Écoulements, odeurs et vermine : la gestion des déchets d’une épicerie Metro dérange
Des voisins du Metro Beaulieu Mont-Royal, rue Fullum, dénoncent les nuisances causées par un compacteur d’où s'écoulent des liquides nauséabonds.
Des voisins du Metro Beaulieu Mont-Royal, rue Fullum, dénoncent les nuisances causées par un compacteur d’où s'écoulent des liquides nauséabonds.
Des résidents de la coopérative d’habitation Funambule se plaignent des désagréments causés par le compacteur à déchets de l’épicerie Metro Beaulieu Mont-Royal, qui se trouve au rez-de-chaussée de leur immeuble.
Le compacteur laisse fuir des liquides qui se rendent jusqu’à une bouche d’égout de la rue Fullum. Les odeurs qui en émanent sont particulièrement dérangeantes, affirme Danny Poitras, qui qualifie la situation d’«invivable».


Des traces d'écoulements sont visibles sur le trottoir et dans la rue.
«Avec la chaleur qui commence à sortir, c’est là que tu le sens le plus», souligne-t-il, affirmant que la situation force les locataires de la coop Funambule à fermer leurs fenêtres, et ce, même en période de canicule et en l’absence de climatisation. «On est comme prisonniers de ça.»
«Je n’ai jamais vu un tel enfer», nous confie une autre membre de la coopérative d’habitation, qui a préféré demeurer anonyme, décrivant des «coulisses de liquides bruns ou noirs» qui sortent du lieu de chargement «sale» et «puant», où se trouve le compacteur.
«Cette odeur pestilentielle monte jusque sur mon balcon au troisième, ainsi que dans notre escalier intérieur de la coop, sur la rue Fullum.»
Elle et Danny Poitras affirment que la situation n’a fait qu’empirer au cours des dernières années.
«Ça attire la vermine», ajoute la voisine de M. Poitras, qui dit que des souris circulent dans l’immeuble, dont chez elle.
D’autre part, elle indique que l’absence de porte de garage du quai de chargement n’améliore pas les choses et nuit à son sentiment de sécurité, en particulier lorsqu’elle rentre chez elle le soir.
«C’est rendu que je passe directement dans la rue et je reprends le trottoir une fois arrivée à ma porte.»
La Loi sur la qualité de l’environnement du Québec stipule que «[q]uiconque est responsable d’un rejet accidentel» de contaminants dans l’environnement doit faire cesser le rejet «sans délai» et nettoyer les «matières contaminées».
Ledit contaminant peut «porter atteinte à la vie, à la santé, à la sécurité, au bien-être ou au confort de l’être humain» ou «porter autrement préjudice à la qualité de l’environnement, aux écosystèmes, aux espèces vivantes ou aux biens».
M. Poitras a communiqué avec le siège social de Metro Inc., l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal, la Ville de Montréal ainsi que le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) dans l’espoir de résoudre le problème d’écoulements.
Du côté de Metro, on lui avait annoncé qu’un représentant de l’épicerie dont il est question le contacterait.
«Ce n’est jamais arrivé», résume-t-il. Il précise toutefois avoir été contacté par le directeur des opérations corporatives du siège social au début du mois de juillet. Ce dernier lui aurait dit que la situation serait réglée.
«Effectivement, ils ont fait un grand lavage autour», reconnait Danny Poitras. «C’est beaucoup mieux.»
Cela dit, même si les problèmes liés aux écoulements ont diminué en conséquence, ce genre de solution aurait déjà été employé par le passé, à la suite de plaintes, selon ses voisins, qui ont habité les lieux avant qu’il n’y emménage.
Les efforts de nettoyage auraient été temporaires. M. Poitras dit d’ailleurs avoir remarqué une intensification des odeurs et un retour des écoulements, le 10 juillet.

Ayant insisté auprès du directeur des opérations corporatives sur la source du problème, soit le compacteur, il n’a pas eu de confirmation claire de ce dernier quant à une réparation ou un remplacement de l’équipement.
«Il m'a répété que ce serait réglé», résume M. Poitras au sujet de l’échange.
Mon Plateau a aussi contacté Metro Inc. pour avoir des détails sur les intentions de l’épicier, mais n’a pas reçu de réponse au moment de publier ces lignes.
Du côté de l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal, on dit avoir «effectué une première analyse».
«Des inspections seront réalisées afin d’évaluer la situation et de déterminer les interventions pouvant être effectuées par l’arrondissement dans le cadre de ses responsabilités», indique Geneviève Allard, chargée de communication.
Elle note toutefois que les interventions requises pourraient relever davantage des compétences du MAPAQ. Si c’est le cas, «les démarches nécessaires seront entreprises afin d’assurer un suivi auprès de l’autorité concernée».
Au MAPAQ, on indique que c’est plutôt «le service d’inspection de la Ville de Montréal qui s’occupe des établissements alimentaires sur l’île de Montréal».
Du côté de la Ville, la relationniste Camille Bégin confirme les dires du MAPAQ, mais précise que Montréal n’a que la responsabilité d’inspecter «l’intérieur des établissements alimentaires».
«Les odeurs à l'extérieur d'un commerce sont une nuisance de compétence de l'arrondissement», affirme-t-elle.
En attendant de potentiels changements, Danny Poitras espère ne pas développer de relation conflictuelle avec Metro Beaulieu Mont-Royal.
«C’est pratique d’avoir une épicerie là», dit-il, notant qu’il s’agissait d’un des attraits de s’installer dans ce secteur de l’arrondissement, pour lequel il a un «attachement profond».
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