Sollicité pour son soutien, Le Plateau appuie le secteur communautaire
Depuis quelques mois, les élus du Plateau-Mont-Royal sont sollicités par des citoyens qui leur demandent de prendre position sur différents enjeux.
Depuis quelques mois, les élus du Plateau-Mont-Royal sont sollicités par des citoyens qui leur demandent de prendre position sur différents enjeux.
Après avoir annoncé leur appui au mouvement Le Communautaire à boutte, les élus du Plateau se sont fait demander de soutenir trois autres causes: la fermeture des pipelines 5 et 9B d’Enbridge, une résolution «anti-apartheid» en lien avec le conflit israélo-palestinien et une opposition au projet de loi 20 du gouvernement du Québec.
«Ce soir, par cette motion, Le Plateau Mont-Royal souhaite reconnaître officiellement la contribution exceptionnelle de ses organismes communautaires sur son territoire et aussi l'engagement remarquable de ses travailleuses, travailleurs et de ses bénévoles», a déclaré la mairesse d’arrondissement, Cathy Wong, au début de la séance ordinaire du conseil d’arrondissement.
«Pour nous, cette motion réaffirme l'importance d'un dialogue constructif, ouvert, entre le gouvernement du Québec et le milieu communautaire et les partenaires municipaux, pour qu'on puisse identifier ensemble des solutions durables à la hauteur des besoins réels de la population.»
À lire aussi: Le Communautaire à boutte sur Le Plateau
Ayant elle-même travaillé dans le secteur communautaire, Mme Wong s’est dite «particulièrement touchée» de pouvoir poser ce geste symbolique et a souligné le rôle de soutien que jouent ces organismes auprès de personnes en situation de précarité économique, d’insécurité alimentaire, d’isolement, ou encore de détresse psychologique.
«Malgré la croissance soutenue de ces besoins, les organismes doivent composer depuis trop longtemps, avec un financement qui est insuffisant, instable et imprévisible», a-t-elle poursuivi.
Le Communautaire à boutte revendique justement une plus large part de financement à la mission pour ses organismes, afin d’assurer une plus grande stabilité et prévisibilité. Le mouvement dénonce une proportion trop importante de subventions accordées par projet.

En octobre 2025, Greg Mikkelson avait soumis une pétition au conseil d’arrondissement, dans l’espoir de voir les pipelines 5 et 9B d’Enbridge mis hors service.
La pétition associée à une campagne de l’organisme Le vivant se défend soutient que ces canalisations «vétustes» représentent «une menace grave aux bassins versants des Grands Lacs et du Saint-Laurent» et à leurs écosystèmes, alors que les habitants du Plateau peuvent se passer du pétrole qu’elles font circuler.

L’«opposition des administrations municipales a joué un rôle décisif dans le rejet du projet Energy Est», conclut l’argumentaire du texte. Il évoque ainsi la construction avortée d’un oléoduc de TransCanada, qui serait passé par Montréal pour déplacer du pétrole albertain jusqu’à la ville de Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick.
«Projet Montréal est un parti écologiste. Donc, ça va de soi qu’on n’appuie jamais des projets de pipeline et de production de pétrole», lui avait alors répondu Luc Rabouin, le maire d’arrondissement de l’époque, au sujet du parti auquel est associé l’ensemble des élus du Plateau depuis 2009. «Pour une position plus précise, il faut qu’on prenne le temps d’analyser votre documentation.»
Plusieurs interventions liées à cette campagne du Vivant se défend ont été faites lors des séances subséquentes du conseil d’arrondissement, souvent accompagnées d’informations supplémentaires réquisitionnées par les élus. Le 13 avril n’a pas fait exception, alors que cinq personnes se sont présentées au micro pour en parler.
«En tant qu’élus, même si ça ne relève pas de vos compétences, votre voix a beaucoup plus d’impact que celle d’un groupe de citoyens», a soutenu la militante écologiste et ancienne candidate de Transition Montréal, Shirley Barnea.
«Il faut arrêter d’attendre que les décisions soient prises pour nous», a imploré de son côté Nolwen Mahé, arborant son cœur vert du mouvement Mères au front.
Comme ce fut le cas au cours des mois précédents, le conseiller de la Ville du district Jeanne-Mance, Alex Norris, a affirmé que lui et ses collègues auraient besoin de plus de temps pour réfléchir à leur prise de position.
«Les réponses que vous avez fournies sont exceptionnellement bien documentées, bien référencées et bien rédigées. Merci pour tous ces efforts de mobilisation», a-t-il toutefois souligné.

Tout comme les pipelines d’Enbridge, la violence vécue dans la bande de Gaza depuis 2023 a également été soulevée à plusieurs reprises au cours des derniers mois.
Le 13 avril, rappelant que l’ensemble de ses membres avait signé le pacte MTL Anti-Apartheid en amont des élections municipales, Sarina Rahman est venue demander au conseil d’arrondissement d’adopter une résolution «anti-apartheid et anti-génocide».
Catherine Gerbelli a, de son côté, rappelé le rôle qu’avait joué Montréal pour contrer l’apartheid en Afrique du Sud, alors que Jean Doré était maire.
Elle a également souligné que le conseil d’arrondissement avait plus récemment incité le député libéral de Laurier–Saint-Marie, Steven Guilbeault, à voter en faveur du projet de loi C-233, censé limiter les exportations d’armes canadiennes vers Israël. Malgré un rejet par une majorité écrasante d’élus fédéraux, dont 140 libéraux, M. Guilbeault a été l’un de 22 élus à soutenir l’initiative néo-démocrate.
Notant les «atrocités [...] commises contre le peuple palestinien», Alex Norris a confirmé qu’une «résolution est en voie de rédaction» et qu’elle pourrait être adoptée en mai. Le conseiller de la Ville a également indiqué que des efforts étaient faits «pour faire avancer le dossier à la ville-centre».
Lundi, à l’hôtel de ville, en réponse à une question citoyenne, la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, a toutefois dit ne pas vouloir «prendre position dans le cadre de ce conflit» au nom du conseil municipal, évoquant son souci de voir les différentes communautés montréalaises «vivre dans le respect».
«Je vais m’appuyer sur la position que le gouvernement du Canada va avoir prise», a-t-elle précisé.

Le projet de loi 20 de l'Assemblée nationale suscite une levée de boucliers au sein des coopératives d’habitation du Québec. Il fait craindre une prise de contrôle du processus de sélection des membres par l’État et l’imposition d’un seuil de revenus pour accéder aux logements qui en font partie.
À lire aussi: Un projet de loi de Québec préoccupe les coopératives d’habitation du Plateau
Lors de la séance du conseil d’arrondissement du 13 avril, Dwight Smith, de la coopérative d’habitation Mile End, a pris le micro au nom de l’Inter-coop du Plateau-Mont-Royal et du syndicat de copropriété la Communauté Milton-Parc.
«Entre les deux, nous représentons à peu près 100 coops», a-t-il souligné. «Toutes les coopératives sont mises en danger par le projet de loi 20 du gouvernement du Québec.»
Affirmant qu’il s’agit de «la plus grande menace» à laquelle auront fait face les coopératives d’habitation du Québec en 50 ans, il a demandé à ce que le conseil d’arrondissement s’oppose publiquement au projet de loi et incite le conseil municipal à en faire autant.
«Il est vrai que les coops sont en danger», a acquiescé la conseillère d’arrondissement du district Mile-End, Marie Sterlin. «C’est la seule chose qui nous protège contre la crise du logement.»

«Ce n'est pas quelque chose qui a été publicisé, mais l’administration de la Ville de Montréal a pris position contre cette menace qui pèse sur les coops avec le projet de loi 20 [...] Vous pouvez être sûrs qu’on est mobilisés. Il s’agit maintenant de le structurer.»
Comme l’a indiqué Mme Rahman lors de son intervention devant les élus, les citoyens espèrent qu’une prise de position des instances locales aura un effet d'entraînement sur les autres paliers de gouvernement.
«Pour moi, une résolution au niveau d'arrondissement ne bloque pas une résolution au niveau de la Ville. Ça ne peut qu'inspirer d'autres arrondissements de faire la même chose et éventuellement pousser la Ville de Montréal à passer à une résolution plus large.»
Les subventions couvrent un salaire. La publicité couvre nos frais techniques. Vos abonnements couvrent tout le reste: la recherche, l'équipement, la production d'infolettres et l'organisation d'événements locaux.
Plus de 150 voisins soutiennent Mon Plateau. Rejoignez-les!
Devenez membrePlus de 4500 voisin·es lisent nos infolettres gratuites chaque semaine.