Le Refuge des Jeunes de Montréal attend depuis près de deux ans le financement public qui lui permettra de transformer un immeuble de l’avenue Papineau en logements sociaux.
Trois semaines après le retour obligatoire au bureau des employés d’Ubisoft dans le Mile End, des commerçants du quartier dressent un bilan nuancé de l’achalandage.
La «bureaucratie inutilement lourde» ralentit un projet de logements sociaux
Le Refuge des Jeunes de Montréal attend depuis près de deux ans le financement public qui lui permettra de transformer un immeuble de l’avenue Papineau en logements sociaux.
France Labelle souhaitait lancer la transformation du bâtiment, qui avait autrefois abrité le Cinéma Bijou, au printemps 2026. Deux saisons plus tard, il n'est toujours pas en état d'accueillir de jeunes locataires. – photo: Devin Ashton-Beaucage
Alors que le chantier devait être lancé au printemps 2026, le Refuge des jeunes de Montréal doit encore attendre avant de transformer le 5030, avenue Papineau en logements pour jeunes hommes en situation précaire.
«On vient d’apprendre, il y a quelques semaines, qu’on recevrait un financement, mais on ne sait pas à quelle hauteur», explique la directrice générale et cofondatrice du Refuge des jeunes, France Labelle.
L’organisme de lutte contre l’itinérance avait acquis l’immeuble en 2024 et envoyé une première demande de soutien au mois de décembre de la même année.
«N’eût été les délais, pour ne pas dire les incuries bureaucratiques à certains niveaux, il y aurait une belle façade en briques. Il y aurait 20 belles unités de logement et des jeunes dans leur logement», réagit Mme Labelle en apprenant que l’édifice en question avait été identifié comme «immeuble abandonné» par La Presse cet été, dans un dossier sur les locaux vacants.
Même si le bâtiment est toujours inoccupé, le Refuge des jeunes compte bien s’en servir afin d’offrir une «stabilité résidentielle» à 20 locataires dont les loyers seront subventionnés. Ils n’auront qu’à payer 30% de leur revenu.
«C’est une pitié de devoir maintenir un tel immeuble comme ça», lance Mme Labelle, soulignant que les frais d’assurance et de chauffage doivent être payés dans l’attente. L’édifice sous-utilisé a aussi été la cible de vandalisme et d’une entrée par effraction, ajoute-t-elle.
Décomplexifier et harmoniser le soutien
«Ce sont des projets très complexes», soutient Mme Labelle au sujet de la création de logements sociaux et des délais d'attente pour recevoir du soutien des différents ordres de gouvernement.
Elle affirme avoir reçu un retour du Programme d’habitation abordable Québec (PHAQ) et de la Ville de Montréal, près de deux ans après avoir soumis sa première demande. Quant à l’organisme fédéral Maisons Canada, lancé en septembre 2025, celui-ci n’a donné aucun signe de vie.
«Tu n’as pas d’interlocuteur. Tu fais face à une bureaucratie; c’est personne!», illustre France Labelle.
«Chemin faisant, tu restes dans l’ombre pendant des mois et des mois.»
Sans la lourdeur bureaucratique et les attentes, «j'aurais eu 20 jeunes en logement au moment où on se parle», affirme la directrice générale du Refuge des jeunes de Montréal, France Labelle. – photo: Louis-Charles Dumais
«Après ça, il y a les délais d’analyse, qui sont extrêmement longs.»
En plus de l’attente, Mme Labelle dit faire face à des exigences qui varient d’un bailleur de fonds à l’autre. «Il faut produire plusieurs études», qu’elles soient liées à l’environnement, à l’insonorisation ou encore à la géologie, ce qui demande encore des ressources en temps et en argent, indique-t-elle.
«Ça prendrait une harmonisation», affirme la directrice générale du Refuge des jeunes de Montréal, parlant aussi de «réduire la bureaucratie inutilement lourde».
Dans l’attente, ayant pu compter sur 3,4 millions $, qui avaient été amassés à travers des fondations et des dons privés et qui avaient aussi servi à acquérir l’immeuble en 2024, le Refuge des jeunes a décidé de lancer certains travaux. Il y a donc tout de même eu de l’action dissimulée derrière les airs d’«immeuble abandonné» du 5030, avenue Papineau.
«On a procédé au désamiantage. On a procédé à la déconstruction à l’intérieur», précise la directrice générale. Les plus fins observateurs auront aussi remarqué que la façade du bâtiment a changé.
La façade du 5030, avenue Papineau en décembre 2025 (à gauche) et en octobre 2026 (à droite). – photos: Devin Ashton-Beaucage
«Si on avait attendu une autorisation de financement, il n’y aurait rien de fait.»
Mme Labelle note d’ailleurs que d’autres organismes n’auraient simplement pas eu les moyens de prendre les devants d’une telle manière. «Ça nuit, alors qu’on dit qu’il faut absolument construire du logement.»
Un appel d’offres a été lancé pour la suite des travaux, malgré l’absence de détails sur le financement qui sera attribué au projet de l’avenue Papineau.
«Nous avons choisi nos entrepreneurs», confirme France Labelle.
Trois semaines après le retour obligatoire au bureau des employés d’Ubisoft dans le Mile End, des commerçants du quartier dressent un bilan nuancé de l’achalandage.
La mise aux normes est terminée. L’aréna Saint-Louis est officiellement sorti de sa période de travaux majeurs avec un nouveau nom : l’aréna des Patineuses.