistent.

«D’entendre les commentaires des gens, puis de comprendre leurs questions, leurs intérêts et ce qu’ils ne comprennent pas, ça me fait réfléchir à la manière dont je pratique mon journalisme», précise-t-elle.

Une formation qui s’adapte

L’atelier sera interactif, avise justement Gabrielle Anctil, qui dit préférer échanger avec les participants tout au long de l’activité que de faire une présentation à sens unique. Elle note que les questions portant sur la fraude – un sujet connexe à la désinformation – sont fréquemment posées. 

Pour ce qui est des sujets traités, la journaliste souligne la qualité de travail du CQ·ÉMI, qui met à jour ses formations en fonction des commentaires des participants et des enjeux d’actualité. 

«Par exemple, on parle d’intelligence artificielle[...] On ne parle pas de se faire envoyer des chaînes de lettres par courriel. C’est un problème d’une autre époque», illustre-t-elle.

Action citoyenne

L’atelier Info ou désinfo? Mode d’emploi fait partie du volet d’action citoyenne de la Maison d’Aurore. 

«On essaie de faire des partenariats avec des organisations qui veulent, soit se faire connaître ou qui ont des choses importantes à dire», indique Dominique Leclerc

Alors que l’atelier de lundi est le fruit d’une collaboration avec le CQ·ÉMI, la Maison d’Aurore avait invité une chercheuse de l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) pour faire une conférence sur la privatisation des services de santé, en décembre. En novembre, c’était l’organisme Eau Secours qui venait parler des impacts des microplastiques.

Mme Leclerc pose devant la porte d'entrée de la Maison d'Aurore.
En plus de son travail à la Maison d'Aurore, Dominique Leclerc œuvre dans les univers du théâtre et du cinéma. – photo: Devin Ashton-Beaucage

«On a de plus en plus de difficultés à départager le vrai du faux, à quoi et à qui on peut faire confiance», souligne Mme Leclerc au sujet de la pertinence de l’atelier sur la désinformation. «On a un grand besoin lié à ça, en ce moment.» 

«Développer des ateliers et des occasions de rencontre et de discussion autour de la littératie numérique, c'est vraiment quelque chose qui me tient à cœur.»  

Cette préoccupation liée aux enjeux technologiques, Dominique Leclerc l’avait déjà avant de se joindre à l’équipe de la Maison d’Aurore, alors qu’elle les explorait au théâtre et au cinéma.

Elle annonce d’ailleurs deux ateliers à venir en février qui exploreront l’emprise des géants du Web sur nos quotidiens, et les manière de s’en défaire.

«Dans les années à venir, ça va être de plus en plus crucial d'avoir des endroits de rencontre, de discussion et de partage, en dehors de ce qui nous est propulsé en ligne», affirme-t-elle, se réjouissant du rôle que la Maison d’Aurore a à jouer à cet égard.


Atelier Info ou désinfo? Mode d’emploi
Lieu: La Maison d’Aurore (4816 avenue Garnier)
Date: Lundi 19 janvier 2026 à 19h
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