Sollicité pour son soutien, Le Plateau appuie le secteur communautaire
Depuis quelques mois, les élus du Plateau-Mont-Royal sont sollicités par des citoyens qui leur demandent de prendre position sur différents enjeux.
L’ajout d’un nouveau point de vente d’alcool à Milton-Parc, un secteur aux prises avec des enjeux de cohabitation, est critiqué par des résidents et le SPVM.
Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) compte s'opposer à l’obtention d’un permis d’alcool pour le Marché Shanaj, récemment emménagé au 273, rue Milton, près de l’intersection avec l’avenue du Parc.
«On croit que la vente d'alcool dans ce secteur-là contribue à des comportements qui sont susceptibles d'être préoccupants pour les citoyens», explique le commandant Sylvain Malo, chef du poste de quartier 38 du SPVM. Il fait référence à des risques accrus de comportements dangereux et de violence.

«Il faut savoir qu'actuellement, le quartier Milton-Parc vit des enjeux très importants», souligne-t-il.
Il évoque les difficultés de cohabitation vécues depuis de nombreuses années entre les membres logés et non logés de la population, qu’il attribue aux crises du logement et des opioïdes ainsi qu’aux enjeux de santé mentale.
Tel qu’affiché à l’extérieur de son établissement, le Marché Shanaj vend de la bière et du vin. Cela dit, en date du 21 avril, aucun permis de vente d’alcool n’était attribuable à sa nouvelle adresse sur le registre de la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ).
On peut toutefois y trouver un permis associé à ses anciens locaux du 1000, rue Sherbrooke O.

S’il s’agit d’une première infraction, le commerce s’expose à une amende de 1225$ à 6075$, en vertu de la Loi sur les infractions en matière de boissons alcooliques. En cas de récidive, la somme pourrait s’élever jusqu’à 24 300$.
Le propriétaire du dépanneur, Shanaj Begum, assure toutefois s’être conformé aux exigences de l’État. Sans revenus de vente d’alcool, il estime que son commerce ne pourra tenir le coup.
«J’ai investi beaucoup d’argent. Je suis sur le plancher tous les jours. C’est beaucoup de travail. J’ai une petite famille. Je dois survivre», plaide-t-il.
Si le commandant Malo prend position sur les activités du dépanneur nouvellement arrivé dans le quartier, c’est en réaction à des plaintes citoyennes, notamment lors du dernier conseil d’arrondissement du Plateau-Mont-Royal.

«Les gens ne veulent pas de vente d’alcool à cet endroit. On est d’accord avec ça», explique-t-il. Le SPVM servira donc de pont entre les résidents du secteur et la RACJ, qui pourrait demander à son tribunal de se pencher sur le dossier.
La mission de la Régie comprend notamment «la protection de l’intérêt public, de la sécurité publique et de la tranquillité publique» et la distribution de sanctions ou d’avis «aux titulaires ayant des comportements non conformes à l’égard de leurs obligations».
«La RACJ va vouloir entendre les citoyens pour savoir ce qu'ils vivent», soutient Sylvain Malo. «Je pense que c’est une opportunité de dire qu’il y a assez d’offres d’alcool dans le secteur.»

Plusieurs autres points de vente d’alcool se trouvent effectivement à quelques minutes, voire secondes à pied du Marché Shanaj. La Loi sur les infractions en matière de boissons alcooliques leur interdit toutefois de vendre des produits alcoolisés aux personnes en état d’ivresse. Il en va de même si l’achat est fait par personne interposée.
Au comptoir du dépanneur Couche-Tard, situé au coin de la rue Sherbrooke et de l’avenue du Parc, on confirme ne pas vendre d’alcool aux personnes qui semblent ivres.
Du côté de l’épicerie Metro des Galeries du Parc, le propriétaire indique que les agents de sécurité filtrent les individus qui tentent d’accéder à son commerce.
«On ne vend pas du tout aux itinérants. On ne les laisse pas entrer en magasin, parce qu'ils sont déjà pas mal avancés en état d'ébriété», affirme Johny Bélair.
Cependant, même si la loi interdit la vente d’alcool à des personnes en état d’ébriété, la Charte des droits et libertés de la personne du Québec prévoit qu’une personne ne peut se voir empêchée d’entrer dans un commerce en raison de sa condition sociale.
Pour ce qui est du Marché Shanaj, M. Begum dit aussi éviter de vendre des produits alcoolisés aux personnes en situation d’itinérance. Selon lui, les items qu’il sélectionne n’intéressent pas cette population, compte tenu de leur prix et de leur taux d’alcool.
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