Milton-Parc: itinérance, déchets et accès aux soins au cœur des préoccupations
Des résidents de Milton-Parc ont partagé leurs préoccupations en lien avec le quartier lors d'une rencontre organisée par le poste de quartier 38 du SPVM.
Des résidents de Milton-Parc ont partagé leurs préoccupations en lien avec le quartier lors d'une rencontre organisée par le poste de quartier 38 du SPVM.
«On va tenter de faire porter votre message pour que les choses changent», a annoncé mercredi le chef du poste de quartier 38 (PDQ38), Sylvain Malo.
Il s'adressait à la soixantaine de personnes réunies dans le gymnase du Centre de loisirs multiethnique Saint-Louis, où policiers du Plateau, élus de l'arrondissement et représentants de Santé Québec et de Makivvik étaient sur place pour les entendre.
Les participants étaient divisés en quatre groupes, qui étaient appelés à changer de table de temps à autre, histoire de discuter de différents enjeux.
Une variété de sujets a été abordée, touchant à la propreté, aux besoins en matière de santé et d’accompagnement, aux problèmes liés au mobilier public, aux incivilités et à la sécurité, sans oublier la population itinérante du quartier et les services qui lui sont offerts. Même l’idée de taxer les lots laissés vacants s’est glissée dans les discussions.
En fin de soirée, plusieurs intervenants et participants ont partagé leurs impressions sur la démarche et les enjeux discutés.
Les élus locaux du district Jeanne-Mance, Alex Norris et Gabriel Fortin, étaient présents à la table de l’arrondissement.
M. Norris a souligné l’importance d’écouter les problèmes ou les solutions soulevés par les participants, qu’ils soient connus ou non de l’administration du Plateau, et même s’il s’agit parfois de tâches imposantes.
«Ça nous légitimise dans nos démarches auprès des paliers supérieurs», a souligné le conseiller de la Ville.
Vincenzo Corelli était plus sceptique quant aux bienfaits d’une assemblée publique, notant une impression de déjà vu.
«C’est bien d’être ici pour parler, mais s’il n’y a pas de changement, c’est juste une perte de temps» a laissé tomber le résident du quartier, qui a aussi été appelé à siéger au Comité de bon voisinage de Milton-Parc.
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Par le passé, M. Corelli s’est présenté à quelques reprises devant le conseil d’arrondissement du Plateau-Mont-Royal pour parler de la criminalité dans son quartier. Il avait d’ailleurs fait don aux élus de pipes à crack trouvées dans le voisinage.
«Nous, ici, dans la salle, on a une voix pour parler. Mais toutes les femmes autochtones, principalement inuites, qui sont trafiquées sur la rue, battues, violées, n’ont jamais de voix», a-t-il déploré mercredi soir.
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Ce sont les déchets et les rats qui ont poussé Ken Doyle, qui habite près du campus de l’Université McGill, à se joindre aux discussions. «C’est un problème de santé publique», a-t-il souligné. Il dit avoir observé peu d’améliorations sur ce front au cours des dernières années.
«La Ville fait de gros efforts pour nettoyer les rues. Mais pourquoi est-ce qu'ils dépensent mes impôts pour faire ça quand les citoyens ne respectent pas les règlements? Il faut les communiquer aux citoyens.»
M. Doyle a également noté le roulement des étudiants qui résident dans le secteur. Ceux-ci ont été pointés du doigt à plusieurs reprises lors des séances du conseil d’arrondissement en ce qui a trait à la mauvaise gestion des déchets.
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«On voit que les gens ont vraiment une sensibilité aux besoins des personnes en situation d'itinérance», a observé Martin St-Pierre, directeur du Programme Santé mentale et dépendance de Santé Québec Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal – Universitaire, soit le nouveau nom de l’ancien Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l'Ouest-de-l'Île-de-Montréal.
La cheffe d’administration du volet Dépendance et itinérance du même programme, Catherine Roberge, a aussi retenu en tête les demandes d’accompagnement de personnes qui transitionnent d’une situation d'itinérance vers un logement.
«L’accès aux médecins, c’était très clair et unanime», a-t-elle également noté, en plus du souhait d’un site satellite offrant de multiples services dans le secteur.
Malgré les infrastructures historiques liées au réseau de la santé dans les environs, Milton-Parc est devenu un «désert médical», selon plusieurs résidents. Le quartier, qui a un taux élevé de personnes jugées vulnérables et d’âge avancé, n’a aucune clinique médicale ou CLSC sur son territoire.
Cela dit, les représentants de l’établissement de Santé Québec ont dit qu’une équipe mobile et multidisciplinaire se rend depuis 2024 dans le secteur.
Il s’agit de Trait-d’union, une équipe composée d’un infirmier et d’un intervenant psychosocial, qui effectue des opérations de porte-à-porte. Celle-ci offre des évaluations de santé sommaires, des informations et oriente les personnes vers les services appropriés.
Selon Santé Québec Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal – Universitaire, «les opérations ont permis de rejoindre environ 200 résident(e)s/ménages dans ce quartier qui ne fréquentent pas ou peu les services».
C’est d’ailleurs la mobilisation citoyenne qui a fait en sorte que cette équipe s’est matérialisée, a souligné M. St-Pierre.
«Il faut garder espoir», a lancé de son côté Mme Roberge. «Il y a des changements qui vont continuer d’arriver», a-t-elle poursuivi, soulignant toutefois que «beaucoup de demandes» avaient été faites au cours de la soirée.

«Ça a été une réussite, ce soir. Les gens étaient contents», s’est réjoui l’agent Laurent Dyke, du côté du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).
Celui qui a été conseiller stratégique en itinérance avant de se joindre à l’équipe de patrouille pédestre du PDQ38, il y a quelques semaines, a retenu la volonté des résidents de faire entendre leurs préoccupations ainsi que leur impression d’absence de changement.
«Il y a des gens qui étaient émotifs, d’autres qui étaient fâchés, mais au bout de la ligne, on a eu des problématiques puis, ils nous ont également amené des pistes de solutions», a résumé de son côté le commandant Sylvain Malo, ravi de la complémentarité entre les représentants du secteur de la santé, de l’arrondissement et des forces policières.
«Tout est transversal.»
Notant que la population souhaite «une police de proximité», le chef du PDQ38 a confirmé que plus de patrouilleurs à pied et à vélo seront visibles dans le quartier cet été. Il priorisera aussi la lutte au trafic de stupéfiants.
Le commandant Malo a également dit vouloir trouver des pistes pour améliorer ses méthodes de communication avec la population. Il en a d’ailleurs profité pour rappeler l’existence du programme Ensemble pour notre quartier, qui permet de transmettre des informations non urgentes aux équipes du PDQ38.
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«Il va y avoir un compte-rendu de tout ce dont vous avez parlé», a annoncé l’agent Dyke aux participants, en fin de soirée.
«Ce que nous voulons faire, c’est de présenter des solutions», a-t-il poursuivi. Il a expliqué que certaines d’entre elles pourraient être mises en application rapidement, mais d’autres, nécessitant la collaboration de partenaires du PDQ38, risquent de demander plus de temps.
L’idée de répéter la formule de la rencontre de mercredi soir a d’ailleurs été évoquée. Cela pourrait permettre, entre autres, à d’autres acteurs locaux comme l’Université McGill, La porte ouverte, le Comité logement du Plateau-Mont-Royal ou encore «les grands propriétaires» immobiliers du quartier de prendre part aux discussions.
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