Une journée festive de troc de jouets près du métro Laurier
Votre enfant a des jouets qui prennent la poussière? Voici l’occasion de les remplacer à petit prix tout en offrant aux jeunes une expérience éducative sur l’économie circulaire.
Cet organisme de Milton-Parc mise sur les métiers d’art pour soutenir la santé mentale et vend les créations des participants dans sa boutique solidaire et lors de son marché de Noël.
Favoriser l’inclusion sociale de personnes affectées par des enjeux de santé mentale à travers la pratique de métiers d’art, c’est la mission que s’est donnée L’Atelier.
«Il y a six métiers d’art qu’on propose avec des formatrices», explique la directrice générale, Clémentine Lachaud. «On a le tissage, la sérigraphie, la couture, le tricot, le vitrail et la joaillerie.»
En complément, on y offre des services d’accompagnement psychosocial et des ateliers chapeautés par le Centre de ressources éducatives et pédagogiques du Centre de services scolaire de Montréal.

«On ne fait pas de l’art-thérapie», précise la directrice générale. «On prend la personne dans sa globalité et on essaie de l’accompagner avec ses enjeux.»
«Nous utilisons la créativité comme outil de rétablissement, d’autonomie et d’inclusion.»
Selon la documentation scientifique sur laquelle se base L’Atelier, la pratique des arts et de l’artisanat calmerait le système nerveux, réduirait le stress et les sentiments de solitude tout en renforçant la confiance et l’estime de soi.
L’Atelier propose gratuitement trois programmes auxquels ont participé 114 personnes en 2025-2026, dont 84% des femmes.
Selon Clémentine Lachaud, ces programmes forment «une belle continuité dans l’accompagnement» proposé par L’Atelier, ciblant une variété de profils, allant des personnes «très loin du marché du travail» jusqu’à celles qui visent un retour à l’emploi.
Au début de ce spectre, il y a le programme Ren’Art. À raison d’un jour par semaine, on cherche à briser l’isolement social des participants et à renforcer leur estime de soi.
«Pour l’instant, il est autofinancé», indique Mme Lachaud, qui dit vouloir diversifier les sources de soutien pour ses programmes, largement subventionnés par différentes initiatives provinciales.
«On aimerait bien sortir un peu la tête de l’eau et avoir d’autres financements plus privés.»
Ensuite, PAAS-Action (ou Programme d’aide et d’accompagnement social – Action) est offert aux adultes bénéficiaires de l’aide sociale.
On cherche à approfondir les habiletés sociales des personnes qui s’y inscrivent et à les pousser à développer des outils d’organisation personnelle. Elles sont appelées à s’impliquer trois jours par semaine.

Finalement, les participants de Transart cherchent à intégrer le marché du travail ou encore à faire un retour aux études. Ils doivent avoir terminé leur 3e année du secondaire et s’engager à temps plein pendant six mois. Cette période comprend un stage de quatre semaines.
Le rapport 2025-2026 de L'Atelier note que 44% des participants du programme Transart ont effectué un retour en emploi et que 15% d’entre eux sont retournés aux études.
Une journée portes ouvertes liée à Transart est prévue le 11 décembre. Ce sera l’occasion pour les personnes intéressées de découvrir et d’obtenir des détails sur le programme ainsi que sur les différents métiers d’art qui sont pratiqués à L’Atelier.

L’organisme à but non lucratif est en place dans Milton-Parc depuis plus de 50 ans.
D’abord installé dans le bâtiment de la rue Saint-Urbain où se trouve le Centre de loisirs multiethnique Saint-Louis, il occupe depuis 1990 le deuxième étage du 3680, rue Jeanne-Mance. Il s’agit de l’édifice dans lequel se trouvent également les locaux de Montréal, arts interculturels (MAI).
Comme L’Atelier n’a pas de vitrine donnant sur une rue passante, Mme Lachaud aimerait qu’il puisse jouir d’une plus grande visibilité.
Au-delà du recrutement des participants, l’organisme souhaite également créer des liens avec les bailleurs de fonds. «Ça marche comme ça», résume la directrice générale. «Il faut quand même qu’on soit connu par les fondations.»
Elle note au passage que L’Atelier accepte aussi les dons de matériel liés aux métiers d’art qui sont pratiqués dans ses locaux.


Une variété d'items conçus par les participants de L'Atelier sont vendus à la boutique de l'organisme. – photos: Devin Ashton-Beaucage
La boutique solidaire de l’organisme gagnerait aussi à être mieux connue, estime Mme Lachaud. Ce sont «des produits quand même hyper originaux, qui sont créés par des participants qui essaient de se réinsérer. C’est beau!», explique-t-elle.
«Ce sont des prix vraiment solidaires, poursuit Mme Lachaud. On ne se fait pas énormément de marge dessus. Le but, c’est aussi de montrer que ce qu’ils font, c’est vendu. C’est beaucoup de fierté pour eux et pour nous.»
En plus de la boutique, ouverte pendant la journée, du lundi au vendredi, L’Atelier prépare un marché de Noël, qui se tiendra du 25 au 27 novembre. Les participants de programmes seront d’ailleurs impliqués dans l’organisation de l’événement, notamment en ce qui concerne les petites bouchées qui y seront offertes, de la conception à la confection, en passant par l’achat d’ingrédients.
«Ça fait partie des habiletés sociales qu’on essaie de développer avec eux, de leur donner des petits projets à gérer», explique Mme Lachaud.
D’autre part, la directrice générale aimerait pouvoir varier ses partenariats avec d’autres organismes, institutions ou artistes. Elle évoque aussi l’idée de partager les espaces de L’Atelier, qui ne servent pas en tout temps.

Pour faciliter l’atteinte de tous ces objectifs, Clémentine Lachaud lance un appel à la collaboration :
«On cherche un porte-voix. Ce serait vraiment génial d’avoir quelqu’un d’un peu connu et de faire connaître L’Atelier un peu différemment.»
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