Les Amis du Champ des Possibles déplorent un financement tardif

Les Amis du Champ des Possibles attendent depuis près d’un an et demi le renouvellement d’une entente de financement avec l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal. Entre-temps, une campagne de financement participatif a été lancée.

Mme Tremblay pose sur un sentier du Champ des Possibles, à proximité d'un immeuble du Mile End.
«On n’a plus d’argent», avise Valérie Tremblay. Son organisme attend un renouvellement de financement de la part de l'arrondissement depuis 2025. – photo: Devin Ashton-Beaucage
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Les réserves financières des Amis du Champ des Possibles sont à sec. L’organisme, qui cogère avec Le Plateau un espace vert dans le nord du Mile End, attend depuis près d’un an et demi le retour d’une contribution financière de l’arrondissement. 

Entre 2022 et 2024, l’arrondissement offrait une contribution annuelle de 33 313$ dans le contexte d’une entente de cogestion. Le financement permettait aux Amis du Champ des Possibles de poursuivre leur mission, d’entretenir l’espace naturel et d’organiser des activités. Or, la suite se fait toujours attendre.

«Les discussions entourant le renouvellement de l’entente de cogestion ont commencé au début de 2025, peut-être même à la fin de 2024. Ça traîne encore aujourd’hui et on n’a donc toujours pas eu de financement depuis», explique Valérie Tremblay, présidente du conseil d’administration des Amis du Champ des Possibles et responsable de la recherche de financement.

«On a un fonds d’économie dans lequel on a pigé pour payer nos coordonnatrices et nos activités. Mais, là, on n’a plus d’argent. On a même des dettes», poursuit-elle. 

Depuis quelques mois, l’organisme n’est plus en mesure de payer son loyer. Il en va de même pour son équipe de deux employées qui travaille un total de dix heures par semaine.

D’autre part, Les Amis du Champ des Possibles ne peuvent plus offrir de cachet aux organismes et autres partenaires qui assuraient l’animation de leur programmation artistique et éducative.

«S’il y a des artistes qui nous disent qu’ils veulent faire de quoi gratuitement, on accepte. Mais on n’a plus l’argent pour financer», signale Mme Tremblay.

Le Frais-tival, qui a connu sa première édition l’année dernière et qui cherchait à sensibiliser la population sur les bénéfices des espaces verts à travers différentes activités, ne sera pas de retour cet été non plus. Le Programme de contributions financières pour la transition écologique, d’où il tirait son financement, n’a pas été renouvelé par la Ville de Montréal.

L'œuvre en matériaux recyclés est suspendue à un poteau à proximité de la voie ferrée. Une aile frôle la végétation à sa gauche.
Lunar Bat Moths, une œuvre sculpturale de l'artiste Junko, trône à l'extrémité nord du Champ des Possibles. – photo: Devin Ashton-Beaucage

Qu’est-ce qui freine le renouvellement d’une entente?

Des enjeux bureaucratiques seraient à l’origine des négociations qui s’étirent depuis un an et demi.

Selon Valérie Tremblay, l’entente de cogestion aurait été invalidée. Les Amis du Champ des Possibles devraient plutôt être considérés, dorénavant, comme un fournisseur de services.

Cette formalité ne ferait pas que changer les mots qui décrivent la relation entre l’arrondissement et l’organisme à but non lucratif, elle modifierait aussi les dépenses admissibles.

Mme Tremblay craint que le montant du soutien qui sera éventuellement accordé soit moindre, puisque les fonds obtenus par le contrat de service ne pourraient être utilisés que pour financer l’entretien du Champ des Possibles. 

«Ça laisse un peu moins de marge de manœuvre», note-t-elle, en indiquant que les activités artistiques et les activités de communication avec les citoyens ne seraient pas financées comme auparavant.

Une portion fleurie du champ. On voit les hauts de bâtiments du Mile End, qui se révèlent au-delà des arbres.
Valérie Tremblay craint que la prochaine entente de financement avec Le Plateau-Mont-Royal ne soit rattachée qu'à l'entretien et la préservation du Champ des Possibles. Le son de cloche est toutefois moins catégorique du côté de l'arrondissement. – photo: Devin Ashton-Beaucage

Toutefois, du côté de l’arrondissement, on indique vouloir approuver «prochainement» un soutien financier composé de deux éléments distincts: un contrat de service et une contribution financière de l’arrondissement.

«Le montant du contrat de service dépendra de l’offre de services soumise par l’organisme. Celui de la contribution financière sera, pour sa part, établi par le conseil d’arrondissement», précise Francis Huot, chargé de communication au Plateau-Mont-Royal.

Les modalités n’ont pas encore été déterminées. L’arrondissement ne confirme donc pas les restrictions évoquées par Mme Tremblay.

«Le principe de cogestion avec la Ville de Montréal demeure possible, poursuit M. Huot. Toutefois, il n’existe pas de contrat préapprouvé par le Service des affaires juridiques à cette fin.»

Une rencontre est prévue dans les jours à venir.

Une campagne de financement participatif est en cours

Compte tenu de la situation, une campagne de sociofinancement a été lancée le 19 mai pour donner un peu de marge de manœuvre aux Amis du Champ des Possibles. L’organisme cherche à récolter 5000$. 

Les fonds amassés seront notamment utilisés pour installer des panneaux d’information dans le Champ des Possibles. 

«Mine de rien, on dirait qu’il n’y a aucune espèce, mais il y a tellement d’oiseaux différents ici, des renards et des lapins, mais les gens pensent que c’est un espace abandonné», indique Valérie Tremblay.

«Peut-être que s’ils savaient que [l’espace] est géré par un organisme, qu’il y a plein de biodiversité, ils en prendraient plus soin.»

La marmotte est installée dans une espèce de crevasse dans la terre. Une genre de maillage de végétation la sépare de la caméra.
Une marmotte tente de se faire discrète, au sein du Champ des Possibles. – photo: Gaëlle Engelberts

L’affichage soulignera également l’effet rafraîchissant du Champ des Possibles, qui peut notamment aider à soulager les membres les plus vulnérables de la population. 

«Quand il fait très chaud – le Mile End étant très bétonné –, il y a vraiment une différence, qui peut aller jusqu’à 2°C.»

Si la générosité des donateurs est au rendez-vous, les fonds pourront également servir à remettre sur pied une programmation culturelle et éducative ainsi qu’à produire une version à jour du guide d’identification de la faune et de la flore du Champ des Possibles. La version précédente avait été publiée en 2014.

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