Aréna des Patineuses: ouvrir la voie «aux prochaines générations de jeunes filles»
La mise aux normes est terminée. L’aréna Saint-Louis est officiellement sorti de sa période de travaux majeurs avec un nouveau nom : l’aréna des Patineuses.
«Depuis des décennies, ici, des générations de femmes ont fait vivre ce lieu à travers le patinage artistique, le hockey féminin, la ringuette et, plus récemment, le roller derby», a souligné la mairesse du Plateau-Mont-Royal, Cathy Wong, lors de l’événement inaugural des lieux rénovés, dimanche.
«Avec ce nom, on célèbre toutes ces femmes qui ont ouvert la voie et, surtout, on veut envoyer un message aux prochaines générations de jeunes filles pour leur dire “votre place est ici, sur la glace, et partout où vous rêvez d’aller.”»
Son discours a été prononcé après trois heures de démonstrations de hockey féminin, de patinage artistique, de ringuette et même de parahockey.

Une discussion sur le roller derby, alimentée par des joueuses de la Montreal Roller Derby League et la comédienne Gabrielle Côté, a aussi été au programme. D’ailleurs, le film Les Furies, scénarisé par Mme Côté, a été projeté dans le contexte de l’événement.
Après la cérémonie de coupage de ruban, la patinoire a accueilli du patin libre jusqu’en fin d’après-midi.
Plus de place aux femmes
Bien que l’inauguration officielle de l’aréna était dimanche, en réalité, les lieux étaient déjà accessibles depuis le 8 septembre. On y accorde maintenant encore plus de place à la pratique sportive par des femmes qu’avant les rénovations.

L’aréna était déjà fréquenté par des joueuses de hockey, de ringuette et de roller derby auparavant. Aujourd’hui, des efforts ont été faits pour que des ligues féminines adoptent l’endroit.
Deux des quatre cases horaires hebdomadaires vouées au hockey libre sont maintenant réservées aux femmes. Bien qu’elles puissent théoriquement se joindre aux autres périodes de hockey libre non genrées, ces plages exclusives ont été programmées afin qu’elles puissent se sentir à l’aise d’y participer et éviter qu’elles y renoncent.

Six ans sans patinoire
L’aréna Saint-Louis avait fermé en 2020, soit l’année où les systèmes de réfrigération au chlorofluorocarbure de la Ville devaient obligatoirement être remplacés en vertu du Protocole de Montréal du Secrétariat de l’ozone du Programme des Nations Unies pour l’environnement.
Mon Plateau rapportait en 2024 que trois patinoires montréalaises, dont celle de l’aréna Saint-Louis, n’avaient pas encore eu droit à leur mise aux normes. L’explosion des coûts des travaux avait alors été identifiée comme source de retard.
L’aréna avait toutefois réouvert en 2022, sans glace, pour permettre la pratique de sports de balle et de raquette, avant de refermer deux ans plus tard pour le lancement des travaux de mise aux normes, qui ont pris fin cet été.
L’échéancier initial a été respecté.
Il s’agit de la première rénovation majeure depuis sa construction en 1981.
Mon Plateau a cherché à connaître les coûts des travaux, mais n'avait pas obtenu de réponse de la Ville de Montréal au moment de publier ces lignes.

Un aréna plus écologique et accessible
«Je suis extrêmement fière de pouvoir vous présenter un aréna complètement modernisé, plus accessible universellement, plus écologique et mieux adapté aux besoins des familles et des athlètes», a déclaré Cathy Wong dans son discours.
Dans le contexte des travaux, plusieurs éléments ont été préservés, remis en état et réintégrés à l’édifice rénové.
Sur le plan de l’accessibilité universelle, plusieurs portes sont motorisées et peuvent être activées à l’aide de boutons-poussoirs. C’est notamment le cas de celle menant à l’un des cinq vestiaires. L’accès à la glace a aussi été pensé de manière à ce qu’une personne en lugiglace puisse y embarquer.
Un nouveau système de réfrigération à l’ammoniaque, moins dommageable pour l’atmosphère que son prédécesseur, a aussi été mis en place, et les anciennes chaudières au gaz ont été remplacées par des chaudières électriques. Cette dernière mesure a pour but de réduire l’empreinte carbone du bâtiment.

Création d’un bassin de rétention végétalisé
«Quand on pense aux travaux d’une infrastructure comme un aréna, on pense naturellement au bâtiment, aux vestiaires, à la glace, et on pense rarement à la façon dont on va retenir les eaux pluviales, mais c’est une infrastructure essentielle», a souligné Maeva Vilain, conseillère responsable des sports et loisirs au Plateau-Mont-Royal, dans un discours prononcé à l’extérieur de l’édifice, du côté nord.
Il s’agissait d’une inauguration parallèle, soit celle du nouveau bassin de rétention des eaux végétalisé. Au total, les installations autour de l’aréna sont capables d’accueillir 455m3 d’eau provenant du toit de l’édifice dans le contexte de précipitations.
«Nous avons proposé de retirer le stationnement et de transformer cet espace minéralisé en espace vert», a expliqué l’élue. Le plan initial de construction de bassin de rétention en béton a donc été écarté.

En plus d’être plus écologique, la version végétalisée aurait été moins coûteuse à construire et à entretenir, a-t-on indiqué.
Pour ce qui est des espaces de stationnement, Mme Vilain a indiqué que l’aréna est entouré de places tarifées. «Il y a très peu de résidents [dans le secteur]. Donc, il y a de la place pour accueillir les visiteurs.»
Les parcomètres demandent de débourser 4,25$/h par espace, sauf les fins de semaine, où le stationnement est gratuit.