Le Plateau dresse un bilan de ses interventions dans Milton-Parc

L’arrondissement a présenté près de 40 mesures pour améliorer la sécurité et la propreté du quartier.

Vue sur l'avenue du Parc, en direction nord, au coucher du soleil, à partir d'un point près de l'intersection Sherbrooke. On peut voir une murale colorée.
«Nous sommes conscients des enjeux qui restent à surmonter dans Milton-Parc», a souligné en début de présentation, lundi, Roch Langelier, qui est notamment directeur du développement social au Plateau-Mont-Royal. – photo : Devin Ashton-Beaucage
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Comme souligné récemment par l’Ombudsman de Montréal, la situation ne semble pas s’améliorer dans Milton-Parc. Alors que le petit quartier est surreprésenté en matière de criminalité par rapport au reste du Plateau, ses résidents se plaignent d’enjeux liés à la salubrité et à la vermine. Certains craignent aussi la disparition de commerces locaux.

«C’est un quartier dans lequel on souhaite s’investir davantage et surtout pouvoir travailler en concertation avec l’ensemble des services», a déclaré la mairesse du Plateau-Mont-Royal, Cathy Wong, lundi, lors de la dernière séance mensuelle du conseil d’arrondissement.

Les directions de l’arrondissement ont donc été invitées à présenter en début de séance un résumé des actions entreprises pour améliorer la sécurité, propreté et vitalité de Milton-Parc.

Un homme en discussion avec une policière tient un dépliant de la main gauche, alors que son bras droit transporte un sac d'épicerie et une baguette.
Des agentes du SPVM s'étaient installées aux Galeries du Parc, au août 2025, pour présenter le programme Ensemble pour notre quartier du poste de quartier 38. – photo: Devin Ashton-Beaucage

Rendre le secteur plus sécuritaire et «donner une vie meilleure»

«Vous savez, assurer la sécurité dans Milton-Parc, ce n’est pas une mince tâche», a confié le chef du poste de quartier (PDQ) 38 du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Sylvain Malo. 

Remerciant partenaires et collaborateurs, dont certains citoyens, le commandant Malo a rappelé l’existence du programme Ensemble pour notre quartier, qui permet à la population de transmettre des informations non urgentes à la police locale.

Le PDQ 38 a aussi bonifié la présence de ses équipes dans Milton-Parc. Un poste axé sur l’itinérance dans le secteur a été créé pour l’agente sociocommunautaire Belisle Tir, de même qu’une équipe locale d’enquête dédiée à la lutte contre la criminalité.

Répondant à une recommandation de l’Ombudsman de Montréal, qui avait noté l’exploitation sexuelle de femmes dans le secteur, le chef du PDQ 38 a également souligné la mise sur pied d’une  «Journée des femmes».

«Une fois par mois, nos agents communautaires, nos patrouilleurs à pied, vont rencontrer des femmes pour essayer de tisser des liens de confiance, puis tenter de les sortir des griffes des proxénètes et de leur donner une vie meilleure», a-t-il expliqué.

Le commandant Malo s’est aussi dit «fier» des patrouilles mixtes où agents du SPVM et intervenants du réseau de la santé parcourent le territoire dans le but de s’attaquer aux enjeux de dépendances aux drogues et à l’alcool.

Les deux agents posent dans un parc Jeanne-Mance enneigé, parmi les participants du carnaval.
L'agente sociocommunautaire Belisle Tir et le commandant Sylvain Malo, à la deuxiéme édition du Carnaval du parc Jeanne-Mance, en février. – photo: Devin Ashton-Beaucage

Le chef du PDQ 38 a également rappelé la tenue de son Carnaval du parc Jeanne-Mance, un événement annuel qui permet de tisser des liens avec des membres en situation d’itinérance de la population autochtone.

Ralentir la circulation sur l’avenue du Parc

«On sait très bien que l’avenue du Parc, c’est un des grands éléments qui est problématique au niveau du quartier Milton-Parc», a signalé de son côté Jean-François Morin, directeur du développement du territoire et des études techniques au Plateau-Mont-Royal. 

Puisque l’avenue du Parc fait partie du réseau artériel de la Ville de Montréal, le pouvoir d’intervention de l’arrondissement pour ralentir la circulation est limité. «On a fait le maximum qu’on peut faire au niveau de la signalisation et du marquage», a toutefois souligné M. Morin. 

L’espace des voies des véhicules a été réduit et des «radars éducatifs» ont été installés dans l’espoir d’inciter les automobilistes à ralentir.

D’autre part, les feux de circulation ont été intentionnellement désynchronisés. 

«Normalement, on fait plutôt de la synchronisation des feux, mais, dans ce cas-ci, on a fait une désynchronisation pour réduire encore une fois la vitesse de transit et augmenter le sentiment de sécurité», a expliqué le directeur.

Jean-François Morin prend la parole. À sa gauche, à la même table, se trouvent François Doré et Roch Langelier.
Les directeurs du Plateau-Mont-Royal ont présenté les efforts de leurs équipes, sur différents fronts, dans Milton-Parc. – photo: Devin Ashton-Beaucage

Des ruelles plus éclairées et des caméras de sécurité

M. Morin a aussi avisé que, pour éviter «des enjeux de sécurité», le site où se trouvait autrefois le dépanneur Ultra, dont la devanture du bâtiment est en retrait, a été clôturé. Deux lampadaires ont été ajoutés à la ruelle, qui se trouve derrière l’immeuble de l’avenue du Parc, entre les rues Sherbrooke, Milton et Jeanne-Mance. 

L’éclairage de la ruelle publique adjacente au 55, rue Sherbrooke Ouest, où sera relocalisé dans les prochaines années le refuge PAQ2 de Projets autochtones du Québec, a aussi droit à une bonification.

Du côté du SPVM, Sylvain Malo a indiqué que «trois ou quatre sites» étaient sous évaluation pour l’installation de caméras de sécurité publique. 

Le chef du PDQ 38 a également annoncé son intention de «travailler avec l’Université McGill» afin de répondre à des plaintes visant la gestion des déchets et les bruits de voisinage associés à la population étudiante du quartier. Une démarche de sensibilisation serait donc en cours de conception.

Une croix en bois affiche «Le cimetière des rats (R.I.P.)»
Avec les enjeux liés à la vermine dans Milton-Parc est apparu un cimetière des rats dans une ruelle donnant sur l'avenue du Parc. – photo: Devin Ashton-Beaucage

Propreté, salubrité et rongeurs

Le directeur des travaux publics, François Doré, a souligné les efforts d’optimisation des travaux de propreté de l’arrondissement, ainsi que l’ajout des services externes d’une brigade de nettoyage. 

«Les requêtes citoyennes, nous les traitons, et nous allons sur le terrain pour vérifier et/ou les traiter», a-t-il affirmé, semblant répondre aux plaintes voulant que le système de signalement au 311 soit inefficace. 

Il a dit avoir augmenté la présence d’équipes d’inspections, qui distribuent des constats d’infractions, mais qui font aussi des efforts de sensibilisation auprès des résidents et commerçants, notamment en ce qui concerne la gestion des matières résiduelles. 

«En termes de salubrité, mais aussi de présence de rats, nous avons procédé à l’identification et à la réparation des puisards du secteur», a-t-il ajouté. Des réparations de brèches et la filtration des odeurs ont été effectuées, en plus de la distribution de boîtes de rongicide, afin de limiter les infestations de rongeurs. 

«Nous allons explorer la possibilité de faire des inspections préventives du cadre du bâtiment et de déployer un outil de suivi intégré pour justement mieux suivre cette problématique-là.»

Des efforts de communication auprès de la population du secteur ont été faits dans le même but de lutter contre la présence de rongeurs.

Le programme RebutRécup de l'organisme Sollicité était de passage dans Milton-Parc, du 20 avril au 1er mai. – photo: Devin Ashton-Beaucage

L’arrondissement a aussi fait la promotion du programme RebutRécup, qui a récupéré 2,7 tonnes d’objets lors de son dernier passage dans Milton-Parc.

Des élus et une cinquantaine d’employés de l’arrondissement, dont les tâches quotidiennes ne comprennent pas forcément le maintien de la propreté dans les espaces publics, ont aussi contribué à la propreté du secteur lors d’une corvée de nettoyage le 17 juin.

En plus de rendre Milton-Parc plus propre, l’activité leur a permis «de mieux comprendre les réalités de ce quartier-là sur le terrain», a expliqué le conseiller d’arrondissement du district Jeanne-Mance, Gabriel Fortin. L’arrondissement envisage d’ailleurs de reprendre l’exercice l’année prochaine.

M. Fortin pose du côté sud-ouest de l'intersection, encore teintée d'un gris hivernal. On peut voir la façade est du tronçon de l'avenue du Parc, entre Milton et Prince-Arthur derrière lui.
Le conseiller d'arrondissement de Jeanne-Mance, Gabriel Fortin, vu ici à l'intersection de la rue Milton et de l'avenue du Parc en avril, a annoncé qu'un plan d'action serait produit à partir des différentes consultations avec la communauté du quartier. – photo: Devin Ashton-Beaucage

Consultations citoyennes et communautaires

Le conseiller Fortin a aussi annoncé une troisième édition du Comité de bon voisinage de Milton-Parc à venir à l’automne. Sa dernière mouture s’était concentrée sur la propreté et la sécurité dans le quartier. 

Les informations qui émanent des séances de ce comité alimentent les prises d’action de l’arrondissement, a-t-il indiqué.

Un autre comité, cette fois composé d’organismes liés à l’itinérance, se réunit aussi environ chaque mois. 

À ce sujet, M. Langelier a rappelé qu’un contrat a été attribué à Atelier habitation Montréal afin de soutenir la relocalisation de l’organisme La porte ouverte, qui accueille des personnes en situation d’itinérance dans le sous-sol de l’église Notre-Dame-de-la-Salette.

Du côté du PDQ 38 du SPVM, une rencontre avec des citoyens du quartier avait été organisée en juin pour discuter de différents enjeux liés au territoire. Des représentants de l’arrondissement et du réseau de santé étaient aussi présents.

«Notre objectif, c’est de produire un plan d’action transversal pour Milton-Parc, qui va découler de tout ce qui a été partagé lors des différentes rencontres», a annoncé Gabriel Fortin.

Culture, loisirs et communauté

En lien avec les enjeux de sécurité qui préoccupent les résidents de Milton-Parc, Jean-François Morin a souligné le financement de l’organisme Jardins pour tous par l’arrondissement. En mai, les élus avaient approuvé l’octroi de 5000$ pour l’entretien des Jardins urbains Notman, situés sur la rue Milton, entre les rues Saint-Urbain et Clark.

Ce soutien à un projet d’agriculture urbaine encourage l’occupation et la dynamisation de l’espace public, a-t-il laissé entendre.

De son côté, Roch Langelier, a noté les «interventions artistiques» qui ont été faites sur les bacs des Jardins Notman, ainsi que la création de murales dans le quartier, dont Le cœur à la bonne place, d’Eruoma Awashish, située à côté de l’église Notre-Dame-de-la-Salette, sur l’avenue du Parc.

En plus du programme Muralité, le directeur de la culture, des sports, des loisirs et du développement social a souligné le soutien financier de «prestations artistiques et professionnelles gratuites dans le domaine public» par le Programme de soutien aux actions culturelles du Plateau.

Finalement, l’arrondissement a aussi appuyé les efforts de valorisation de l’Alliance des commerçants de l’avenue du Parc. Et, grâce entre autres, au soutien municipal, la population du quartier peut profiter de l’offre en matière de loisirs de l’Association récréative de Milton-Parc.

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