Hailey Roop: une candidate qui milite pour la justice sociale et climatique
Elle souhaite que les langues autochtones soient enseignées dans les écoles et que le transport en commun soit accessible et gratuit.
En poste depuis 2018, la députée libérale souhaite poursuivre ses efforts pour soutenir les personnes les plus vulnérables.
«Je suis complètement en amour, non seulement avec mon comté, mais aussi avec tous les citoyens et citoyennes qui y résident», déclare Jennifer Maccarone.
Aujourd’hui, à «quarante-quinze ans» comme elle dit en blaguant à propos de ses 55 ans, Mme Maccarone cherche à représenter de nouveau la population de Westmount–Saint-Louis à l’Assemblée nationale.
Avant de se lancer en politique provinciale avec l’équipe du Parti libéral du Québec (PLQ), Jennifer Maccarone avait sa propre agence de communication et de marketing.
Mère de deux enfants autistes aujourd’hui majeurs, elle s’est impliquée au sein de leur commission scolaire avant de devenir présidente de l’Association des commissions scolaires anglophones du Québec.
C’est sur ce front qu’elle a milité pour de meilleures mesures d’accompagnement, à l’époque du gouvernement libéral de Philippe Couillard. «Je crois fondamentalement en l’inclusion», martèle la députée sortante. Les libéraux auront réagi en tentant de la recruter, en vain, pendant trois ans.
«Finalement, en 2018, je me suis dit qu’il était temps d’amener ma volonté de changer les choses pour les personnes vulnérables à un autre niveau.»
Notant «les commerçants qui ont fermé leurs portes, les parents qui ont peur de laisser leurs enfants marcher seuls jusqu’à l’école», Jennifer Maccarone constate que «Milton-Parc fait face à énormément de difficultés».
«C’est le secteur du comté qui a besoin du plus d’amour.»
Elle est bien au fait que sa circonscription, qui comprend aussi le centre-ville de Montréal, est frappée de plein fouet par la crise de l’itinérance. La moitié des personnes non logées du Québec se trouvent d’ailleurs dans Westmount–Saint-Louis, souligne celle qui avait invité Lionel Carmant à visiter le secteur, alors qu’il était ministre des Services sociaux.
«La cohabitation ne fonctionne pas» avec La porte ouverte Montréal, conclut Mme Maccarone. Elle approuve donc le déménagement prévu de l’organisme de soutien aux personnes en situation d’itinérance, actuellement basé dans un sous-sol d’église de l’avenue du Parc.
«Il faut trouver une solution qui est pérenne pour s'assurer que l'on donne aux personnes en situation d'itinérance les services et les biens dont ils ont besoin, mais aussi respecter la communauté, qui a vu une dégénération de sa propre sécurité et de son bien-être», affirme la députée sortante.
Mme Maccarone note l’engagement de sa formation politique de bonifier l’offre de services de soutien aux personnes en situation d’itinérance de 60 millions $ par année.
Pour ce qui est des organismes communautaires en général, soulignant leur importance dans la société québécoise, elle leur souhaite plus de stabilité au niveau du financement, qui serait offert à plus long terme. L’amélioration des conditions de travail des employés serait aussi à explorer.
«Nous avons le plus haut taux de coops dans toute la province!», se réjouit Jennifer Maccarone, qualifiant le mouvement qui a vu naître les coopératives d’habitation dans Milton-Parc de «réussite» communautaire.
Elle qualifie toutefois d’«insensé» et de «gros manque de respect» le projet de loi 20 de la CAQ, qui aurait centralisé la sélection des membres et imposé des seuils de revenus pour les locataires, mais qui avait finalement été abandonné en juin.
Plus largement, au niveau de l’habitation, le PLQ a l’ambition de construire 100 000 nouveaux logements par année et de créer 40 000 logements sociaux et abordables au bout de cinq ans.
«Être logé, c'est la solution numéro un, reconnue mondialement, pour contrevenir à l'itinérance», soutient Mme Maccarone.
Sa formation promet aussi jusqu’à 10 000$ de remboursement de la TVQ sur l’achat d’une propriété de 500 000$ et moins.
Mme Maccarone dit aussi avoir interpellé les ministres responsables des «Airbnb illégaux», leur faisant savoir «que nous sommes gravement affectés, ici». Elle estime que les municipalités devraient bénéficier d’un meilleur soutien de Québec et qu’il faudrait avoir davantage d’inspecteurs «bien formés» de Revenu Québec pour lutter contre le phénomène.
Sur un autre enjeu local lié au logement et à l’itinérance, Jennifer Maccarone compte lutter contre le traitement «inéquitable» que dénonce la Porte Jaune, un organisme sans but lucratif de Milton-Parc.
Celui-ci offre des logements à faible coût à des personnes vulnérables et souhaite faire réduire le montant qu’il doit payer au niveau des taxes foncières, comme c’est le cas dans d’autres municipalités canadiennes. La Ville de Montréal s’est opposée à la requête en cour.
«Si on ne commence pas à faire des changements pour aider les personnes qui ont accès à des logements sociaux ou abordables, ils vont fermer leurs portes», lance-t-elle en guise d’avertissement.
Elle note aussi que le PLQ souhaite limiter les hausses de loyers dans les résidences privées pour aînés.

Pour ce qui est de l’Hôtel-Dieu de Montréal, Mme Maccarone souhaite qu’un CLSC soit intégré à l’immeuble afin de desservir la population du quartier Milton-Parc, qui a été qualifié de «désert médical».
«On n’aurait aucun aménagement à faire!», souligne-t-elle, notant qu’à l’heure actuelle, les résidents de ce secteur doivent se rendre jusqu’au métro Guy pour accéder à un CLSC, en raison de la subdivision des territoires du réseau de la santé.

Au printemps 2025, le gouvernement de la CAQ avait abandonné le projet de rénovation du bâtiment de la rue University de l’école FACE, jugé trop dispendieux.
Au lieu de délocalisations temporaires, il avait alors été décidé que les niveaux primaire et secondaire de l’école axée sur les arts seraient séparés de manière permanente dans des édifices de l’avenue Christophe-Colomb et de la rue Saint-Urbain.


«C’est atroce!», lance Jennifer Maccarone au sujet de l’édifice de la rue Saint-Urbain, se demandant pourquoi prioriser sa remise en état plutôt que celle du 3449, rue University. – photos: Devin Ashton-Beaucage
«On avait le partage d’un immeuble patrimonial entre la communauté francophone et anglophone, avec une école secondaire et primaire», souligne Jennifer Maccarone, désolée, qualifiant FACE de «bijou» québécois.
Elle estime que les déplacements temporaires n’étaient pas nécessaires, compte tenu de la grandeur de l’immeuble. Quant à l’évaluation des coûts des travaux sur le bâtiment de la rue University, qui avait bondi de 243 millions $ à 375 millions $ en 2025, la candidate libérale laisse entendre que le projet pourrait être «réajusté» de manière à être plus modeste.
Au niveau de l’entretien des écoles publiques en général, elle note que le PLQ souhaite offrir un financement plus stable en matière d’infrastructures.
«Ça va nous aider à gérer notre parc immobilier avec beaucoup plus de rigueur et une vision d’avenir.»
Revenant sur les finances du Québec, Jennifer Maccarone indique qu’il faudra «sortir de notre dette» afin d’avoir «une économie en plein essor». Ainsi, les services sociaux et les programmes de soutien pourront être renforcés.
Pour stimuler ledit essor, un gouvernement libéral miserait notamment sur une réduction d’impôt pour les petites et moyennes entreprises, qui verraient aussi leur cadre réglementaire se simplifier.
D’autre part, l’équipe de Charles Milliard permettrait l’usage de fonds d’épargne-retraite pour l’acquisition ou le lancement d’une première entreprise.
De plus, afin d’alléger le coût de la vie, certains ménages pourraient bénéficier de coupons nourriciers pour les aider à payer leur épicerie.
Soulignant que la culture fait partie des «quatre priorités» de son chef, Jennifer Maccarone se dit être «très fière».
Elle note entre autres que son parti souhaite offrir un livre jeunesse québécois par année aux élèves du primaire. Cette mesure fait partie du plan libéral pour renforcer la vitalité du français, qui ajouterait 380 millions $ aux budgets déjà en place, sur quatre ans.
Pour ce qui est de l’éducation, la candidate indique que des états généraux seront nécessaires. D’autre part, un gouvernement libéral ajouterait 1000 employés de soutien, comme des psychologues et des orthophonistes, au réseau d’éducation public. Le PLQ s’engage également à rémunérer les stages des étudiants dans le secteur public.
Pour conclure, disant ne rien tenir pour acquis, Mme Maccarone souligne que ses deux derniers mandats n’auront pas eu raison de sa sensibilité face aux problèmes et aux témoignages que la population qu’elle représente lui confie.
Elle dit vouloir continuer d’«être à l’écoute du terrain», de porter la voix des citoyens de Westmount–Saint-Louis et de les inclure dans la recherche collaborative de solutions.
«Je vais militer et me battre pour un autre quatre ans.»
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