Propreté sur Le Plateau: une facture grandissante pour lutter contre les déchets
L’arrondissement mise sur la prévention, les contraventions et une plus grande efficacité pour améliorer la propreté de ses espaces publics.
Souvent critiquée pour la gestion des rebuts qui traînent sur son territoire, l’administration du Plateau-Mont-Royal dit avoir augmenté son budget pour la propreté de 545 000$ en 2026.
«La nouveauté de cette année, c’est qu’on veut vraiment être plus proactifs. On veut prévenir les déchets, avoir une meilleure efficacité, puis une meilleure coordination entre nos équipes», précise le conseiller d’arrondissement du district Jeanne-Mance, Gabriel Fortin.
L’élu souligne que la propreté est un enjeu prioritaire du Plateau. Le sujet représentait d’ailleurs 40% des requêtes citoyennes reçues par l’arrondissement en 2025.
Le Plan d’action propreté 2026 évoque 38 initiatives à mettre de l’avant. Mon Plateau n’a pas eu accès à la liste exhaustive. Cela dit, parmi celles offertes en exemple se trouvent des blitz de nettoyage de têtes de ruelle et l’embauche d’une firme, qui proposera des mesures pour lutter contre les dépôts sauvages.

Agir en amont auprès des résidents, commerçants et étudiants
Pour ce qui est de la prévention, Le Plateau-Mont-Royal met sur pied une campagne de sensibilisation. Elle servira notamment à encourager les résidents et commerçants à respecter les jours de collecte et à sortir leurs matières résiduelles aux bons endroits, à ne pas utiliser les paniers de rue pour disposer de leurs déchets domestiques et à déplacer leurs véhicules lors des périodes de nettoyage de rue.
M. Fortin a aussi mentionné que des efforts de sensibilisation ont été déployés auprès des étudiants de l’université McGill. Leur gestion des déchets a été pointée du doigt comme étant l’une des causes de l’insalubrité marquée dans Milton-Parc et, conséquemment, du problème de rongeurs que connaît le quartier.

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L’arrondissement serre la vis et distribue des contraventions
«Il y a beaucoup de dépôts sauvages illégaux, aux mêmes endroits», souligne le conseiller de Jeanne-Mance. Il annonce que l’arrondissement cherchera à modifier sa réglementation de manière à lutter plus efficacement contre cet enjeu, qui affecte particulièrement son district.
L’année dernière, l’ancien maire du Plateau, Luc Rabouin, avait avisé que l’arrondissement sévirait face aux comportements malpropres. Alors que 351 constats d’infraction avaient été distribués en 2024, ce sont 565 constats qui ont été distribués en 2025.
Pour ce qui est de 2026, 175 constats d’infraction ont été donnés entre janvier et avril.
«C’est sûr qu’on se demande combien d’argent on devrait mettre dans les inspecteurs», note toutefois Gabriel Fortin, disant vouloir «trouver l’équilibre entre augmenter les services, prévenir et sévir».
Une meilleure coordination et moins de temps perdu
Le Plateau cherchera également à mieux coordonner les efforts des différentes équipes et initiatives de nettoyage, soit celles de l’arrondissement, celles de sociétés de développement commercial (SDC) et les corvées citoyennes.
Pour ce qui est de l’amélioration de l’efficacité, M. Fortin souligne la création de points de dépôt dispersés. Ceux-ci permettront aux équipes qui nettoient les rebuts délaissés sur l’espace public d’éviter de faire des voyages jusqu’à la voirie chaque fois que leur camion est rempli de sacs.
«Le but, c’est d’optimiser les parcours», résume-t-il.
Depuis l’année dernière, l’arrondissement loue un balai-aspirateur de rue qui fonctionne sans eau afin de pouvoir ramasser les débris en bord de rue pendant les premières semaines de printemps, où les risques de gel sont encore présents.
Cette initiative permet de compenser l'indisponibilité des véhicules du Plateau en mode «hiver» qui n'auront pas encore été adaptés pour s’attaquer aux tâches de nettoyage.

Une facture de plus en plus imposante pour améliorer la propreté
L’une des mesures mises de l’avant pour éliminer la présence de déchets sur l’espace public est l’embauche de personnel pour les brigades de propreté. Ces dernières ont pris de l’ampleur dans l’arrondissement, au fil des dernières années.
Alors que la Ville de Montréal leur avait alloué 1,3 million $ pour les années 2023 et 2024 combinées, le montant accordé uniquement pour 2026 dépassait les 950 000$. Il s’agit d’une augmentation d’environ 300 000$.
Du côté de l’arrondissement, les budgets prévus pour la propreté en général étaient d’environ 4,6 millions $ en 2023 ainsi qu’en 2024. Ce montant a bondi à 5,2 millions $ l’année dernière.
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Pour ce qui est de 2026, le budget total en provenance du Plateau n’a pas été dévoilé. Cela dit, la bonification annoncée de 545 000$ laisse croire qu’il se rapprochera davantage du cap des 5,3 millions $.
«Il y a quand même des limites à l’augmentation de services», avise toutefois Gabriel Fortin face aux dépenses croissantes.
Selon nos calculs, en incluant les montants distribués par la ville-centre, les sommes totales investies pour la propreté et les collectes dans Le Plateau-Mont-Royal sont passées de 13,5 millions $, en 2023, à 14,3 millions $, en 2025.

La collecte ne répond pas aux attentes des résidents
La réforme de la collecte des matières résiduelles, entamée l’automne dernier, ne se déroule pas sans problème. Alors que les lieux de dépôts ont pu créer une certaine confusion, au cours des derniers mois, plusieurs résidents ont noté que le calendrier de collecte n’était pas toujours respecté et que ce qu’ils avaient laissé sur le trottoir pouvait demeurer en place pendant plusieurs jours.
«On est conscients que le service n’est pas à la hauteur», concède Gabriel Fortin. Il souligne toutefois que la nouvelle entreprise qui a pris en charge les matières résiduelles et compostables doit s’adapter et affirme que des mesures sont prises pour que le service puisse répondre aux attentes des résidents du Plateau.
Pour ce qui est du recyclage, ce sont les employés municipaux qui se chargent de le ramasser. Les véhicules utilisés sont vieillissants et ne sont plus en mesure d’accumuler autant de tonnage qu’à l’état neuf, ce qui complique la tâche et les force à quitter leur parcours plus tôt afin de faire le vide.
«On est en discussion avec la ville-centre pour voir comment on peut améliorer ça», laisse savoir le conseiller Fortin.
«On produit aussi de plus en plus de déchets», ajoute-t-il, pointant du doigt la présence grandissante de boîtes que génèrent les services de livraison.
«C’est sûr qu’il faut augmenter les services pour répondre à ça [...] Je pense que ça va être dur si nos habitudes de consommation continuent d’augmenter.»