Un atelier gratuit pour reconnaître et déjouer la fraude
La fraude, ça n’arrive pas qu’aux autres. Il s’agit là du nom d’un atelier qui sera offert gratuitement à la bibliothèque du Plateau-Mont-Royal, le lundi 19 janvier.
«L'objectif de l'atelier, c'est de permettre aux personnes qui vont y participer de définir le concept de fraude, de nommer les principales caractéristiques de ces cas et d’indiquer la démarche à suivre pour signaler une fraude», résume Eva D’Alena, coordonnatrice de projets à Éducaloi.
Il s’agit de l’organisme qui a conçu l’atelier en question, qui a été commandé par la bibliothèque du Plateau et sera animé par un juriste bénévole.
Les «cas» évoqués par Mme D’Alena sont six stratagèmes courants, qui passent par les rencontres amoureuses, l'hameçonnage, les achats en ligne, des occasions d’investissement, la mise en scène de proches en détresse ou encore, qui ciblent les nouveaux arrivants.
Des scénarios fictifs illustreront certaines de ces tactiques de fraude. Par exemple, les participants pourraient se pencher sur des histoires où la séduction est employée pour soutirer de l’argent à la victime.
Les fraudes de type romantique arrivent d’ailleurs au troisième rang des procédés ayant mené aux plus grandes pertes financières au pays en 2024 (59 millions $), selon le Rapport statistique annuel du Centre antifraude du Canada.
C’est la fraude à l’investissement qui arrive toutefois au premier rang, avec des pertes totales de 313 millions $, et de 78 000$ par victime, en moyenne. Cette stratégie comprend typiquement des occasions d’investissement où l’on fait miroiter des rendements hors normes, mais où les sommes investies finissent essentiellement par disparaître.
Pour ce qui est de la catégorie des achats en ligne, il s’agira souvent de situations où les produits commandés ne sont jamais livrés ou ne correspondent pas aux caractéristiques affichées.
Du côté de l’hameçonnage, les fraudeurs recourent à des moyens d’usurper des informations sensibles à leurs victimes, comme des noms d’utilisateurs et des mots de passe, en leur faisant parvenir des liens vers des pages de connexion semblables à celles de leur gestionnaire de courriel ou de leur institution financière, par exemple.
Un phénomène de plus en plus coûteux
«Quand on va en événement pour distribuer des guides d'information sur la fraude, je remarque que ça touche beaucoup de gens, et de plus en plus», observe Mme D’Alena.
Les bibliothèques du Plateau disent également être fréquemment sollicitées pour des questions liées à la fraude, ce qui explique en partie l’inclusion de l’activité au programme.
Les données du Centre antifraude indiquent d’ailleurs une augmentation des pertes totales au pays, passant de 165 millions $, en 2020, à 644 millions $, en 2024.
«On choisit des sujets qui sont, on espère, les plus pertinents pour le public», poursuit Eva D’Alena, notant la vocation d’éducation juridique d’Éducaloi. «On est là pour donner de l'information, vulgariser au grand public, donc aux citoyens québécois, par différentes manières, et notamment en animant des formations.»
Le site d’Éducaloi propose d’ailleurs une variété de ressources, dont une page sur les démarches à suivre à la suite d'un cas de fraude ou encore un jeu-questionnaire portant sur la fraude.
Atelier La fraude, ça n’arrive pas qu’aux autres
Lieu: Bibliothèque du Plateau-Mont-Royal (465, avenue du Mont-Royal Est)
Date: Lundi 19 janvier 2026 de 13 h 00 à 14 h 30
Inscription obligatoire