Une exposition explore l’identité au parc La Fontaine
À travers le regard de neuf artistes émergents, le public est invité à explorer les notions d’appartenance, de culture et d’identité.
À travers le regard de neuf artistes émergents, le public est invité à explorer les notions d’appartenance, de culture et d’identité.
La Maison des arts participatifs, située dans le parc La Fontaine, accueille l’exposition gratuite Frontières Poreuses jusqu’au 30 octobre.
Conçue par Art Bloc, un organisme qui organise des expositions et des événements communautaires visant à «réduire la barrière d'entrée dans le monde des arts», Frontières Poreuses rassemble neuf artistes émergents sous le thème de l'identité et du multiculturalisme.
«J'ai été élevée dans une famille chinoise, au sein d’une société qui est canadienne. Parfois, on se retrouve un peu perdu dans notre identité», explique Jenny Meng, cofondatrice d’Art Bloc et l’une des neuf artistes de l’exposition.
«C'est pour ça que beaucoup des expositions [que l’on fait], surtout cette année, portent sur l'identité, pour comprendre l'identité de l'artiste, leur background, mais aussi pour connecter avec eux», poursuit Louis-Vincent Poellhuber, également cofondateur d’Art Bloc.
Pour créer Frontières Poreuses, les deux amis ont lancé un appel à projets en février dernier auquel une cinquantaine d’artistes de la région de Montréal ont répondu. Neuf artistes ont été sélectionnés.
La musicienne et artiste visuelle An Laurence 安媛 présente quatre impressions de sa série Alt + R.
«J’ai interprété [le thème] comme naviguer entre différentes réalités», explique l’artiste originaire de Chine et adoptée au Québec.

Pour créer ces images abstraites et colorées, elle a numérisé des photos prises en Chine par elle ou ses parents adoptifs, les a transformées en données numériques, puis les a «mixées» dans un logiciel de son, en ajoutant différents effets.
«Évidemment, ça ne fait pas de la musique, parce que [ces données] ne sont pas faites pour aller dans un logiciel de son», précise-t-elle.
L’artiste a ensuite inséré ces données modifiées dans un logiciel d’images pour «déformer» les photos originales.
«On vient trafiquer les données, les informations. Pour moi, c’est une manière de requestionner les histoires dont on nous a nourris à propos de l’adoption, puis de questionner la notion du destin : est-ce que c'était vraiment inévitable que ça se passe comme ça ?»
L’artiste visuelle Maude Désilets a créé cinq sculptures en forme de bonsaïs en utilisant des éléments de la nature, principalement de la mousse végétale préservée, qui peut garder son apparence originale plusieurs années.
«Dans la nature, y a pas une forme qui est pareille, parfaite, symétrique. [Je viens] valoriser cette imperfection, cette unicité de tout ce qu'on retrouve autour de nous», explique-t-elle.
L’artiste soutient qu’elle ne «contrôle pas beaucoup son œuvre finale», préférant se laisser guider par «les formes proposées par la nature».
Ses sculptures reposent dans des morceaux de poteries raku, une tradition qui consiste à «jeter la poterie dans le feu [...] avec les éléments [de la nature] qui vont décider [du résultat] pour toi».
«[Dans l’exposition], chaque artiste a deux univers qui vont se rejoindre avec des frontières poreuses. [...] Dans mon cas, ce sont les cultures. Les bonsaïs et la poterie raku, c’est japonais, alors que moi, [je suis] canadienne de souche. Ce sont donc mes univers culturels qui sont poreux.»

Le vernissage de l'exposition a lieu le vendredi 16 octobre à 18h, en présence des artistes, des membres d’Art Bloc et de commissaires de galerie.
Toute la communauté est bienvenue.
«[Il s’agit] d'avoir un événement collaboratif qui permet aux gens de rencontrer [les artistes], puis d'avoir un aspect plus humain à l'art que juste sur un mur», explique M. Poellhuber.
Lors du vernissage, une station d’exploration de découpage de papier chinois et une de peinture à l’encre de Chine seront installées et resteront sur place jusqu’au 30 octobre.
«Comme ça, les personnes qui viennent vont non seulement regarder l'exposition, mais aussi expérimenter avec d'autres méthodes artistiques», soutient Mme Meng.
Offrir ces stations, en lien avec la thématique de l’exposition, vise également à «favoriser l'échange entre les cultures».
Une performance musicale du groupe rock-indie The Maybes aura lieu dans la salle adjacente à l’exposition à 20h00. Ce spectacle est complet.
L’exposition Frontières Poreuses est accessible au 3819, avenue Calixa-Lavallée, du lundi au mercredi de 14h à 20h, les jeudis et vendredis de 14h à 22h, et le samedi de 10h à 18h, jusqu’au 30 octobre.
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