Les Dragons font voler la robotique au-delà des murs de l’école Jeanne-Mance

Champion provincial en 2024, le club de robotique de cette école secondaire du Plateau partagera cet été ses connaissances avec les jeunes du quartier.

Prise de vue de proximité du robot qui repose sur une table. Les fils et autres pièces attachées à la structure sont bien visibles.
Un robot en forme de cygne sur lequel travaillent Les Dragons. Il a été présenté lors d'un 5 à 7 où les parents des élèves ont été informés des projets de l'équipe. – photo: Devin Ashton-Beaucage
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Créée en 2011, l’équipe des Dragons de l’école secondaire Jeanne-Mance fabrique ses propres robots avec lesquels elle part en compétition. 

En 2024, elle devenait championne provinciale, en remportant le Défi Techno FIRST. Cette victoire l’avait propulsée jusqu’à Houston, où elle avait pu se mesurer à d’autres équipes venues de partout dans le monde.

«On est en constante amélioration», affirme Yann Le Chevoir, développeur logiciel chez CAE, qui assume bénévolement le rôle d’entraîneur des Dragons depuis six ans.

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Une mascotte robot danse devant les terrains de compétition.
L'école secondaire Jeanne-Mance avait accueilli le Défi Techno FIRST en février 2025. – photo: Devin Ashton-Beaucage

Une équipe qui grandit 

Aujourd’hui, les Dragons veulent relever un défi d’une taille plus imposante, c'est-à-dire de remporter la Compétition de robotique FIRST en 2027. L’édition 2026 se tiendra au Centre de finition Laurent Beaudoin de Bombardier, du 9 au 11 avril. Les robots à concevoir dans ce contexte sont plus imposants et puissants que ceux du Défi Techno FIRST.

«On est allé chercher beaucoup de recrues», souligne M. Le Chevoir. L’équipe comprend maintenant une vingtaine de membres. 

Jasmine Bourgeois fait partie des nouveaux venus. L’année dernière, elle s’était impliquée dans un programme de conception de robots en Lego, destiné aux élèves de 1re et 2e années du secondaire. Au mois de mai, elle a été introduite à l’univers de la Compétition de robotique FIRST. 

«Ça m’a hook! J’ai vraiment trippé sur ça.»

Les deux posent dans un local de techno de l'école secondaire.
Santiago et Jasmine font partie de la relève des Dragons. – photo: Devin Ashton-Beaucage

Un autre membre, Santiago Archundia Mendieta, explique s’être joint au club alors que plusieurs membres de sa famille s’y connaissent en mécanique automobile. 

«J'avais toujours été intéressé d'apprendre à faire des choses comme ça – comme on le fait ici», explique-t-il.

​​Qu’est-ce que le mouvement FIRST?


Acronyme de «Favoriser l'Inspiration et la Reconnaissance des Sciences et de la Technologie», il s’agit de compétitions qui initient les jeunes aux sciences par le biais de la robotique. 


La branche québécoise de ce mouvement, Robotique FIRST Québec, a officiellement vu le jour en 2010.


On y offre un parcours composé de trois programmes:


  • La Ligue LEGO FIRST, destinée aux enfants de 4 à 14 ans, les initie à la résolution de problèmes réels en construisant et en programmant des robots LEGO.

  • Le Défi Techno FIRST permet à des jeunes de 12 à 18 ans de construire, programmer et piloter des robots conçus à partir de kits réutilisables.

  • La Compétition de robotique FIRST, niveau le plus avancé, s'adresse aux 14 à 18 ans. Les équipes construisent des robots de taille industrielle.


Des anciens Dragons devenus mentors

«Notre force, c’est d’aller chercher des anciens pour nous aider à développer de nouveaux projets», explique l’entraîneur. 

L’équipe peut ainsi compter sur les connaissances de ses ex-membres, qui ont terminé leurs études secondaires.

C’est le cas de Sophiane Diakité, qui a fait partie des Dragons de 2020 à 2023. À sa dernière année, elle s’était d’ailleurs vue décerner le Prix leadership, au Festival de robotique.

Mme Diakité pose devant quelques membres et parents des Dragons.
Ayant quitté les bancs de l'école Jeanne-Mance, Sophiane Diakité revient épauler son ancienne équipe de robotique en tant que mentore. – photo: Devin Ashton-Beaucage

«Ce qui m'a permis de gagner, c'est que je voulais aider les jeunes de demain à rejoindre les sciences, mais surtout les filles», précise-t-elle.

Bien qu’ayant déjà un attrait pour les sciences en général, Mme Diakité indique que son expérience de robotique à l’école Jeanne-Mance l’a aidée à s’orienter. 

«J'ai vu qu'il y avait des affaires qui étaient vraiment le fun, surtout le côté mécanique», raconte celle qui étudie aujourd’hui en génie mécanique au Cégep du Vieux Montréal. 

Elle envisage de mettre cette expertise à profit dans le secteur de la biomédecine ou celui des transports collectifs.

Un premier camp en robotique animé par les Dragons

Les Dragons souhaitent également faire déborder leur engagement du cadre parascolaire: ils partageront leurs connaissances pour un tout premier été au camp de jour du Centre Sablon. 

Ce dernier cherchait à bonifier son programme lié aux sciences, à la technologie, à l’ingénierie et aux mathématiques.

Ariane Lévesque note que le camp de robotique est unique à Montréal. – photo: Devin Ashton-Beaucage

«Très rapidement, on s'est rendu compte que, juste à côté de chez nous, on avait un énorme et fabuleux club de robotique», raconte Ariane Lévesque, coordonnatrice à l’animation au Centre Sablon, dont l’infrastructure est carrément liée à celle de l’école Jeanne-Mance. 

«Il y a un intérêt énorme dans le quartier!», souligne-t-elle, notant que tous les groupes de 6 à 8 ans et de 9 à 11 ans se sont remplis rapidement à l’occasion de cette première collaboration. 

Le camp de jour versera 2000$ par semaine aux Dragons, dont la moitié servira à rémunérer les membres qui animeront les ateliers. L’autre moitié sera vouée aux besoins de l’équipe au cours de l’année scolaire suivante. 

Même si le programme de robotique du camp de jour du Centre Sablon est déjà complet, les enfants montréalais auront d’autres occasions pour participer à des ateliers animés par des membres des Dragons. 

Des partenariats avec le YMCA et la Maison des jeunes l’Imagerie, située à l’intersection des rues Marie-Anne et de Mentana, ont été créés. Les animateurs des Dragons s’y rendront avec les kiosques et les robots éducatifs qu’ils ont conçus. 

Ces collaborations ont été rendues possibles grâce au soutien financier de 50 000$ du programme Par et pour les jeunes, de la Ville de Montréal.

M. Le Chevoir gesticule derrière le robot en forme de cycne et devant quelques élèves.
Yann Le Chevoir en pleine présentation, lors du 5 à 7 des Dragons. – photo: Devin Ashton-Beaucage

Un modèle à reproduire

Yann Le Chevoir veut reproduire les expériences des Dragons ailleurs dans le réseau scolaire montréalais. 

En 2023, il a fondé l’organisme à but non lucratif ÉducHTech avec l’objectif en tête d’éventuellement soutenir d’autres équipes. Le modèle de mentorat rémunéré des anciens membres et d’implication communautaire serait donc appliqué dans ces nouveaux contextes.

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