La circulation sera inversée sur cinq tronçons de l’est du Plateau
L’arrondissement vise une réduction de la circulation de transit dans le secteur. Alors que plusieurs se réjouissent, d’autres craignent une multiplication des détours.
L’arrondissement vise une réduction de la circulation de transit dans le secteur. Alors que plusieurs se réjouissent, d’autres craignent une multiplication des détours.
Dès le mois de juillet, afin d’apaiser les environs du Petit Laurier, Le Plateau-Mont-Royal inversera le sens de la circulation sur cinq tronçons de rue.
Ces changements affecteront les rues De Brébeuf, Chambord, Garnier, Fabre et Chabot, entre le boulevard Saint-Joseph et l’avenue Laurier.
Des panneaux annonçant les changements de direction ont déjà commencé à être installés et des avis seront distribués à la population.
«Nous, les élus, on est convaincus qu’il est important d’agir en ce moment», a déclaré Maeva Vilain lors d’une séance d’information virtuelle, lundi soir.
La conseillère de la Ville du district De Lorimier a soutenu ses propos en notant des plaintes reçues par l’arrondissement «depuis plusieurs années» au sujet de présence véhiculaire trop lourde. Elle a aussi dit s’être rendue sur les rues Chambord et Chabot, le 2 juin, vers 17h, et avoir observé une densité automobile «parechoc à parechoc».
«Les mesures sont prises pour apaiser le secteur dans son entièreté», a souligné de son côté Gabriel Fortin, conseiller d’arrondissement du district Jeanne-Mance. Lui et Mme Vilain sont responsables du dossier de la mobilité durable au conseil d’arrondissement du Plateau-Mont-Royal.

«L’objectif de ces changements de sens de rue là, c’est de rendre les itinéraires qui passent par les rues locales moins attrayants», a résumé Gabriel Cadieux, ingénieur en mobilité au Plateau-Mont-Royal.
«On souhaite que les rues dans le Petit Laurier soient utilisées par les résidents et non pas par des gens qui cherchent à se diriger plus vers le sud.»
Les changements se basent sur une évaluation réalisée par une firme de génie-conseil qui s’est penchée sur la circulation véhiculaire dans le quadrilatère situé entre les rues Mentana, Saint-Grégoire/Masson, Chabot et le boulevard Saint-Joseph.
Des analyses de plaques d’immatriculation ont révélé que 35% à 50% des véhicules qui passaient par la rue Chambord ne faisaient que traverser l’arrondissement.
Sur la rue Fabre, cette proportion se situait plutôt entre 20% et 35%.
Les conclusions de la firme indiquent aussi que des véhicules tentent de s’échapper de la congestion artérielle sur les avenues Papineau et De Lorimier, en passant par les plus petites rues.

«Ce sont des trajets que les applications Google Maps ou Waze proposent et qui permettent de sauver quelques minutes», a noté M. Cadieux.
«Les comptages qui ont été réalisés ont montré des débits journaliers sur la rue Chambord de plus de 2000 véhicules. Même chose sur la rue Chabot [...] On souhaiterait avoir des rues où on a au maximum 1000 véhicules par jour.»
La rue Fabre dépassait également ce seuil, avec près de 1200 véhicules par jour.
M. Cadieux a laissé entendre que les changements viendraient tout de même compliquer la vie des automobilistes résidant dans le secteur.
«Malheureusement, on ne peut pas mettre en place des mesures pour apaiser la circulation et maintenir la même accessibilité qu'on a présentement», a-t-il concédé.
L’ajout d’interdictions matinales de tourner sur les rues Fabre, Chambord et Chabot a été cité pour expliquer la situation. La mesure, mise en place à la suite d’une réunion avec des citoyens en 2024, était peu dérangeante pour les résidents locaux, mais également inefficace, a conclu l’ingénieur.

«Je suis très inquiet pour la rue et son effervescence», a lancé le Dr Farid Habib, résident du secteur et propriétaire de l’Hôpital Vétérinaire Le Petit Laurier, en réaction à la présentation de l’arrondissement.
Il a noté que plusieurs clients et employés de commerces de l’avenue Laurier viennent de l’extérieur du Plateau. Et, dans son cas, certaines personnes n’ont d’autre choix que de transporter leur animal en voiture, peu importe leur provenance.
Se questionnant sur la pertinence de mettre en place de tels changements avant le lancement des travaux de réaménagement de l’avenue Laurier Est, prévus en 2029 dans son secteur, il a annoncé qu’il lancerait une pétition à remettre à l’arrondissement.
Le son de cloche était similaire du côté d’une dame s’identifiant comme Citoyenne Trudel.
Notant des détours sans «bon sens» pour se garer près de chez elle, elle a dit que plusieurs automobilistes choisissent plutôt de s’y prendre à reculons pour éviter les trop longs détours.
«C’est complètement ridicule. C’est dangereux», a-t-elle déploré. «À cause de quelques personnes qui se plaignent, j'écope encore une fois.»
Elle a annoncé son intention de joindre ses efforts de contestation à ceux du Dr Habib.
«J’ai hâte de voir ça, parce que ça va me faire du bien», a pour sa part lancé Sylvie Bérubé, de la rue Chambord. «Je n’ouvre plus mes fenêtres depuis plusieurs années.»
Elle a décrit une occupation «parechoc à parechoc» de sa rue qui l’empêchait de pouvoir sortir son propre véhicule de sa place de stationnement, tellement la circulation était dense.
«On a un réel problème avec la pollution. On a un réel problème avec le changement climatique», a renchéri Antoine Palangié, donnant son appui aux modifications. «Il faut qu’on fasse quelque chose contre l’auto.»
Les changements proposés semblent également répondre aux plaintes formulées par de nombreux résidents de la rue Chabot qui demandaient depuis quelques années une réduction de la circulation.
Une pétition intitulée «Protégeons nos enfants – Sécurisons la rue Chabot dès maintenant !» avait d’ailleurs été lancée en 2025 pour demander un changement de direction pour cette rue résidentielle.
Pour ou contre, les participants à la séance d’information avaient beaucoup à dire. La séance s’est étirée de presque une demi-heure, mais le temps a tout de même manqué pour répondre aux questions soumises par écrit.
Il a été annoncé que celles-ci allaient tout de même être traitées par l’arrondissement et que les réponses seraient rendues accessibles en ligne.
Dans tous les cas, l’arrondissement a bien l’intention d’aller de l’avant avec les changements dès juillet.
Mme Vilain a d’ailleurs souligné que le choix de la période estivale, habituellement «plus calme», était intentionnel et permettrait d’atténuer «les impacts de la période d’adaptation.»
M. Cadieux a également noté que des comptages seraient effectués à l’automne pour évaluer les impacts des changements.
«Si jamais il y avait des modifications à faire, ces comptages et nos analyses vont permettre de les identifier. On va agir rapidement pour s'assurer que le projet répond aux objectifs fixés», a-t-il affirmé.
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