Itinérance, propreté, référendum: ce que révèle le rapport de l'ombudsman sur Le Plateau
Le dernier rapport de l'ombudsman de Montréal s’est penché sur trois enjeux qui ont marqué l’arrondissement en 2025.
Le dernier rapport de l'ombudsman de Montréal s’est penché sur trois enjeux qui ont marqué l’arrondissement en 2025.
En 2021, l’ombudsman de Montréal publiait son rapport d’enquête Ne pas détourner le regard, qui signalait une crise humanitaire dans Milton-Parc, intimement liée à la crise de l’itinérance.
Dans son nouveau rapport, l’ombudsman reconnaît les actions posées depuis, mais conclut néanmoins que «l’intensité et la complexité des enjeux se sont accrues».
Les ressources pour personnes en situation d’itinérance «sont insuffisantes et mal adaptées», tranche Me Nadine Mailloux. Le constat est similaire en ce qui concerne les services de première ligne du réseau de la santé et des services sociaux.
Le rapport 2025 note que 25% à 30% des crimes contre la personne dans l’arrondissement ont été commis à Milton-Parc, alors que le quartier ne représente que 10% de la population totale du Plateau-Mont-Royal.
Une «forte augmentation» de vente de crack, l’exploitation sexuelle de femmes inuites et la migration d’activités criminelles en provenance d’autres secteurs de la ville ont été soulignées.
«Plusieurs résidents évitent désormais certains lieux névralgiques ou envisagent de quitter le secteur.»

Le chef du poste de quartier 38 du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Sylvain Malo, dit avoir déjà mis son plan d’action en œuvre pour répondre aux enjeux soulignés par l’ombudsman.
Les patrouilles à pied et à vélo seront bonifiées cet été dans Milton-Parc, ce qui est réclamé dans le rapport. L’équipe Écoh du SPVM, spécialisée en cohabitation et en gestion de stupéfiants, est aussi présente sur le territoire depuis plus d’une semaine.
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«Elle veut qu'on fasse la lutte à la traite de personnes et aux agressions sexuelles», note le commandant Malo au sujet de ses échanges avec Me Mailloux.
Ses patrouilleurs ont donc monté un programme en ce sens, cette année, et vont à la rencontre de femmes autochtones dans le secteur, tous les mois.
«On veut gagner leur confiance et les sortir de ces milieux-là.»
Dans son dernier rapport, l'ombudsman s'est aussi penchée sur des enjeux plus quotidiens, comme la propreté des rues.
Malgré les fréquentes plaintes citoyennes liées à la malpropreté lors des conseils d’arrondissement, Me Nadine Mailloux a souligné un cas qui donne davantage espoir en la possibilité d’amélioration d’une situation frustrante.
Après qu’une citoyenne se soit plainte des odeurs émanant des bacs à ordures d’un restaurant voisin, ainsi que des déchets et de la vermine qui se sont retrouvés sur son terrain, l’arrondissement est intervenu.
Le restaurateur a été avisé que ses bacs doivent être cadenassés et environ 90 inspections ont été effectuées entre janvier et août.
Hormis quelques rappels à l’ordre, la gestion des ordures a été jugée essentiellement conforme.
«Aucune vermine n’est observée. Lors de notre visite, à l’occasion d’une journée chaude, nous ne constatons pas d’odeur particulière. La citoyenne confirme une amélioration de la situation», conclut le rapport de l’ombudsman.
Le rapport 2025 de l’ombudsman a également souligné un manque de communications et d’accompagnement en lien avec le processus référendaire.
Dans le cas étudié ici, les résidents pouvaient se prononcer sur la modification de règles d’urbanisme dans leur secteur. Leur demande de participation à un référendum a cependant été refusée.
Le rapport note que des signatures ont été invalidées à tort dans ce processus, dû à une confusion entourant la possibilité d’inclure des personnes morales.
«Cela dit, nous notons que, même si ces signatures avaient été acceptées, le seuil requis pour l’ouverture d’un registre dans la zone concernée n’aurait pas été atteint», souligne le rapport.
L’arrondissement s’est engagé «à se doter d’un guide interne» sur l’encadrement des demandes référendaires et s’est montré ouvert à la mise en place d’un formulaire type pour mieux gérer les signatures.
Ces trois dossiers ne représentent qu'une partie du travail accompli par le bureau de l'ombudsman dans le Plateau en 2025.

Depuis deux ans, le nombre de dossiers ouverts par le bureau de l’Ombudsman et liés au Plateau-Mont-Royal se situe sous la barre des 90.
La pandémie de Covid-19 avait semblé stimuler la quantité de demandes et de plaintes reçues, alors qu’elles sont passées de 85 à 138, entre 2019 et 2020.
Le Plateau-Mont-Royal : Plaintes et demandes d'information à l'ombudsman de Montréal depuis 2019
Sources : Rapports annuels de l'Ombudsman de Montréal, 2019-2026
Quatorze nouvelles enquêtes ont émané des quatre-vingt-sept dossiers ouverts l’année dernière:
À ces quatorze nouvelles enquêtes s’ajoutent six autres de l’année précédente, qui n’ont pas encore été closes. Le délai moyen de traitement en 2025 était de 102 jours.
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