La friperie du Plateau qui vient en aide aux réfugiés

La Friperie Fullum soutient l’intégration de nouveaux arrivants à statut précaire en leur offrant une carte OPUS, un camp pour les enfants ou une sortie culturelle.

Les trois femmes posent parmi les étalages de la Friperie Fullum.
Cassandra Raymond et Nina Djavanmard-Haghi entourent Sabine, qui donne bénévolement de son temps à la Friperie Fullum. Cette dernière estime que les histoires, qu'elle a découvertes en fréquentant le petite commerce, méritent d'être adaptées pour la télévision. – photo: Devin Ashton-Beaucage
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Depuis 2017, la maison d’hébergement temporaire Foyer du monde accueille des familles migrantes au statut précaire dans le presbytère de l’église Sarang, en plein cœur du parc Baldwin.

«C’est une maison de sœurs qui a été cédée pour un dollar symbolique afin d’accueillir des réfugiés», précise Nina Djavanmard-Haghi, intervenante à l’accueil. 

L’organisme a ensuite officiellement lancé sa Friperie Fullum, située dans le sous-sol de l’édifice en 2023. Cette dernière permet, entre autres, à certains membres des familles hébergées d’avoir une première expérience de bénévolat en sol canadien, avant l’obtention de leur permis de travail.

L’année dernière, la friperie avait amassé un peu plus de 50 000$. Ses revenus sont utilisés pour payer des activités, comme les inscriptions dans des camps pour occuper les enfants pendant les périodes de congé, ou encore des activités socioculturelles, qui permettent aux adultes de découvrir Montréal et les environs. Il peut s’agir de cueillettes de pommes ou encore de sorties au musée, à la cabane à sucre ou au Festival international de jazz de Montréal. 

«On achète aussi des cartes OPUS», souligne Cassandra Raymond, responsable de la friperie. Sans emploi, il devient difficile pour les adultes hébergés de trouver les moyens de se déplacer à travers la ville avec aisance, précise-t-elle.

Soutenir les familles jusqu’à leur propre logis

«On a des familles qui vivent ici à l’année longue, jusqu’à ce qu’elles soient capables d’aller en appartement», explique Nina Djavanmard-Haghi.

Il y en a actuellement treize, qui comprennent toutes des enfants à charge. Il s’agit d’une condition pour être hébergé par Foyer du monde.

«Si elles partent d’ici, en général, c’est qu'elles sont capables de se payer un appartement», ajoute l’intervenante, «mais notre porte n’est jamais fermée».

Vue du presbytère à quelques mètres de lui, de l'autre côté de la Terrasse Mercure.
Le Foyer du monde est en processus d'agrandissement. En plus du presbytère du parc Baldwin (photo), l'organisme a acquis un autre immeuble dans l'arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie. – photo: Devin Ashton-Beauacge

Le Foyer du monde est donc prêt à offrir du soutien, y compris à l’extérieur de ses murs. Avant de les voir partir, l’organisme s’assure que les familles qui quittent son nid ont accès à un logement meublé, du travail et un endroit où envoyer leurs enfants pendant la journée. 

«On a même une travailleuse sociale qui s’occupe spécifiquement des anciens résidents», souligne Mme Djavanmard-Haghi.

Elle note toutefois que les départs sont freinés par la crise de l’habitation. Le séjour moyen au Foyer du monde est passé de douze à seize mois.

Dépannage vestimentaire et plus encore

Tout comme c’est le cas pour les familles qu’il héberge, le Foyer du monde offre aussi des expériences de travail aux personnes sans permis qui ne résident pas au sein de son bâtiment. C’était d’ailleurs le cas de Cassandra Raymond. Originaire d’Haïti, elle était devenue stagiaire avant d’accéder à ses fonctions actuelles, en février 2026.

«J’ai eu mon permis. Après, le poste était à combler. J’ai postulé, j’ai passé l’entretien et on m’a embauchée», résume-t-elle. 

«Depuis qu’elle travaille avec nous, on est très contents!», lance Nina Djavanmard-Haghi.

La salle est remplie de portemanteaux bien remplis.
Alors que cette salle de stockage est presqu'exclusivement dédiée à la réserve de vêtements d'hiver pour le dépannage vestimentaire, un local encore plus grand et muni d'étagères contient de nombreux articles de cuisine, des jouets et des bancs de bébé. – photo: Devin Ashton-Beaucage

En plus de la Friperie Fullum, Mme Raymond est aussi devenue responsable du comptoir de dépannage vestimentaire de Foyer du monde. On prend notamment soin de conserver des vêtements d’hiver afin que les demandeurs d’asile et personnes sans statut puissent affronter la saison froide adéquatement. 

«Les personnes qui viennent d’arriver n’ont pas grand-chose», souligne Mme Raymond.

De nombreux objets utilitaires, comme de la vaisselle et des cafetières, ainsi que des produits destinés à l’usage des enfants sont aussi stockés dans l’édifice et prêts à être distribués.

Un total de 212 familles avaient bénéficié de ce service, en 2025.

De son côté, Mme Djavanmard-Haghi laisse savoir à qui veut l’entendre que les dons de manteaux et de bottes ne sont jamais de trop.

L’organisme est maintenant en processus d’agrandir son offre de services grâce à l’acquisition d’un nouveau bâtiment dans Rosemont–La Petite-Patrie.

Du côté du parc Baldwin, au mois d’août, on sortira les articles de la Friperie Fullum de ses locaux souterrains jusqu’à la Terrasse Mercure, à l’occasion de son bazar annuel.

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