Atelier d’écriture optimiste: voir la beauté dans le quotidien

La bibliothèque Mordecai-Richler offre des ateliers gratuits d’écriture axés sur le souvenir et le partage de moments heureux.

Un homme, crayon à la main, chapeau sur la tête, sourit en pleine rédaction. On peut voir une autre femme à côté de lui, concentrée sur son propre texte.
Des participants d'un atlier d'écriture optimiste se lancent dans l'écriture d'un moment de bonheur qu'ils ont vécu et qu'ils dévoileront plus tard au reste du groupe. – photo: Saphir Optimiste

Vous souhaitez développer votre aptitude à voir de la beauté dans votre quotidien? 

Si c’est le cas, les ateliers gratuits d’écriture optimiste, proposés le 28 août et le 18 septembre à la bibliothèque Mordecai-Richler, pourraient vous intéresser. 

L’idée consiste essentiellement à porter attention à ses moments de bonheur et à les partager avec les autres participants.

«La beauté est toujours là, mais parfois le regard est voilé», observe Rossana Bruzzone, qui animera l’activité. 

«Ce n’est pas un cours pour apprendre des techniques», signale-t-elle toutefois. 

Mme Bruzzone explique qu’elle se sert d’une œuvre comme source d’inspiration pour lancer l’atelier. «Ça peut être un extrait de livre, un poème, parfois une chanson ou une vidéo. Puis, on le lit ensemble.»

Elle donne en exemple «La poule joyeuse», un texte issu du livre Les Poules pensives de Luigi Malerba. 

«Une poule joyeuse avait pris l’habitude de chanter à toutes les heures, qu’elle ait pondu ou pas», récite Mme Bruzzone. 

En plus de frustrer la maîtresse du poulailler, qui ne trouvait pas d’œufs malgré le signal sonore émis, les autres poules se demandaient si leur joyeuse consœur était devenue folle.

«Quel mal à être heureuse?», leur répondit-elle.

Les participants de l’atelier prendront ensuite quelques instants pour commenter l’extrait. Mme Bruzzone confie que, dans son cas, elle a été marquée par la formulation soulignant l’habitude prise par la poule joyeuse de chanter. «Ça veut dire qu’être heureuse, c’est un choix pour elle.»

Partager son moment de bonheur

Vient ensuite la phase d’écriture, inspirée de l’extrait d’œuvre et d’une piste suggérée par Mme Bruzzone, que les participants peuvent suivre s’ils le souhaitent. 

«C’est très libre!», résume-t-elle, soulignant que les soucis liés au temps de production, au style ou aux fautes sont laissés de côté. L’idée est de parler d’un moment de bonheur, peu importe la forme que prendra le texte.

«Le moment du partage est toujours très touchant, très beau, parce que les personnes se réjouissent de la joie des autres et revivent la joie qu’elles ont partagée», relate-t-elle au sujet de la phase finale de l’atelier. 

«Même quand ça nous mène dans un terrain de douleur, on trouve l’espace d’espoir, de joie et de lumière.»

Un concept né dans un contexte scolaire

Le concept est né en 2012, alors que Mme Bruzzone était enseignante en Italie. 

Elle avait pris l’habitude de demander à ses élèves de noter de bons moments de leur quotidien dans un cahier – «le Cahier des événements chanceux» – avant de les partager avec le reste de la classe, chaque vendredi. 

«C’était comme un espace magique. Il n’y avait pas d’évaluation ou de notes. Donc, ils se sentaient vraiment libres de s’exprimer», se remémore Rossana Bruzzone.

Cette sortie du cadre scolaire habituel était l’occasion de découvrir ses camarades de classe sous un nouveau jour. Celle qui était alors enseignante raconte avoir vu certains de ceux-ci évoluer à travers ce processus et prendre confiance. 

«J’ai vu les effets bénéfiques que ça avait sur mes élèves et moi», raconte-t-elle. «En sachant que tu vas partager quelque chose de beau que tu as vécu, tu le cherches davantage.»

Rossana Bruzzone souriante et vêtue de rouge, accotée sur une armoire de la bibliothèque Mordecai-Richler.
«La force de l’atelier, c’est la force du groupe», soutient Rossana Bruzzone. – photo: Saphir Optimiste

Percevoir toutes les couleurs de la neige

Emménageant à Montréal l’année suivante, Mme Bruzzone a importé et peaufiné le concept d’écriture optimiste, qui est devenu l’objet d’ateliers qui ont été offerts par l’entreprise Neige en couleur, qu’elle a fondée en 2014.

Le nom était inspiré de la décomposition des rayons lumineux que permet un prisme. Ainsi, au-delà du blanc, on peut percevoir «toutes les couleurs, toutes les nuances» que la neige comprend aussi.

Les ateliers ont été offerts dans des bibliothèques, comme ce sera le cas à Mordecai-Richler, mais aussi dans des centres communautaires, des résidences pour personnes âgées et même dans des espaces de travail. 

«Le but, c’est aussi de mieux se connaître et, parfois, de sortir de la solitude et de tisser du lien.»

Mme Bruzzone reste d’ailleurs marquée par ses expériences en entreprise où employés et cadres se découvrent sous un nouvel éclairage.

«Les émotions, si elles sont vécues dans un espace de grande bienveillance, sont toujours bénéfiques», affirme-t-elle.

«En réfléchissant à un moment heureux, et en le partageant avec les autres, on se sent mieux [...] La force de l’atelier, c’est la force du groupe.»

Les deux prochains ateliers sont prévus le 28 août et le 18 septembre, à 13h30, à la bibliothèque Mordecai-Richler (5434, avenue du Parc). Vous pouvez vous y inscrire gratuitement en remplissant le formulaire en ligne de la bibliothèque.

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