La fermeture du Rona Jean Hébert marque la fin de plus d’un siècle de quincaillerie

Après 110 ans, le local situé au 1115, avenue du Mont-Royal Est n’abritera plus de quincaillerie.

M. Marasco se tient debout, devant la vitrine de la quincaillerie. On peut lire «Vente de fermeture - Tout doit être vendu!» sur des affiches à ses côtés.
Gerardo Marasco aura pu témoigner de près de cinq décennies d'histoire de cet espace commercial, qui a fourni des items de quincaillerie à plusieurs générations de résidents du Plateau. – photo: Devin Ashton-Beaucage
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En l’absence de relève, la retraite de Gerardo Marasco sonnera le glas du Rona Jean Hébert à la fin du mois d’avril.

«Ça fait 47 ans que je travaille ici», précise M. Marasco, qui était employé de cette quincaillerie avant d’en devenir propriétaire, vers l'an 2000.

Depuis 1916*, il est la cinquième personne à posséder une quincaillerie située au 1115, avenue du Mont-Royal Est.

À cette époque, une première quincaillerie remplaçait «un magasin de ladies wear», selon les informations rapportées par Gabriel Deschambault, en 2018, dans le Bulletin de la Société d’histoire du Plateau-Mont-Royal

Par la suite, les propriétaires se sont succédé, passant de M. Sylvestre à M. Allard en 1924, puis à Paul-Émile Paquette en 1944, avant que Jean Hébert en fasse l’acquisition.

Une situation «difficile» depuis six ans

Cette succession de propriétaires s’arrêtera cette année, car «depuis la pandémie, ça a été difficile», confie M. Marasco, tout en précisant ne pas avoir eu une baisse des ventes. 

Une instabilité de la main-d'œuvre semble s’être répandue en même temps que le coronavirus. Les employés embauchés avaient tendance à ne pas se présenter à leurs quarts de travail ou carrément renoncer à leur emploi après peu de temps. 

«On était neuf employés avant. Là, on travaille à deux», explique-t-il.

Les nouveaux employés se montraient également inflexibles face aux horaires de fin de semaine ou de soir. C’est une situation difficile et stressante pour les petits commerces du genre, souligne M. Marasco.

«À un moment donné, j’ai décidé de le faire à deux. Je n’ai pas eu de vie depuis six ans», résume le propriétaire en riant.

Bien que l'enseigne Rona trône au-dessus de la vitrine, la quincaillerie située près de l'avenue Christophe-Colomb porte officiellement le nom de son ancien propriétaire, Jean Hébert, depuis 1975. – photo: Devin Ashton-Beaucage

Fin de la lignée des quincailliers

Ayant choisi de tirer sa révérence, M. Marasco dit avoir tenté de revendre le commerce à son tour, cherchant ainsi à poursuivre la lignée lancée par M. Sylvestre, il y a plus d’un siècle. 

Il n’a cependant pas trouvé d’acheteur avec les capacités financières nécessaires pour une reprise et ne renouvellera pas son bail, qui prendra fin en juin.

D’ailleurs, «l’immeuble a été vendu, puis le propriétaire reprend le local», indique-t-il.

Reste à voir maintenant quel commerce mettra fin au règne des quincailleries au 1115, avenue du Mont-Royal Est.

*Il est à noter que la Société d'histoire du Plateau-Mont-Royal indique plutôt 1917-1918 comme période d'ouverture d'une première quincaillerie, contredisant quelque peu les dires de M. Marasco et ce qui est inscrit dans la vitrine de son commerce.

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