Itinérance: Plein Milieu sera présent partout dans Le Plateau-Mont-Royal
L’organisme communautaire recevra 650 000$ de la Ville de Montréal pour poursuivre son travail auprès des personnes en situation d’itinérance de l’arrondissement.
Plein Milieu s’apprête à bonifier sa présence à travers Le Plateau-Mont-Royal, incluant dans le quartier Milton-Parc.
«J’ai des travailleurs de rue partout sur Le Plateau, qui connaissent déjà les personnes [non logées]», note le directeur général, Nicolas Quirion.
«Avec l’équipe de Plein Milieu, on va être là tout le temps, puis on va vraiment créer des liens.»
Son organisme, qui offre diverses formes de soutien aux personnes en situation d’itinérance du Plateau-Mont-Royal, est appelé à signer un contrat de 650 000$ pour «la réalisation d’activités de vigie, de soutien et d’accompagnement auprès des personnes vivant en campement», selon ce qui est indiqué dans l’ordre du jour du conseil municipal du 19 octobre. Le contrat arrivera à échéance le 31 décembre 2029.
«Nos organismes sont sollicités souvent bien au-delà des ressources dont ils disposent», a justifié la mairesse d’arrondissement du Plateau-Mont-Royal, Cathy Wong, en abordant le sujet lors du conseil municipal.
«Nous traversons une crise humanitaire sans précédent en matière d’itinérance et cette crise, nous la vivons tous les jours dans les rues, dans les ruelles et les parcs du Plateau-Mont-Royal.»
Cette somme provenant de la Ville de Montréal permettra à Plein Milieu de faire passer son nombre de travailleurs de rue en itinérance de quatre à sept. Ainsi, l’organisme pourra être présent plus souvent dans les campements de l’arrondissement et bonifier ses services d’accompagnement en général.
Une présence régulière de Plein Milieu dans Milton-Parc
M. Quirion annonce qu’un travailleur de rue sera formé puis affecté au quartier Milton-Parc.
«Là, je veux vraiment avoir une présence plus régulière», souligne le directeur général.
Auparavant, Plein Milieu se rendait dans le secteur, «mais c’était très sporadique», précise-t-il.
L’organisme La porte ouverte Montréal est déjà dans le quartier depuis 2018. Il a une équipe de deux intervenants de milieu et de médiation, qui est active sur le terrain du lundi au vendredi, en journée.
«Notre mandat auprès des participant.es non logé.es qui fréquentent le quartier Milton-Parc comprend de l'intervention psychosociale ponctuelle, du référencement vers les services appropriés selon les besoins et la distribution de biens essentiels», explique Carol-Ann Dufour, coordonnatrice de travail de milieu de médiation à La porte ouverte, par courriel.
Elle note toutefois que son équipe dispose de moins de temps que des travailleurs de rue pour accompagner et créer des liens avec les personnes en situation d'itinérance.
«L'équipe de milieu et de médiation consacre environ 70 % de son temps à développer des outils et à tisser des liens avec les résident.es, les commerçant.es et les partenaires communautaires, dans le but d'améliorer la cohabitation sociale dans Milton-Parc», ajoute la coordonnatrice.

Milton-Parc est particulièrement touché par la crise de l’itinérance. Ses résidents interpellent régulièrement les élus d’arrondissement à ce sujet.
«Les ressources disponibles sont insuffisantes et mal adaptées pour les personnes ayant des besoins complexes de consommation ou de santé mentale», notait l’Ombudsman de Montréal dans son rapport annuel de 2025.
Plus récemment, lors du dévoilement du budget 2027 du Plateau-Mont-Royal, la mairesse d’arrondissement Cathy Wong a dit vouloir porter «une attention particulière» aux enjeux liés à l’itinérance dans Milton-Parc. Mme Wong avait d’ailleurs déjà déclaré que le quartier figurait sur sa liste de priorités, dès sa première séance au conseil d’arrondissement, en novembre 2025.
«On voit qu’il y a des personnes qui ont besoin d’accompagnement auprès d’un travailleur de rue. Ça va me faire plaisir», indique Nicolas Quirion du côté de Plein Milieu.
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La mission de Plein Milieu ne changera pas
Les 650 000$ octroyés à Plein Milieu sont issus du Programme d’interventions spécialisées en campement, qui est censé contribuer à la mise en œuvre du Protocole municipal de gestion des campements, qui avait été dévoilé en début d’année.
Cependant, le protocole des campements est en évolution, selon Nicolas Quirion. «L’arrondissement avait une façon de fonctionner», indique-t-il. «Il a fallu s’ajuster.»
Le directeur général souligne aussi que le rôle de Plein Milieu ne sera pas de gérer les campements en soi.
«Peu importe les financements que je vais avoir, la mission de Plein Milieu va rester la même. C’est d’accompagner les personnes là où elles se trouvent», souligne-t-il.
Cela dit, l’équipe de médiation de Plein Milieu assurera tout de même le maintien d’un lien de communication entre l’arrondissement et les travailleurs de rue.
Établir des liens de confiance
«L’arrondissement connaît l’impact du communautaire», affirme M. Quirion. Il perçoit d’ailleurs le financement en provenance de Montréal comme une reconnaissance du rôle «central» de ses équipes mobiles.
Il ne s'agit pas d'un rôle coercitif. Elles sont plutôt appelées à être à l’écoute des individus qu’elles rencontrent.
«Ton travailleur de rue, c’est lui qui est sur le terrain, qui développe des liens de confiance avec les personnes, et qui va les accompagner selon les besoins qu’il identifie», explique-t-il.
«Son rôle, c’est de connaître tous les services institutionnels et les programmes communautaires qui existent.»
Les besoins identifiés peuvent être liés à une variété de sphères, comme la santé, la gestion financière, la sécurité alimentaire ou encore la réintégration au logement.
Il laisse d’ailleurs entendre que le centre de jour et de soir de Plein Milieu, et son programme d’intégration au logement, Plein Logis, servent à bien peu de choses sans l’apport des travailleurs de rue, qui dirigent les clientèles pertinentes vers ces services.
Au sujet des mesures d’aide en général, Nicolas Quirion ne fait pas la fine bouche.
«Tous les programmes en urgence sont les bienvenus», martèle-t-il.
«J’entends dire que les haltes-chaleur, c’est des pansements. Mais, en ce moment, on a besoin de pansements», affirme le directeur général de Plein Milieu. «Dans la rue, il y a beaucoup de gens.»