Le centre de jour de Dîners St-Louis demeure fermé après plus de huit mois
Le centre de jour de Dîners St-Louis est toujours en attente de travaux de réparation, une situation attribuée à de nombreux allers-retours liés aux assurances.
Le centre de jour de Dîners St-Louis est toujours en attente de travaux de réparation, une situation attribuée à de nombreux allers-retours liés aux assurances.
Dîners St-Louis, qui offre du soutien à des jeunes en situation d'itinérance, ne s’est pas encore remis du dégât d’eau qui avait forcé la fermeture de son centre de jour, en décembre.
L’organisme communautaire du Plateau espérait pourtant retrouver son immeuble de la rue Gilford dès janvier. Huit mois plus tard, seuls quelques travaux d’urgence ont été réalisés.
Le directeur général de l’organisme, Maxime Deniger-Lavallée, explique la situation par un va-et-vient lié aux assurances depuis des mois.
«C’est ça, ma job, presque à temps plein. C’est l’horreur!», laisse-t-il tomber.

Si tout rentre dans l’ordre et que les travaux sont lancés prochainement et s’effectuent sans problèmes, le directeur général estime qu’une réouverture du centre de jour pourrait se faire, au plus tôt, vers la fin novembre.
«Dix mois de fermeture, c’est incroyable!», lance M. Deniger-Lavallée, s’inquiétant de l’effet dissuasif que pourrait avoir le rapport d’activité annuel de Dîners St-Louis sur de potentiels nouveaux bailleurs de fonds.
Depuis décembre, les repas et les activités qui se déroulaient au centre de jour ont été mis sur la glace. «Toute notre équipe de cuisine est au chômage en ce moment», précise-t-il.

Cependant, plusieurs services sont encore offerts.
Le service de dépannage alimentaire a augmenté en fréquence. Il est possible de se rendre à un autre immeuble appartenant à Dîners St-Louis, où se trouvait anciennement le Ketch Café, sur la rue Saint-Denis, et d’en ressortir avec un panier rempli de denrées quatre fois par mois.
L’équipe de l’organisme communautaire s’arrange aussi pour maintenir ses rencontres individuelles de suivi avec les jeunes de 18 à 30 ans, que ce soit dans des lieux publics, ou dans des locaux prêtés par d’autres organismes. Certains services sont aussi offerts en ligne.
Et, à l’inverse de la situation sur la rue Gilford, le projet de transformation de l’immeuble de l’ancien Ketch Café en hébergement pour des jeunes de la diversité de genre, qui sera géré par Dîners St-Louis, semble avancer sans embûches.

L’ensemble de l’immeuble de 930m2 (environ 10 000pi2) de la rue Gilford, qui comprend notamment une grande salle à l’entrée, une cuisine commerciale, un studio d’enregistrement de musique, des espaces de bureaux ainsi que sept logements, est à rénover.
Il y a toutefois une disparité importante entre les estimations des coûts fournies par l’assureur et celle du premier entrepreneur sollicité.
Ce dernier avait fourni une soumission (860 000$) équivalente à plus du double du montant considéré nécessaire selon l'évaluation de l'assureur (420 000$). Des travaux avaient tout de même été lancés, mais rapidement suspendus par crainte de dépasser le budget alloué à l’organisation.
Avec près de 20% dépensés en moins d'un mois, la reconstruction totale semblait encore loin d'être atteinte lors du passage de Mon Plateau. Plusieurs murs étaient encore recouverts de plastiques blancs. Cela dit, des panneaux de gypse ont été installés un peu partout, confirme M. Deniger-Lavallée.
Il dit toujours être en attente d’éclaircissements du côté des assurances.


L'étage des logements transitoires de Dîners St-Louis. L'image de gauche a été captée après le sinistre, en décembre 2025, celle de droite, en juin 2026. – photos: Devin Ashton-Beaucage
«On n’a même pas commencé la démolition en haut», note Maxime Deniger-Lavallée au sujet de l’étage où se trouvent les sept logements de transition gérés par Dîners St-Louis.
Les occupants, de jeunes adultes en situation précaire et en processus de réinsertion sociale, paient une fraction du loyer normalement exigé ailleurs et bénéficient d'un soutien psychosocial.
Afin d’éviter d’empirer leur situation, l’organisme leur a permis de demeurer en place, malgré les impacts du sinistre de décembre, et ne perçoit plus de loyers compte tenu de l’état des lieux.
Cette situation a créé «une zone de mésentente avec l’assureur».
«Si on prend la décision de laisser les locataires là, c’est qu’on juge que les logements sont viables. Donc, on ne peut pas avoir accès à une forme d’aide pour les relocaliser ou à une forme de compensation pour la perte de revenus locatifs», explique M. Deniger-Lavallée au sujet de la perspective de l’assureur.
Un terrain d’entente a toutefois fini par être trouvé et les résidents devront être logés autre part pendant les travaux. En puisant dans son réseau, l’équipe de Dîners St-Louis a été en mesure de leur trouver des options d’hébergement alternatives.
Maxime Deniger-Lavallée dit avoir appris que ce «même genre d’enfer» lié aux assurances a été vécu par d’autres organismes semblables à Dîners St-Louis.
«Il n’y a rien de spécifique pour le communautaire ou pour des entreprises à but non lucratif», déplore-t-il au sujet de l'absence d'offres adaptées.
Il donne en exemple le fait que la particularité des locataires de logements transitoires de Dîners St-Louis, soit des personnes en situation précaire, ne soit pas prise en compte. Ceux-ci devraient faire des demandes auprès de leurs propres assurances pour ce qui est de leurs besoins de relocalisation, se serait-il fait dire.
«Il y a des gens, là, qui sortent de la rue! Ils n’ont pas d’assurances», s'exclame le directeur général, abasourdi.
«On est sur deux mondes complètement différents. Ça rend les conversations difficiles [...] Ça rallonge les délais inutilement.»
Chaque jeudi, plus de 5300 voisin·es lisent notre infolettre gratuite.