Victoria Piscina, une «citoyenne engagée» pour la culture et l’itinérance
La candidate du Parti québécois dans la circonscription de Westmount–Saint-Louis fait de la culture, «notre bien commun», et de la lutte contre l'itinérance ses priorités.
La candidate du Parti québécois dans la circonscription de Westmount–Saint-Louis fait de la culture, «notre bien commun», et de la lutte contre l'itinérance ses priorités.
Victoria Piscina, la candidate du Parti québécois dans Westmount–Saint-Louis, s’est découvert un intérêt pour l’histoire du Québec et de la Nouvelle-France dès son arrivée à Montréal, en 2019.
Celle du chef odawa Obwandiyag, aussi connu sous le nom de Pontiac, l’a particulièrement marquée. Ce dernier a mené une alliance de peuples autochtones dans une rébellion contre le régime britannique en 1763, après la chute de la Nouvelle-France.
«Cet homme a unifié les tribus, a combattu et il apprend du jour au lendemain que ses “frères français”, comme il le disait, ne vont pas revenir. Cette histoire m’a bouleversée», confie la candidate péquiste, qui n’avait jamais abordé l’histoire néo-française lorsqu’elle était sur les bancs d’école en France.
En découvrant de tels récits du passé, elle dit avoir compris «la complexité des rapports entre Anglais et Français» et, par extension, la quête d’indépendance du Québec.
«Faire du Québec un pays serait pour moi un exemple que l’on pourrait donner au monde. Malgré les affres du passé, on peut établir une société un peu plus juste», explique-t-elle.
Elle souligne toutefois qu’il ne s’agit pas d’un projet revanchard. «On n’en est plus là. On évolue.»
Mme Piscina a traversé l’Atlantique pour «changer de vie». Malgré qu’elle se soit d’abord trouvé un emploi du côté de Toronto, où elle a notamment prêté sa voix aux contenus de TFO, elle dit n’avoir jamais quitté la métropole québécoise depuis son arrivée.
«Je suis tombée en amour de Montréal.»
En 2022, elle a été embauchée par les Productions J, pour qui elle travaille maintenant en tant que directrice de postproduction.
«Malheureusement, je n’habite pas dans la circonscription», confie-t-elle au sujet de Westmount–Saint-Louis. Sa résidence se trouve plutôt dans Rosemont–La Petite-Patrie. «Mais, plus je découvre les habitants de Milton-Parc, plus je me dis que j’aimerais bien y vivre.»
C’est l’engagement communautaire dans le quartier qui l’a poussée à qualifier ceux qui s’impliquent de «héros du quotidien».
«J’ai découvert un milieu associatif vraiment tissé serré», poursuit la candidate, évoquant le «grand repas de ruelle» annuel qu’est la Fête des voisins avec un éclat dans les yeux.

Pour ce qui est de la circonscription en général, c’est la «grande diversité» démographique, mêlant anglophones, francophones, allophones et Autochtones, qui capte son intérêt. «C’est un peu comme un petit Québec.»
Mme Piscina estime que la culture représente un point de convergence pour les différentes communautés de Westmount–Saint-Louis, dont celle de Milton-Parc. «C’est notre bien commun. On a tous envie de la protéger», affirme-t-elle, disant qu’il s’agit d’un «enjeu principal» pour elle.
Le Parti québécois (PQ) souhaite doter le Conseil des arts et des lettres du Québec de 200 millions $ en crédits au cours des cinq prochaines années. Mme Piscina note aussi la formule «deux pour un» que son parti veut instaurer dans les espaces culturels. Celle-ci s’appliquerait aux 25 ans et moins qui pourront obtenir un second billet gratuitement dans un même lieu.
La formation promet également de réinstaurer l’accès gratuit aux musées une fois par mois.
«La culture est ce qui nous rend sensibles, et c’est peut-être notre part de divin. En tout cas, c’est quelque chose qui nous élève.»

Victoria Piscina est consciente de la cohabitation difficile entre l’organisme de soutien aux personnes en situation d’itinérance, La porte ouverte Montréal, et plusieurs résidents de Milton-Parc.
«C'est un petit peu complexe parce qu'ils font quelque chose pour les itinérants, mais en même temps, ce n'est pas dans les règles de l'art. Ça crée d'autres problèmes, à la fois pour la sécurité des itinérants, mais aussi pour les riverains», analyse-t-elle, disant espérer pouvoir trouver des solutions.
«C’est sûr que l’itinérance sera une priorité.»
Le Parti québécois a d’ailleurs l’ambition de faire diminuer de 50% le nombre de Québécois en situation d’itinérance d’ici 2030. Il propose d’investir 1 milliard $ sur quatre ans en prévention et en programmes sociaux, ainsi que dans la création de logements adaptés.
Au niveau du coût de la vie, la candidate péquiste note que les prix à payer sont «tributaires d’un tas de facteurs» difficilement contrôlables depuis Québec, comme la fermeture du détroit d’Ormuz.
«Des solutions miracles, je ne pense pas qu’il y en ait», concède-t-elle, disant ressentir elle-même les effets dans sa vie. «Des fins de mois difficiles, je sais ce que c’est.»
Le Parti québécois propose tout de même d’éliminer la taxe provinciale de vente sur les biens usagés et d’investir 100 millions $ annuellement en aide alimentaire. Il abaisserait également la TVQ sur l’essence de manière temporaire et offrirait des remboursements à certains Québécois pour leurs dépenses en carburant.
Victoria Piscina s’oppose au projet de loi 20 qu’avait proposé le gouvernement de la Coalition avenir Québec et qui serait venu centraliser la sélection des membres des coopératives d’habitation et imposer un seuil de revenu maximal s’il n’avait pas été abandonné en juin.
«Je ne serais pas du tout pour réformer», réagit la candidate péquiste, estimant que la gestion autonome des coops se passe «relativement bien».
«S’il fallait revoir certaines choses, je le ferais en priorité avec ces acteurs du milieu des coopératives», poursuit-elle, disant plutôt vouloir être à l’écoute des besoins des membres.

Questionnée au sujet de l’avenir des bâtiments de l’école FACE, sur la rue University, et de l’Hôtel-Dieu de Montréal, Mme Piscina dit ne pas être en mesure de répondre au nom de sa formation politique. Elle démontre toutefois un attachement à ces structures qu’elle lie au dossier de la culture, qui lui tient à cœur.
«C’est notre patrimoine architectural. Ce sont, pour moi, des bâtiments qui devraient être protégés, et on devrait bien évidemment faire en sorte que l’on puisse avoir les moyens de conserver ces édifices et de les réhabiliter ou de les réadapter, avec le concours de la philanthropie ou pas», indique-t-elle, se questionnant du même coup sur les manières de rendre des fonds disponibles.
«Malheureusement, je ne peux pas m’engager. J’aimerais tellement pouvoir le faire», avoue-t-elle au sujet d’un éventuel retour permanent des élèves de l’école FACE au 3449, rue University.
Le gouvernement de la CAQ avait abandonné un projet de rénovation du bâtiment, dont l’évaluation des coûts avait bondi à 375 millions $ en avril 2025.
«J’ai rencontré des élèves, et on sent que le cursus culturel leur donne une sensibilité supplémentaire; une curiosité, aussi», rapporte Victoria Piscina en évoquant la vocation artistique de l’école.
Pour aider les citoyens de Milton-Parc à accéder à des soins de santé, Mme Piscina se fie au plan du PQ qui prévoit de bonifier les services offerts en CLSC.
Ainsi, la population québécoise aurait un meilleur accès à la première ligne des soins de santé. «Cette première ligne plus forte permettrait de mieux redistribuer les personnes aux bons endroits», renchérit la candidate, notant que la mesure aurait aussi pour effet de désengorger les urgences.
À titre personnel, Victoria Piscina dit souhaiter un renforcement des droits des animaux. Elle associe d’ailleurs cette ambition au «vivre-ensemble québécois», qu’elle qualifie d’«exemple à donner au monde».
«En tant qu’être humain, ce serait quelque chose qui, je pense, serait important.»
Autrement, Mme Piscina s’identifie comme étant une «citoyenne engagée», qui s’est d’abord proposée comme bénévole au Parti québécois avant de se joindre à son équipe de candidats. Elle souhaite apporter une vision «plus humaine» à la politique.
«J’ai beaucoup de choses à apprendre. J’en suis consciente», reconnaît-elle, soulignant toutes les informations qu’elle a déjà à absorber en tant qu’immigrante.
«La réalité de la plupart des gens et du peuple, je la vis. Je l’ai vécu.»
«Je me sens proche du peuple. J’en fais partie.»
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