Les travaux de la Ville n’affecteront pas la saison de Jardins pour tous
Les Jardins Notman ainsi que les Jardins du Monde et des Premières Nations pourront demeurer en place. Des travaux de remplacements d’entrées d’eau ont été reportés en 2027.
Les Jardins Notman ainsi que les Jardins du Monde et des Premières Nations pourront demeurer en place. Des travaux de remplacements d’entrées d’eau ont été reportés en 2027.
Jardins pour tous peut souffler. Après quelques jours de craintes pour les installations et activités de l’organisme, les travaux prévus par la Ville qui les menaçaient ont été repensés.
«C’est un grand soulagement! Nous pouvons donc poursuivre nos activités cette saison, sans impact sur nos jardins», s’est réjouie Geneviève Dubé, dans un courriel envoyé aux abonnés de Jardins pour tous, mardi.
La fondatrice et responsable de la mobilisation citoyenne de l’organisme communautaire voué au verdissement et à l’agriculture urbaine dans Milton-Parc avait lancé une campagne pour éviter la perte des Jardins urbains Notman et des Jardins du Monde et des Premières Nations.
Ceux-ci se trouvent dans une zone de la rue Milton, située entre le boulevard Saint-Laurent et l’avenue Jeanne-Mance, où un projet de remplacement des entrées d’eau en plomb était prévu.
Disant avoir appris la nouvelle le 7 août, Mme Dubé a placé des affiches et fait des efforts de communication avec la population du quartier Milton-Parc et des élus locaux pour éviter le démantèlement des deux jardins.
«Ça nous a donné un gros stress», relate-t-elle.
Une pétition lancée en ligne le 8 août pour éviter un tel scénario avait récolté plus de 200 signatures au moment d’écrire ces lignes.

On y demandait également la protection et la préservation des «terrains pour un usage communautaire» et un soutien financier de l’«initiative d’agriculture urbaine et de cohésion sociale» par la Ville.
Une rencontre avec des représentants de la Ville, de l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal et l’entreprise embauchée pour effectuer les travaux s’est ensuite tenue le 10 août.
Face aux «préoccupations soulevées» par Jardins pour tout, il a été convenu que les travaux ne toucheraient plus au tronçon situé entre les rues Saint-Urbain et Clark, où se trouvent les bacs et végétaux de l’organisme, explique Hugo Bourgoin, relationniste média à la Ville de Montréal.
«Le remplacement des entrées de service en plomb de ce secteur sera intégré à un projet de l'arrondissement prévu en 2027.»

Selon les informations qui s’étaient initialement rendues jusqu’à Geneviève Dubé, les travaux allaient être lancés en l’espace de dix jours.
Le démantèlement des deux jardins aurait mis en péril la douzaine d’activités encore prévues par l’organisme d’ici l’automne, dont des visites de camps de jour, ainsi que les salaires de ses deux employés.
«Si on coupe tout un mois d’activités, je ne peux pas offrir des conditions qui ont du sens», souligne Mme Dubé.
Elle dit toutefois avoir été soutenue par les élus du Plateau-Mont-Royal dans le processus de contestation. Elle rapporte aussi que les bailleurs de fonds de Jardins pour tous ont dit être prêts à poursuivre le financement de l’organisme, malgré la baisse d’activité qu’auraient pu engendrer les travaux.
«On a eu une grosse peur», note-t-elle à ce sujet.
De plus, Mme Dubé ne savait pas si Jardins pour tous allait devoir assumer les frais de déplacement de ses bacs et végétaux de la rue Milton.
«Si je me retrouve avec une facture de 25 000$ pour déplacer les bacs, on ferme», résume-t-elle.
Heureusement pour Jardins pour tous, le scénario d’un démantèlement précipité ne s’est pas réalisé. L’organisme pourra poursuivre ses activités habituelles pour le reste de sa saison.
Les enjeux de consommation et de santé mentale, qui affectent particulièrement Milton-Parc, ajoutent du poids aux tâches quotidiennes de l’équipe de Jardins pour tous, avise Geneviève Dubé.
Elle estime que les symptômes ont augmenté au fil du temps. L’ombudsman de Montréal lui donne d’ailleurs raison dans son dernier rapport.
«Cette semaine, ça fait deux fois que je prends quelqu’un qui a pris du crack, en boule, dans mon jardin», illustre Mme Dubé. «On est trop petit comme entreprise pour avoir à gérer des choses comme ça.»
Elle souhaiterait un financement stable, à la mission, afin d’offrir des moyens plus solides à Jardins pour tous, dont l’un des objectifs est de renforcer les liens communautaires dans le quartier.
En plus des jardins de la rue Milton et de ses efforts de collaboration avec des personnes vulnérables et marginalisées, Mme Dubé rappelle ses autres projets de serres, de toit vert, de ruelle verte ainsi que le parcours fruitier de l’avenue du Parc, qui sont venus végétaliser Milton-Parc.
«Les organisations sont très vulnérables dans le quartier. On subit une pression qui est importante», poursuit la fondatrice. En parallèle aux ateliers offerts par Jardins pour tous, «il faut gérer les problèmes de cohabitation», précise-t-elle, parlant de seringues, de violence et de vols.
Malgré une présence accrue de la police et de l‘Équipe mobile de médiation et d'intervention sociale (ÉMMIS) dans le secteur, elle dit s’y sentir de moins en moins à l’aise.