La coopérative Marie-Anne souhaite créer des unités pour personnes seules
Alors qu’elle fête ses 20 ans d’existence, la coopérative d’habitation Marie-Anne cherche à créer de nouvelles unités hors marché pour accueillir, notamment, des personnes âgées.
Une célébration s’est tenue samedi après-midi, dans la cour qui sépare les bâtiments de la coopérative d’habitation Marie-Anne, qui se trouvent sur la rue Coloniale et la rue de Bullion.
À l’occasion de ses 20 ans, ses membres se sont réunis autour d’un buffet. Les plus jeunes parmi eux se sont succédé sur une petite scène où ils ont pu démontrer leurs talents artistiques à la petite foule.
Des membres d’autres coopératives d’habitation de l’arrondissement étaient aussi de la fête, tout comme des élus et des représentants du Comité logement du Plateau-Mont-Royal. Même l’aspirant candidat libéral de Mercier, Thierno Diallo, est passé faire un tour, récoltant des signatures pour officialiser sa candidature au passage.

Phase II : expansion sur le terrain voisin
Maintenant que la coopérative Marie-Anne est en place depuis deux décennies et que plusieurs de ses membres ont vieilli et vivent seuls, elle souhaite réaliser un projet d’expansion sur le lot voisin.
Celui-ci comprendrait 90 unités, dont des logements adaptés, pour offrir des options de relocalisation plus petites à ses membres et à la population en général.
Dans la plupart des cas, les 36 logements actuels de la coopérative d’habitation comprennent au moins deux pièces fermées.

«Le comité de sélection a réalisé qu’il y a énormément de demandes de personnes seules», a indiqué Caroline Bourgeois, résidente de la coopérative Marie-Anne depuis sa première année d’existence.
Selon les données recueillies par la Corporation de développement communautaire (CDC) du Plateau-Mont-Royal, 52% des ménages de l’arrondissement ne comptaient qu’une seule personne, en 2021 et 45% de la population vivait avec un revenu annuel de moins de 30 000$, après impôts.
«Il y a une très grande précarité sur Le Plateau», a justement indiqué Nadège Magnin, qui siège aux comités de développement et de bon voisinage. «On cible des plus petits logements pour que ce soit abordable.»

Qui viendra s'installer sur l'ancienne cour de services?
Le terrain convoité pour la phase II est actuellement utilisé par une cour de services de l’arrondissement. Cette dernière est toutefois censée être relocalisée dès l’été 2028, sur un site en plein réaménagement, au nord du parc Sir-Wilfrid-Laurier.
La conseillère d’arrondissement du Plateau-Mont-Royal responsable du dossier de l’habitation, Marie Sterlin, qui était présente à la fête, a confirmé que, même si le terrain appartient techniquement à la ville-centre, «l’arrondissement a son mot à dire» quant à son usage futur.

Le Plateau souhaite le réserver à la création de logements hors marché. Sera-t-il toutefois légué à la coopérative Marie-Anne?
«Il y a un accueil favorable à l’idée d’une phase II», a laissé savoir Mme Sterlin, notant un besoin d’unités adaptées aux ménages plus âgés.
«La clé, c’est toujours le financement», a-t-elle poursuivi, rappelant que le résultat des élections provinciales en cours aura un impact sur la disponibilité des fonds prévus à cet effet.
À cet effet, Chantal Aznavourian a indiqué que des démarches sont en cours auprès du Fonds Plancher pour obtenir 250 000$ pour le pré-développement du projet.

Cela dit, la cofondatrice, qui siège aussi au conseil d’administration et aux comités de développement, de bon voisinage et de sélection de la coopérative Marie-Anne, a dit faire face à un concurrent de taille. UTILE, un organisme à but non lucratif qui construit et gère plusieurs centaines de logements pour étudiants à travers la province, dont 428 sur Le Plateau, aurait aussi l’œil sur le site.
«Ils aimeraient développer un projet de partenariat», a rapporté Mme Aznavourian. «On était un peu sceptiques, dans la mesure où on n’a pas les fonds d’UTILE [...] On s’est dit qu’on allait se faire avaler.»
«Notre défi, actuellement, c’est de faire valoir notre projet», a-t-elle conclu.

Défendant justement la cause de la coopérative d’habitation Marie-Anne, Nadège Magnin a évoqué les relations qui se sont développées entre les membres et les commerçants locaux, ainsi que leur implication au sein d’organismes communautaires actifs dans le secteur, comme les Ateliers d’éducation populaire du Plateau, la Maison de l’amitié et Partage & Solidarité.
«On est implanté ici depuis 20 ans», a-t-elle souligné. «On est vraiment ancré dans le quartier.»